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«Ecrits pas regardants»
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00_ecrira_inactif28/11 – Parce que le jour tardait à poindre
00_pas_regardants_actif28/11 – D’avoir tant d’amis je bois du petit lait 
00_aurait_pu_inactif28/11 – Alerte !
00_retour_chariot_inactif29/11 – Si seulement j’avais perdu la mémoire
00_brulot_inactif28/11 – Avortement et peine de mort
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D’avoir tant d’amis je bois du petit lait

C’est chouette l’amitié me disait il y a peu mon chirurgien qui fait aussi dans la taxidermie. Un vieux gars affublé d’une face de hibou au regard décapant qui jauge d’un regard ce qu’il pourra tirer d’un patient mal en point. Les bonshommes naturalisés, ça se vend bien.
Un homme sans amis, c’est pire qu’une solitude sans alcool ni tabac, se plait-il à me répéter.
L’a pas tort, le bougre qui sait de quoi il parle et ne manque jamais de nous verser une gnôle de tous les diables chaque fois qu’il m’ausculte. Raison pour laquelle je le soupçonne d’avoir quelque vue sur mon anatomie.
Des amis, on en a jamais assez, sauf quand ils commencent à nous peser et qu’entre un énième coup de main pour déménager (tour de rein assuré), un outil ou un bouquin à prêter (jamais rendu), un remplacement au pied levé d’une baby-sitter, etc. on finit par en avoir assez ! Alors on en vire, on en change, on fait tourner. Jusqu’à ce que la mine s’épuise, ce qui m’est arrivé il y a peu. Comme quoi l’amitié ne dure pas.
Je me suis retrouvé avec si peu d’amis que je pouvais les compter sur les doigts de ma seule main disponible, l’autre tenant toujours un verre ou une cigarette, compensation oblige.
Me tâtant les méninges afin de trouver une solution à la solitude qui me guettait, je regardais la télé, façon de meubler mon esseulement. Quand, euréka, la lumière s’était faite. Portée par un spot publicitaire.
Aujourd’hui, mes amis se comptent par milliers. Que dis-je, par dizaines de milliers. Des amis fidèles, car amis pour la vie.

Vous en doutez ?
Allez sur Facebook. Tapez mon pseudo : lesproduitslaitiers. Vous comprendrez.

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Un robot à ma botte

 

J’ai fabriqué un robot, un vrai qui est à ma seule botte. Il m’obéit au doigt, à l’œil et aux coups de pied dans le cul. Pour ne pas le louper je lui ai fait un vaste pétard que j’ai rembourré avec de vieilles poupées de chiffons. Une entorse aux règlements, passe encore, mais au pied, non merci. Les particuliers, on a ceci de particulier qu’on n’a pas le droit d’avoir un robot, sauf un ménager officiel breveté SGDG. Pour que mon robot passe le plus facilement possible et qu’il se fonde dans la foule, je l’ai schizophréné. Ombre et Lumière c’était écrit  en code sur l’emballage. Passée la première couche j’ai pensé m’être fait enfumer par le dealer. Mon robot ressemblait à une statue, mais à part les statues représentant les représentants de l’État et du Pouvoir réunis, les autres statues sont interdites, même reproduites en 1D. M’a quand même fallu passer trois couches pour que mon robot se fasse discret comme une ombre quand il n’y a ni soleil ni lumière, une vraie ombre quoi, indécelable.

Je lui ai appris des tas de choses, en fait tout, mais pas le reste. Tout ce qu’il sait. À commencer par son nom, parce qu’il faut bien nommer les choses si on veut qu’elles existent. Dieu, par exemple, c’est aux hommes qui l’ont nommé qu’il doit d’exister. Sans les hommes qui lui ont donné un nom, non seulement il ne serait rien, mais il ne serait tout simplement pas. Comme le chien que je n’ai pas pour la bonne raison que je n’ai jamais réussi à lui trouver un nom qui lui aille et qui me convienne.

TOI il s’appelle, mon robot. Façon de parler parce que je n’ai surtout pas voulu qu’il s’appelle lui-même. Pour qu’il finisse par prendre conscience de son existence et qu’il se tripote l’égo ? Non merci. Alors je ne lui ai pas appris à s’appeler, et toc.
Pourquoi je l’ai appelé TOI ? C’est tout simple. Ça me permet tout bêtement de m’adresser à lui sans éveiller le moindre soupçon. À la solde des affairistes du gouvernement les indics traînent partout.
Je lui fais faire ce que je veux. Sinon pourquoi posséder un robot ? Comme ici, là, en ce moment. Vas-y, je lui ai dit, écris quelque chose rapport à TOI, tu as le champ libre. Les robots personnels, contrairement aux autres, faut leur faire croire qu’ils ont le champ libre si on ne veut pas qu’ils fassent grève. Encore que le mien,parce que  je ne lui ai pas appris à faire grève, il n’y a pas de risque de ce côté. C’est comme les gosses, faut pas hésiter à les bercer d’illusions, mais faut pas en rajouter.

Ça te convient, papa ? m’a demandé TOI, mon robot. Mouais, je lui ai répondu, ça fera bien pour ce que c’est censé faire. Maintenant que tu as fini d’écrire des conneries, je lui ai dit, astique mes godasses, j’ai un rencard.
Les bottes ? il m’a demandé. Devine je lui ai dit, sachant que, lui ayant appris à deviner ce genre de choses, il devinerait.

