Bains de mer et burkini

C’est l’été. Avec sa pléthore de festivals pour quelques festivaliers dont pas mal de veaux qui les courent comme les touristes courent aux ouatères à cause d’une tourista, ça leur apprendra à marcher sur les plates bandes des indigènes qui échangeraient bien leurs journaux écrits dans des langues de sauvages contre du papier hygiénique. Mais bon, faut bien un peu de culture si on ne veut pas mourir idiot et le ventre vide.
Avions, bagnoles, tacots poussifs ou Tégévés imbéciles trimballent les hordes de vacanciers là où il faut être allé pour y être allé, se faire bronzer (mais pas trop, on ne sait jamais…) et s’en vanter, ça fait prendre l’air à l’égo. Ça se désertifie ici, ça déborde là, sur les plages où la mode des années 20 (1900) revient en force. Il n’est que de voir les photos de nos grands-mères aux bains de mer, du moins celles issues du haut du pavé. Passés de mode les nibards à l’air qui jouaient les flotteurs, finis les pétards sertis dans des strings infoutus de contenir les émanations gazeuses, devenues inutiles les crèmes solaires puantes, polluantes et qu’on reconnaîtra comme étant dangereuses pour la santé des bambins et des petits poissons. Le progrès est en marche, l’ordre moral aussi qui débarque de tous bords, surtout des bords de mer.

Nom d’Allah le tout puissant, me suis-je dit en arrivant à Palavas-les-Flots où mes beignets de plage préférés sont particulièrement pétogènes,  comment dois-je me vêtir pour me plonger dans l’onde, quelles parties du corps puis-je laisser nues sans que des sales gosses me lancent des cailloux ou que des furies me les lacèrent à grands coups d’ongles ou de canines. Pourrai-je me baigner à poil ou devrai-je m’épiler afin de pouvoir affirmer aux autorités civiles et religieuses que, n’étant pas à poil je ne peux être nu ?
Pris d’une inspiration quasi divine, je me suis fait dépoiler (au sens propre) dans un institut de beauté virile, je me suis fixé un  joli foulard de soie (une bouée blanche et rouge sur fond bleu avec un homard orange) en guise de voile pudique sur le mât que le créateur m’a fourni sous le nom de pénis, ait peint mes coucougnettes d’un bel orange fluo pour celle de droite et d’un vert itou pour l’autre. On est jamais assez prudent. Au feutre indélébile j’ai écrit artistiquement sur mes bras mon nom de petit voilier : Beethoven que chacun prononcera comme il l’entend. J’avais d’abord pensé à Péniche 69, mais je le réserve pour une navigation en eaux douces.

Et zou, à la baille ! En courant.
Fraîche, la baille, avec pour résultat un mât en berne, une voile trempée et des rires moqueurs alentour. Vite réchauffé par quelques brasses, je fuis les quolibets en me faisant sous-marin. Pas compliqué avec les apéros avalés en sortant du salon de beauté (virile). Direction un groupe de jolies donzelles où je devrais pouvoir recharger mes batteries.
Je dédaigne la bimbo en string quasi zéro pièce, jette mon dévolu et un œil lubrique sur une fatma dans sa tenue de bonne sœur des années 50. Mon imagination fait le reste.
Retrouvant un peu de fierté le mât se fait plus ferme puis se redresse. J’amorce un crawl dorsal. Le vent s’en mêle, gonflant la voile. À moi l’étendue aqueuse, à moi le large, à moi la liberté.
Lorsque j’entends crier «À l’abordage !».

 

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans actualités, moeurs, Uncategorized, vacances, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s