Une incarnation de l’humilité

Je suis fat. Plus que ne le fut jamais, de façon élégante, Jacot, mais si, rappelez-vous, ce créateur de mode des années 50 qui donna aux parisiennes ce chic tant envié des plouquesses de province. Fat et vaniteux, comme me le renvoie chaque jour le miroir de ma salle de bains lorsque je me fais beau, plus encore que je ne le suis. L’orgueil est ma vaste demeure dans laquelle je me pavane, me mirant dans les glaces dorées à l’or fin ou dans les pièces d’argenterie qui jalonnent mon parcours, telle cette: vasque somptueuse en argent massif rutilant où un artiste de renom a gravé mon portrait, un chef-d’œuvre envié de tous. Fat et orgueilleux, mais c’est sans prétention que je reconnais plaire et être aimé, si ce n’est adulé, ce que, d’une certaine façon, je peux comprendre. Adulé pour ce corps et cette belle gueule jalousés, certes, mais aussi pour mes qualités d’âme, mon goût sûr, ma prestance et cette façon qui n’appartient qu’à moi de rassembler autour de ma personne les gens de qualité, comme lors de ces soirées littéraires ou musicales que j’organise d’une main de maître où mes invités me conjurent de bien vouloir leur interpréter quelque menu pièce pianistique de Franz, Sergueï ou Artur, des presque caprices auxquels je finis par me plier de bonne grâce une fois réitérées leurs suppliques. C’est alors un enchantement recueilli, le même que lorsque je leur livre généreusement les dernières lignes de l’écrit que m’a commandé cet éditeur parisien de renom. J’ai besoin de vous, m’a-t-il humblement avoué, les belles lettres ont besoin de vous, ma porte vous est grande ouverte. Aveux que je ne peux que partager lorsque je parcours la savante dentelle toute empreinte de beauté de mes écrits qui me transportent comme le souffle divin transporte l’esprit dans les hautes sphères de l’Intelligence. Pas une seule phrase qui ne me touche au plus profond de mon être, pas même un mot, fut-il accesssible à quiconque et qu’une habileté sans faille magnifie, pas une phrase, disais-je, qui ne me fasse frémir et m’emplisse d’une liesse extatique en la lisant. Pour tout dire, la simple et pure beauté qui émane de mes œuvres me ravit, c’est ainsi, je n’y peux rien. Car comme le nouveau né, pour grandir, se nourrit au sein de sa mère, je me nourris et me repais de ces écrits lumineux qui émanent de mon être, je peux le dire, bienheureux, et qu’une telle aptitude à créer du beau ne peut que porter à la même auto-satisfaction que celle que dut éprouver Dieu en créant le monde.

Vous l’aurez compris, je m’aime, et si vous étiez comme moi béni des cieux et de ceux qui les animent, vous aussi vous ne pourriez que vous aimer comme je m’aime. Tout comme je le fais avec ce sens aigu de la justesse et de l’équité qui me caractérise, vous n’auriez de cesse de vous rendre grâce, moyen bien humain pour rendre grâce de son œuvre au Créateur.

Alors que l’on ne me fasse pas chier lorsque, parcourant ces blogs que j’écris pour élever les âmes, un geste inspiré me pousse à cliquer sur ce petit bouton gris bleuté “j’aime” pour signifier que j’aime effectivement ce que j’écris de ma sublime main. Que cela vous plaise ou non.
Maintenant, si cela vous plaît, n’ayez crainte de cliquer sur cette image.

j_aime

 

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans écrits libres, grosse déconnante, humour, identité, littérature, logorrhée, projection, psy, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s