 

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Bains de mer et burkini

C’est l’été. Avec sa pléthore de festivals pour quelques festivaliers dont pas mal de veaux qui les courent comme les touristes courent aux ouatères à cause d’une tourista, ça leur apprendra à marcher sur les plates bandes des indigènes qui échangeraient bien leurs journaux écrits dans des langues de sauvages contre du papier hygiénique. Mais bon, faut bien un peu de culture si on ne veut pas mourir idiot et le ventre vide.
Avions, bagnoles, tacots poussifs ou Tégévés imbéciles trimballent les hordes de vacanciers là où il faut être allé pour y être allé, se faire bronzer (mais pas trop, on ne sait jamais…) et s’en vanter, ça fait prendre l’air à l’égo. Ça se désertifie ici, ça déborde là, sur les plages où la mode des années 20 (1900) revient en force. Il n’est que de voir les photos de nos grands-mères aux bains de mer, du moins celles issues du haut du pavé. Passés de mode les nibards à l’air qui jouaient les flotteurs, finis les pétards sertis dans des strings infoutus de contenir les émanations gazeuses, devenues inutiles les crèmes solaires puantes, polluantes et qu’on reconnaîtra comme étant dangereuses pour la santé des bambins et des petits poissons. Le progrès est en marche, l’ordre moral aussi qui débarque de tous bords, surtout des bords de mer.

Nom d’Allah le tout puissant, me suis-je dit en arrivant à Palavas-les-Flots où mes beignets de plage préférés sont particulièrement pétogènes,  comment dois-je me vêtir pour me plonger dans l’onde, quelles parties du corps puis-je laisser nues sans que des sales gosses me lancent des cailloux ou que des furies me les lacèrent à grands coups d’ongles ou de canines. Pourrai-je me baigner à poil ou devrai-je m’épiler afin de pouvoir affirmer aux autorités civiles et religieuses que, n’étant pas à poil je ne peux être nu ?
Pris d’une inspiration quasi divine, je me suis fait dépoiler (au sens propre) dans un institut de beauté virile, je me suis fixé un  joli foulard de soie (une bouée blanche et rouge sur fond bleu avec un homard orange) en guise de voile pudique sur le mât que le créateur m’a fourni sous le nom de pénis, ait peint mes coucougnettes d’un bel orange fluo pour celle de droite et d’un vert itou pour l’autre. On est jamais assez prudent. Au feutre indélébile j’ai écrit artistiquement sur mes bras mon nom de petit voilier : Beethoven que chacun prononcera comme il l’entend. J’avais d’abord pensé à Péniche 69, mais je le réserve pour une navigation en eaux douces.

Et zou, à la baille ! En courant.
Fraîche, la baille, avec pour résultat un mât en berne, une voile trempée et des rires moqueurs alentour. Vite réchauffé par quelques brasses, je fuis les quolibets en me faisant sous-marin. Pas compliqué avec les apéros avalés en sortant du salon de beauté (virile). Direction un groupe de jolies donzelles où je devrais pouvoir recharger mes batteries.
Je dédaigne la bimbo en string quasi zéro pièce, jette mon dévolu et un œil lubrique sur une fatma dans sa tenue de bonne sœur des années 50. Mon imagination fait le reste.
Retrouvant un peu de fierté le mât se fait plus ferme puis se redresse. J’amorce un crawl dorsal. Le vent s’en mêle, gonflant la voile. À moi l’étendue aqueuse, à moi le large, à moi la liberté.
Lorsque j’entends crier «À l’abordage !».

 

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Coucou, je reviens

Je retrouve lentement mes esprits après un long et périlleux voyage sur un océan de feuilles blanches que j’ai déflorées à grand coups de frappes de clavier.
Aucun vilain pâté n’est venu saloper mes scribouillages talentueux que j’ai couchés dans 6 bouquins qui ont été publiés en juillet. Je les présente ici et dans un salon local de Haut-Savoie (France), à Faverges, près d’Annecy, ce dimanche 28 août. Il s’agit de la 15e Biennale du Livre savoyard. J’y convie chacun, chacune, quiconque et les autres à venir m’y saluer, m’y féliciter, m’y offrir un verre et à applaudir mes louables efforts pour relever le niveau des productions littéraires de la rentrée.

Sinon, et c’est le vrai objet de cet article, mes blogs en sommeil vont reprendre du service. Dès le mois de septembre, si le gouvernement n’a pas la mauvaise idée de le remplacer par un autre qui ne serait même pas de saison.

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Gare à la grippe, gare à la gastro

Qu’il n’y ait pas de neige n’empêche en rien que janvier ou pas loin soit le mois du blanc, comme mai est celui de Marie, notre bonne mère à tous et à Jésus, ce malheureux abandonné par son père, Dieu ait son âme.
Draps, serviettes éponges, taies d’oreiller, housses de matelas et alèses (qu’on devrait plutôt écrire à-l’aise) négociés à bon prix auprès d’un marchand de draps, serviettes éponges, taies d’oreiller, housses de matelas et alèses, direction Cholet pour y quérir moult hectares de mouchoirs.  Car, jusqu’à présent tapie dans l’ombre de quelque officine où déjà de vils profiteurs se frottent les mains avec raison, voici que débarque la grippe. Celle, courante, qui nous cloue au lit, et dont un des effets secondaires est de maintenir l’économie de Cholet à bouts de bras ; et l’autre, intestinale, qui gonfle le chiffre d’affaire des usines de PQ (que certains nomment improprement papier hygiénique ou papier toilette, tu parles !), et l’autre, celle qui nous fait sortir du plumard en catastrophe direction les ouatères et la délivrance. Provisoire. Les deux grippes amenant les labos pharmaceutiques à investir toujours plus dans de nouveaux coffre-fort, à la satisfaction des fabricants allemands de ces derniers. Les coffres allemands, c’est du solide !

On va taveler les lunettes et nos vis à vis de projections, ça va râcler les gorges, ça va cracher les poumons, ça va enquiquiner le peuple et surtout, ça va alimenter les conversations. En ce qui concerne la grippe banale qui se fixe sur les voies respiratoires et dont on ne tire que peu de profit, mais aucune honte.
L’intestinale, c’est une toute autre histoire que seul un plâtrier peintre pourrait dépeindre avec cette joyeuseté qui honore la catégorie socio-professionnelle à laquelle il appartient. Ne le verrait-on pas chanter « Prosper Youp la boum !» ?

Alèses, draps et mouchoirs embarqués dans ma guimbarde, direction un estancot où je sais trouver le rhum idéal pour les grogs, parce que on a beau dire, s’il fallait soigner sa grippe sans vraie médecine, pas sûr que je m’en choperais une.

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L’humanité : fin d’une expérience

Au ciel la Lune fait grise mine. Le Soleil a disparu, perdu dans la nuit des antipodes. Une brume couleur de cendre masque les nuages.
La pluie est tombée quarante jours durant délitant ce que nous n’avions pas réussi à détruire. Réunis en concile les dieux et les hommes n’ont pas trouvé de terrain d’entente. Sur ordre de Poséidon la huitième armée des ondines a scellé l’ensemble des bondes. Le Grand Débordement a été décrété.
Cramponnés à la barre de leurs bateaux, les Nowhé du monde entier les ont menés au naufrage. Ils ont sous estimé les vents, ceux du nord, de l’est et de l’ouest qu’ont soufflé sans discontinuer Aquilon, Euros et Favonus.
Seul Charon, le nocher des Enfers, a pu traverser la tourmente et mener sa barque à bon port. Arrivé sur l’ “autre rive” il a débarqué ses derniers passagers. Il n’a pas eu à affronter la bousculade des âmes perdues en attente illusoire d’une affectation. Sans se retourner il s’est fondu dans le temps passé.

Réunis en assemblée extraordinaire, les dieux ont pris la décision de ne pas renouveler l’expérience de l’humanité. Qu’ils ont néanmoins jugée avoir été intéressante.

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Dernier rêve

Noël, je ne l’ai pas vu arriver, pas plus que je ne l’ai vu venir.  Je m’en suis rendu compte au matin du 25 décembre –25 décembre 2016, je précise–, en voyant les papiers cadeaux froissés chiffonnés jaunis par le temps. Sûr que tous les records d’ensoleillement et de températures ont dû été battus. Direction l’éphéméride accroché au-dessus du portrait du Maréchal, hérité de mon grand-père en même temps que sa maison inchangée depuis. L’éphéméride date de 1942, année où mes parents avaient parlé de faire un gosse (moi) une fois que l’Allemagne victorieuse aurait mis fin à la guerre. Il naîtra en 45, avaient-ils déclaré en mairie en même temps que mon prénom, mes mensurations, mon poids et mes origines ethniques. L’année d’origine –1942–, est encore lisible, mais 70 ans de biffages, ratures, corrections, corrector et gommettes ont fini de noircir le tableau. On s’y perd : s’y retrouver est impossible.
Me rendre à l’évidence : j’ai pris un an sans m’en rendre compte. Je me plante devant le miroir, bouge la tête d’un côté, de l’autre. Le gars en face n’a pas la face de son profil, pas plus le gauche que le droit, ni le profil de sa face. D’un côté il fait moins que son âge ; de l’autre il n’a pas celui , attendu, de ses artères. Je me tâte le visage, parcours les rides de mes doigts que je laisse escalader le front. Au-delà ils avancent difficilement en terrain glissant, une roche froide, luisante, dépourvue du moindre brin d’herbe susceptible de s’y accrocher. Ils dérapent, glissent, décrochent.
Le téléphone sonne. Mes doigts s’y précipitent, me tendent le combiné. L’autre dans le miroir est plus rapide que moi. Il s’en empare, affiche une grimace, gesticule. A ses lèvres grandes ouvertes je comprends qu’il me dit quelque chose. Que je ne peux entendre. Le miroir, lui aussi hérité de mon grand-père, est épais comme un silence de nuit lorsque tombe la neige. Un marteau, il me faut un marteau. Je pars démonter celui de la porte d’entrée –tant pis pour les visiteurs–, reviens au miroir, le brise.
En même temps qu’un air froid s’engouffre dans mon crâne le Maréchal vole en éclats, l’éphéméride se déchire, les papiers d’emballage s’envolent. Un court instant je crois entendre le pas cadencé d’une troupe qui avance aux accents de Heili Heilo.
Puis plus rien.

 

 

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Elections régionales

Voter, moi je veux bien, mais hein! faut encore pouvoir y faire. Et pour y faire, faut déjà pouvoir y aller, et pour y aller, faut encore avoir le temps, et c’est pas le tout quand y’a les patates et les choux à ramasser, que le temps menace et nom ti tieu, c’est où qu’elle a fouré ma ceinture de flanelle, la Germaine. Et les poireaux.
Bon, le temps c’est pas ça, sûr que ça va faire une rincée, comme ce matin après la messe. La messe, Germaine et moi, on risque pas d’y manquer. C’est que le Dédé, son estancot, il le ferme à une heure. Je laisse la Germaine à ses bondieuseries, chacun son bon dieu, hein ! Le mien, c’est un rouquin de tous les diables. Un nectar local que ceux de la ville, ça les dépasse.
Vrai de vrai, ça va flotter.

Gearmaiiiiine, que je braille, tant qu’à faire avec ce temps qu’en fait quà son aise, autant aller faire not’ devoir.
Je me fais beau, vite fait. Germaine se fait belle, moins vite fait, et c’est parti direction le bureau de vote, rue de la Brezaille.

Bureau de vote, ils ont écrit sur la façade de l’école. La fanfare et la chorale de l’école, sûr que c’est la énième fois qu’ils l’entonnent, l’hymne national. Le foie gras de canard manqera pas pour les fêtes.
On entre. Un gars verifie qu’on est bien nous et qu’on est inscrits. Y’a plus qu’à voter. C’est à gauche toute que je vote, pas que j’y croie, mais si ça peut en emmerdouiller plus d’un, c’est pas plus mal. Germaine, c’est le contraire, juste histoire de m’emmerdouiller moi et de faire la moyenne.
Je file tout à gauche, je cherche l’isoloir, y’en a point. Je demande aux gars du bureau de vote où c’est qu’on glisse le papelard que je leur brandis sous le nez. C’est au fond à droite, qu’ils me disent. Les cons ! Déjà qu’ils m’ont forcé à prendre tout un tas de papelards…
Je rameute Germaine. On se fait la malle, je lui dis. Ils sont trop cons. On sort.
Allons z’enfants de la Patrie, i – e… La clique et la chorale ont remis ça. Le temps s’est mis au beau. Les patates n’ont plus qu’à bien se tenir.

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Je suis content, il neige

Content comme tout, ce matin, en me levant côté est du lit. L’ouest, je le réserve pour le coucher. Je dors volets ouverts pour profiter de l’éclairage public, du chant des oiseaux publics, du camion public de ramassage des ordures publiques, toujours surpris qu’il n’y ait jamais d’élu ou autre responsable, de quoi, j’en sais point rien. J’aime bien savoir où je dors, lorsque je me réveille. Le réveil je le règle sur l’horloge comtoise des voisins. Les murs sont aussi épais que ma retraite. Je l’aurais eue aux flambeaux que je laisserais quand même les volets ouverts. En été, je les ferme ou non, ça dépend du soleil à l’heure de la sieste. Trop fort, je ferme, moyennement j’entrouvre, faiblard toute sieste est inutile puisque je ne me lève pas. Quand je vois qu’il va faire mauvais, je m’arrange pour que les voisins s’en aillent, par exemple à l’hôpital. Leur horloge a besoin d’être remontée tous les jours. J’ai une préférence pour les bananes, je peux toujours accuser le singe des autres voisins, des qui n’ont pas encore compris qu’ils n’étaient plus là-bas en bas sur la carte, de l’autre côté de la mer, tout en dessous. Mais il neige, ça leur apprendra.
Content comme tout, ce matin, parce qu’il neige. Je suis comme un gosse. Il neige, il neige je crie à demi poumons pour ne pas prendre un coup de froid sur les bronches. Qui dit neige dit froid, comme qui ne dit rien consent ou qui dort dîne, comme dit d’ordinaire qui se couche le ventre rempli.

Les volets, c’est pour ma grande fenêtre, celle officielle que l’architecte a creusée dans le mur quand il s’était rendu compte qu’il avait oublié que j’aurais besoin de l’éclairage public. Entre temps j’en avais installée une plus petite, au-dessus de mon bureau. Un truc moderne sans volets qui marche à l’électricité et que je laisse toujours ouverte, sauf quand il y a panne de courant ou grève de ceux qui le font. C’est par elle que j’ai vu tomber la neige. Pas des bérets de chasseurs alpins, des bérets blancs de tenue d’hiver quand il neige, mais d’honnêtes flocons, quand même. Je sais pas où elle est fabriquée et je m’en contrefiche. L’essentiel, c’est qu’elle soit là toujours exactement à la même date, sauf l’année qui change chaque année.
T’es con, c’est pas de la vraie neige, m’a dit un gars qui installe des fenêtres aussi électriques comme la mienne. Elle est virtuelle, ta neige, il a encore dit. À mon avis, c’est lui qui est virtuel.
Elle arrête pas de tomber. Nom de dieu c’que je suis content. En plus, je serais même pas obligé de piquer une banane au singe des voisins.

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Allah, le miséricordieux

Les fous de dieu, en son nom, commettent autant de crimes que de conneries, comme le saccage démontage ou démantèlement ou démembrement d’œuvres d’art (Si, si, y’a qu’à voir la Vénus de Milo. Pas elle en vrai, mais une de ses sœurs). Œuvres qu’ils revendent à des salopards, notamment européens qui profitent des règlementations financières et des lois que leurs copains édictent, des saloperies de salopards qui fournissent à l’État islamique tout ce qu’il faut pour mener à bien la mission que dieu lui a confiée : faire chier le peuple à n’importe quel prix en violant, tuant, volant les populations qui regrettent amèrement de ne pas être parties en week-end à dache plutôt quà Daesh.

Comme ils sont forts, sabre ou Kalachnikov en main ; comme ils sont beaux lorsqu’en contre-jour se découpent leurs altières silhouettes ; comme ils sont nobles lorsque, procédant au sacrifice ultime ils égorgent d’un geste auguste celui tombé entre leurs mains de justice. Et quelles magnifiques et sensuelles ondulations que celles de leurs drapeaux flottant au souffle des ventilateurs qu’un metteur en scène de talent a habilement disposés pour que soient évoqués les grands espaces et le sentiment de liberté qu’ils induisent.
Bon, c’est vrai, moi-même, j’aurais une Kalachnikov entre les mains, sûr que je me sentirais plus couillu et membré que je ne le suis. Le recul, l’odeur de poudre, le canon brûlant comme un sexe en érection… Ah nom de dieu ! Et puis ce goût du sang plus fort que celui du boudin, ach mein Gott ! Et ce pouvoir que j’aurais, là, de supprimer une vie désignée comme étant inutile par mes chefs et coreligionnaires, Ô my God !
Crotte de bique et bandaison de mes deux ! Je viens de faire une carte du Levant dans mon calfouette. Quel imbécile je fais !
Bon. Y’a quand même autre chose qui est vrai. Imam, vizir, calife, trou de cul de dieu, djihadiste… à un moment ou un autre, tu n’as pas le choix, et il y a une urgence : chier un coup. Puis enlever l’excès de crépi, passer un coup de Kärcher, bref, faire au mieux pour que les mouches qui virevoltent en se pourléchant les babines et se tamponnant les mirettes aillent voir ailleurs s’il n’y aurait pas mieux à becqueter, comme un cadavre frais pondu du matin.

Toi qui rêves d’une vie de héros, toi qui aimerais farcir ces porcs d’infidèles à coups de pruneaux, toi dont l’impuissance ne pourrait faire vibrer que des vierges pas farouches manquant d’expérience, je t’imagine, ô joie ineffable autant qu’incoercible, futal noir en tire-bouchon sur tes chevilles, boîte de conserve vide ou pierre piochée dans le reg en guise de papier-cul… je t’imagine en train de visionner sur ton i-pad la vidéo*, en direct, d’un pauvre type (il s’agit de toi) en train de se chier dessus parce que des putains d’infidéles sont en train de larguer des bombes sur ses chiottes de campagne, en ce désert aride que souille sa présence. Je t’imagine aussi en train de râcler une boîte de pâté de porc sardines jusqu’à la dernière miette d’arête, parce que tu crèves de faim. Je t’imagines aussi boire ta propre urine (au demeurant chargée pour cause d’une rare et mauvaise bouffe) pour ne pas crever de soif, en apprenant sur ton portable –ô merveille de la technologie moderne– que ta famille et ta biquette préférée n’auront plus, désormais, à égrener leurs chapelets puisqu’ils ont perdu la vie, juste retour des choses pour celles que tu as ôtées. Je t’imagines aussi prenant conscience te rendant compte que tu t’es laissé embarquer  par des sales types, dont tu es le reflet, qui t’ont menti, t’ont raconté des fredaines sur le Coran et qui t’exploitent jusqu’à la moëlle pour mieux asseoir leur vanité. Enfin je t’imagine devant Allah, le vrai et le seul, pas celui que tes frères ont travesti pour servir leurs desseins. Tu as joué les fier-à-bras, te dit-il. Tu t’es pris pour Fierabras, mais tu n’es qu’un nain. Tu as semé l’enfer, tu y es. Tu me  demandes miséricorde ?  Va, je te l’accorde. La même que celle que tu as accordée à tes victimes.


* L’humiliation foutage de gueule comme arme de propagande pour répondre à la propagande de l’Etat islamique ? Why not ?
Mouais, bon, d’accord, il n’y a qu’à faire comme si je n’avais rien dit.

 

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L’instant d’avant je vivais

Je regarde à gauche, rien. Je regarde à droite, rien. Je regarde devant, rien. J’avance. Pas con, je jette un œil derrière, au cas où. Le temps de vérifier qu’il n’y a rien non plus, j’entends le bruit mat d’un corps qui a fait une chute de plus de vingt mètres, puis plus rien.

Un corps que j’ai du mal à reconnaître comme étant le mien m’est donné à identifier. J’ignore comment on s’y est pris pour d’un côté me trouver, de l’autre me prévenir. Les gars de la morgue ont mis le corps dans un sac en plastique. C’est à cause que ça dégouline et que le parquet, à force qu’on y lave, faudra qu’on le change si ça continue. Avec la moquette, avant, c’était encore pire, m’expliquent les bonshommes en achevant leur sandwich mortadelle, beurre, cornichon. Un  seul, sinon ça gâte le goût. Ils vident le sac, en vrac, dans une baignoire.
Et voilà ! déclare celui des gars qui ressemble le plus à un commissaire de police, ça doit être à force de jouer le rôle. Il se lisse les bacchantes façon Staline, ça lui donne l’importance qu’il aurait eue s’il avait brillé à l’École de police.
Alors ? il me demande. Comme ça, je peux pas dire, je réponds. Tout rabougri qu’il est, faudrait le déplier.
C’est qu’il est raide,  le bougre, constate son bras droit d’un ton de sous chef. S’il était frais, je dis pas, ou alors faudrait le réchauffer.  On aurait eu mieux fait de pas le mettre dans le sac, chef. Le chef opine du commissaire commissaire opine du chef en se tortillant la moustache. Je serais prêt à parier qu’il pense déjà à passer un coup de fil à sa hiérarchie.
L’impatience me prend. Je sais devoir lever le camp et larguer les voiles, c’est ainsi, pas le temps de traîner. Les cadavres parlent peu, c’est connu, et rares sont ceux qui infirment ce que raconte un témoin, présumé proche du défunt.
C’est bien lui, je dis laconiquement, me fichant de l’exactitude de ce que j’avance et n’ayant aucune preuve tangible de l’identité de ce qui a déjà rejoint le sac. Un sac en plastique pareil à celui qu’hier encore j’ai jeté aux ordures, très pratique avec ses petites poignées ingénieuses.
Je laisse ce petit monde accrocher l’étiquette réglementaire où le commissaire a écrit un nom, la date d’emballage et celle de péremption.
Puis je lève l’ancre, sans rien savoir de ce que me réserve la traversée.

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Une humanité en quête d’humanité

Il y a les Italiens, les Français, surtout en France, les Allemands dans leur pays, l’Allemagne. Il y a les Portugais au Portugal, les Suisses en Confédération Helvétique, ils ne peuvent pas faire comme tout le monde. Il y a les Transylvaniens en Transylvanie, les Marocains au Maroc, les demeurés dans leur demeure, qu’ils y restent. Les Anglais vivent surtout en Grande Bretagne et aussi en Angleterre où il y a aussi des Irlandais, même s’ils ne l’ont pas fait exprès. Il y a des Autrichiens en Autriche, pas une seule autruche en Austro-Hongrie, où errent de malheureux hongres qui n’ont rien de hongrois. Il y a des Polonais en Pologne et des nouveaux-nés un peu partout, sauf en Chine où les Chinois (les habitants de ce pays) préfèrent avoir un chien plutôt qu’un deuxième enfant, ce qui amènera le régime, un jour ou l’autre, à rendre obligatoire un deuxième enfant, et pourquoi pas un deuxième enfant et demi. Il y a des régimes de bananes dans les républiques bananières où de gras personnages s’engraissent sur le dos de ceux qui ont un maigre revenu. Ces derniers trouvent éreintant de porter de lourds fardeaux prêts à leur tondre la laine s’ils deviennent des moutons. Des moutons, il y en a en Australie, qui n’est pas la patrie des Australopithèques, ça aurait pu, mais celle de drôles d’animaux dont les femelles n’ont pas les yeux dans leur poche parfois squattée, mais sur la tête. On pourrait s’attendre à ce qu’il y ait des nazis en Asie, mais on le sait aujourd’hui, il n’y a pas de nazis en Asie. Sauf peut-être un petit peu en Chine où on pratique volontiers l’euthanasie avec des opposants à qui on ne demande pas d’être volontaires pour en profiter. On cultive la chicorée en Corée du sud, la chicore à coups de chicotte en Corée du nord, les rouleaux de printemps au Vietnam, en toute saison, et les os au Cambodge.
Il y a les Américains en Amérique, les Canadiens dans des cabanes au Canada, des Argentins désargentés en Argentine, des Urugayens au Paraguay et des Paraguayens en Uruguay à cause des frontières mal dessinées. La Bolivie est peuplée de Boliviens, le Chili de Chiliens, le Pérou de Péruviens et de coca. Il y a des Basques au pays basque, que l’on reconnaît au bruit que font les castagnettes quand ils dansent le fandango pour échapper aux tirs des Stuka.
Il y a les Inuits difficiles à voir en hiver à cause des nuits sans fin, et des Esquimaux qui fondent les uns après les autres à cause de leurs congélateurs en panne.
Il y a des princes, il  y a des pauvres sans lesquels il n’y aurait pas de riches. Il y a des andouilles chez les charcutiers de Vire et d’ailleurs, mais il n’y en a pas que là. Il y a des boulangers qui boulangent, et en concurrence avec les chirurgiens iI y a des charcutiers qui charcutent. Il y a des bouchers, dont ceux à l’arène, des as de l’acupuncture qui suppriment définitivement les douleurs insupportables qu’ils infligent aux taureaux. Il y a des ânes dans le Poitou et tout autant ailleurs, des ânes sans culotte qui ont tout oublié de l’esprit révolutionnaire et se torchent avec la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Il y a des hommes libres d’enfermer les empêcheurs de ronronner en rond, et des hommes en prison libres de rêver qu’ils n’y sont pas. Il y a de bons samaritains et de sacrés salopards, des inconscients qui ne savent pas ce qu’ils font, mais le font, d’autres pleinement conscients de ce qu’ils font de mal, et le font avec délectation, il y a de tout.
Partout il y a des hommes et des femmes, des enfants et des fleurs, des sourires et des pleurs, des agissements criminels et des actes autant stupides qu’indignes. Il y a du bon, il y a du mauvais, il y a tous les entre-deux.
Il y a une humanité en quête d’humanité.

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Sale temps à La Mecque

À quelques jours du hajj un des piliers de l’islam une grue de grande dimension s’est envolée sous les assauts d’un vent violent avant de s’écraser sur des fidèles en en tuant malencontreusement plus d’une centaine et en en blessant tout aussi malencontreusement plus du double. Mais comme on le souligne sur place ça aurait pu être pire sans l’intervention divine qui en a sauvé beaucoup plus.
Toute défaillance technique ayant été écartée avec force par un des ingénieurs du groupe de travaux publics qui mène le projet la thèse d’un mauvais coup du sort ou du méchant tour d’un mauvais génie a pour l’instant été retenue en lieu sûr. Le même ingénieur a quant à lui estimé que le drame relevait de la volonté divine explication corroborée par un ouvrier syrien qui a déclaré que c’était une punition infligée à l’Arabie saoudite par Allah sous prétexte et soit disant qu’elle n’accueille pas de réfugiés notamment syriens pourtant de confession musulmane.
Des bruits de coursive relayés par le téléphone arabe évoquent la possibilité d’un attentat fomenté par l’État islamique mais rien pour l’instant ne vient étayer cette hypothèse qui ferait encore plus de bruit si elle s’avérait.
Un des co-créateurs de la Fondation pour la recherche du patrimoine islamique basée à la Mecque sans aller jusqu’à parler de punition divine estime pour sa part que les autorités ont fait preuve de négligence face au danger évident que représentent ces grues qui n’ont pas été conçues pour effectuer le moindre vol. Orgueil a ajouté un quidam précisant que les autorités se préoccupent autant du patrimoine de la santé et de la sécurité que de leurs premières babouches c’est dire.
Rappelons pour mémoire que c’est le groupe saoudien Ben Laden Group très lié à la famille du défunt fondateur d’Al-Qaïda et pour cause le regretté Oussama Ben Laden qui mène les travaux d’agrandissement. Manquerait plus que ce groupe soit chargé de l’enquête a murmuré un détracteur que la chute de la grue a sorti de sa sieste un mauvais coucheur en quelque sorte. Une suggestion saugrenue que personne n’a retenu si ce ne sont les intéressés qui comptent bien y participer à défaut de la mener.
Sensible à la peine que traversent celles et ceux touchés par ce drame et quoique un rien pas vraiment fidèle puisqu’infidèle ou considéré comme tel je ne peux nonobstant et néanmoins que me joindre à ceux nombreux qui ont adressé leurs condoléances. Ce que je fais donc présentement.
Et remercions Allah de n’avoir pas encore permis d’atteindre le record de 1426 pélerins tués en 1990.


Note : désolé pour la ponctuation, mais ma touche virgule ne fonctionne plus.
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Naître autre n’est pas donné à tout le monde

J’aurais pu naître dans une famille ouvrière. Ou mes géniteurs auraient pu être de bons et fidèles employés, pourquoi pas de maison, des gens humbles, qui votent là où ils croient qu’il faut voter, qui sont honnêtes ou niais, un synonyme. J’aurais pu naître dans la brousse avec d’autres bouseux, dans un village franchouillard où les gens n’ont jamais décroché le portrait du Maréchal, ou encore dans une ZAC, une ZUP, une ZAP, une ZIP ou un quartier malfamé, une ZON.

J’aurais arraché les ailes des mouches, crevé les yeux des chats, cogné les bestiaux pour les entendre gueuler et jouer à touche pipi avec des petites cochonnes. Plus tard, aux premiers émois, et moi et moi, et moi, je leur aurais donné des coups de pied dans les tibias et tiré les cheveux. J’aurais pris ma première cuite à 6 ans sous le regard amusé d’un oncle jobard, un sacré rigolo qui aurait couché avec ma mère. J’aurais chapardé des bonbons chez l’épicier, dévalé les rues du quartier dans une caisse à savon dont le bruit infernal aurait cassé les oreilles au voisinage ; j’aurais fait l’école buissonnière et pissé dans les encriers. J’aurais déféqué mou dans un journal que j’aurais posé devant la porte close d’un bourgeois ; j’y aurais mis le feu et j’aurais sonné avant de me carapater. Je me serais masturbé avec d’autres sales gosses dans les bottes de foin ; j’aurais piqué des sous à ma mère pour m’acheter des pétards. J’aurais échangé la montre de mon père contre un paquet de P4 (les trop fameuses Parisiennes) et la bague de fiançailles de ma mère contre un de Week-End et un autre de Lucky-Strike. J’aurais raconté des bobards, j’aurais menti. Je me serais battu aux bals, aurais dépucelé les premières gonzesses venues que j’aurais soulées à coups de blanc limé. Je me serais fait tabasser une fois par mon père, pas deux. J’aurais vidé un premier tronc pour aller au bordel, et les suivants pour m’acheter du H. J’aurais raconté au psychologue scolaire que ma mère était une pute et mon père un curé pédophile défroqué qui avait abusé de moi ; J’aurais fait mon service militaire dans les paras qui m’auraient muté dans un bataillon disciplinaire. J’aurais fait de la taule, j’aurais cassé des cailloux, du niacoué et du bronzé, ce qui m’aurait peut-être valu une médaille vite refourguée contre un bon de saillie au BMC, le bordel militaire contrôlé.

Bref, c’est pas l’ennui qui m’aurait étouffé, pas plus que les « ça se fait pas », les « c’est mal » et autres stupidités qui empêchent de vivre comme on l’entend si on n’est pas sourdingue.

Et quoi ? Voilà que j’ai débarqué dans une famille tout ce qu’il y a de comme il faut, c’est tout dire. Baptême, communion, confirmation, écoles privées, la suite à l’avenant : études, mariage, gosses, situation enviable, fortune… tout ce qu’il faut pour mourir d’ennui et se raconter des histoires en montrant le spectacle d’un bonheur ineffable. De la Fontaine. Le modèle parfait d’une image défraîchie avant l’âge.
J’oubliais la respectabilité, l’horripilante respectabilité !

J’aurais pu naître autre, mais ça ne m’a pas été donné.

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Bisbille en Asie centrale, mais grand calme dans l’UE

On apprend que le torchon brûle dans l’Organisation  des Pays d’Asie Centrale, autrement dit, et pour faire vite et clair comme de l’eau de roche, l’Opac.
Un pays de la région, dont on a oublié le nom, car l’évoquer est passible d’un tas d’ennuis malodorants, poursuites en injustice plus tout le bataclan de l’appareil répressif des états sans grâce… avait été rayé de la carte (en vert strié de noir, sur l’illustration) sous prétexte qu’il était envers et contre tous les autres. Il n’avait jamais adhéré à l’Opac, n’avait même jamais pensé pouvoir y entrer un jour. Un pays d’imbéciles, en quelque sorte, couac euh quoique.
Mais aujourd’hui, c’est une toute autre histoire, puisque le Tüpøtegrathai, membre de l’Opac à part entière et co-inventeur, avec le Blennoragistan, de la médiocratie, le régime bananier régional dont les avantages pour les dirigeants ne sont plus à démontrer, pas plus qu’ils ne sont à remettre en cause, vient d’être exclu de la zone Eureuse, acronyme de Economie Unitaire et Radieuse Exécutive de l’Union Solidaire des Élus, le nom à rallonges budgétaires de la monnaie de l’Opac. Monnaie que l’on écrit succinctement ϖ, pour gagner du temps. De très mauvaises langues affirment que le symbole monétaire choisi est en adéquation parfaite avec l’Eureuse, qui la qualifient de monnaie de chiottes.

Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer pour que le Tüpøtegrathai soit ainsi exclu de cette monnaie aux pièces gravées à l’effigie du vide, travail de gravure d’une extrême délicatesse, comme on peut s’en douter, et dont la devise, gravée sur tranche fine à l’Opinel, est « ven gelt r… , ……. agt zay gezegenung« , ce qui signifie, une fois bouchés les trous « Quand l’argent parle, il dit souvent au revoir », proverbe acheté un rien cher, donc trop cher pour une phrase tronquée incompréhensible. Le ministère des finances de l’Opac l’avait déniché chez un brocanteur qui avait fui le Guermania lorsqu’y avait été décrété le port obligatoire d’une petite moustache courte, mais fournie. Imberbe, le pauvre diable avait beaucoup souffert sans pour autant être lavé de la culpabilité de n’avoir ni poil au menton, pas plus qu’il n’en avait entre la lèvre supérieure et le nez, par ailleurs fort développé, mais en rien camus, contrairement à son ami Albert, comme lui étranger à ce qui lui était inconnu.
Le Tüpøtegrathai avait pourtant connu des jours heureux sous la coupe colonel, à l’époque ou la vodka du Chtavepourtanprevnu coulait à flots dans les verres de cristal aux bords précieusement sucrés et citronnés. Un film dont le titre ne m’a pas échappé (Tragedians trip – οι τραγικοί βόλτα) relate cette période que certains jugent comme ayant été la meilleure ou la pire, selon le nombre de sardines que portaient les huiles ou l’entregent qu’on avait avec le pouvoir, ou selon qu’on avait été un saltimbanque au mieux, un libertaire au pire. Pas très original, certains avaient souffert, ce qui avait permis à d’autres de profiter, et vice sera, etc.
(On se calme, ça vient.)
Parce que tout passe, le régime colonel avait fini par trépasser, abandonnant au pourrissement les stocks de citron d’Aragon et de glace à la vanille de Castille, et laissant le pays se moderniser à la va comme je te pousse. Tout état de ce type éprouve un jour ou l’autre le besoin surprenant de se développer, ce qui passe par la nécessité d’emprunter. Ce qu’a fait le Tüpøtegrathai auprès des financiers de l’Opac, sans relire de près le contrat. Contre toute attente, exceptée celles des ministres des finances de l’Opac qui y trouveraient leur compte, le contrat faisait référence non pas à l’article communément admis par les nations adhérentes à la charte de solidarité internationale, qui stipule « 1 de prêté, 1 de rendu », mais à cet autre, malhonnête et machiavélique, qui précisait « 1 de prêté, 10 de rendu ». Avec un zéro d’une traitrise remarquable, car minuscule et hypocrite comme les poignées de mains échangées, mais en réalité vite récupérées par leur propriétaire, et qui, à elles seules, avaient déjà valeur d’un accord. De dupes.

Chacun comprendra la suite, dont on n’a franchement pas grand chose à faire, les troubles se déroulant dans cette charmante union de l’Opac n’affectant en rien ce qui se passe chez nous, dans notre belle et saine communauté européenne. Des troubles lointains qui, grâce à cette union quasi sacrée où règne la fraternité européenne, ne risquent ni de l’affecter, ni de l’infecter. Ben tiens !

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Cycle de la vie : l’eau toujours retourne à la rivière

Considérant qu’une rivière a deux berges, une d’un côté, une de l’autre, et que j’en ai soixante-dix, j’en déduis que je vaux trente-cinq rivières. Cool ! Je peux arroser, inonder, former un delta gigantesque, descendre jusqu’à l’océan et m’y fondre. Avant de disparaître ? Certes non, puisque de ma source jusqu’à mon delta, jamais je ne cesse de couler, plus ou moins abondamment, selon la saison, mais je coule. D’ailleurs, je me suis toujours senti couler, et bien avant que l’on ne me le fasse remarquer, mon banquier en premier.
Parce que au catéchisme le curé m’a appris que j’avais une âme, rien ne m’empêche d’en déduire que je suis une arme. Une sacrée arme, puisque j’ai une âme, dès l‘enfance plus rayée qu‘un zèbre ne le sera jamais. Une arme sacrée, si vous voyez ce que je veux dire. Un revolver, dont je compte bien me servir. Je descends le premier emmerdeur venu, je jette l’arme à la flotte, et basta ! Pas dans n’importe quelle flotte, genre l’eau du bain (où j‘avais failli me noyer lorsque j‘étais bébé, sauvé in extremis par le plombier qui avait débouché à temps le tuyau d‘évacuation), ni celle d’une mare, pas plus que celle d’un lac, mais dans ma flotte à moi que j’ai à profusion dans la rivière que je suis. Bien fort qui retrouvera cette arme et bien fort qui mettra le grappin sur le cadavre. Mais soyons sérieux, pas pour l’agripper et le sortir de l’eau comme on le fait à l’aide d’une gaffe, parfois, hélas, objet d‘une autre gaffe lorsqu‘on ne remonte des flots en furie rien d‘autre qu‘un œil torve qui nous adresse comme un reproche. Et hop, embarquement pour l’océan, et bon voyage.
Je suis équipé d’un tronc. A vrai dire, je suis un tronc. Si pesant que j’ai un incoercible penchant à prendre racines. Planté dans le narthex passé le seuil de l’église je fais la manche auprès des fidèles, des abonnés pour la plupart. J’ai accroché un écriteau sur une branche qui m’a poussé : Les cartes bancaires ne sont pas acceptées. Je suis plein aux as, ce qui me permet d’acheter toutes les munitions dont j’ai besoin.
Il n’y a pas de honte à être un homme tronc, sermonnent les grenouilles de bénitier aux sales gosses qui font les enfants de chœur et servent la messe pire que les loufiats qui servent au mess des sous-offs. Elles les forcent, sous la menace d’une dénonciation en trois exemplaires plus un pour les parents, à mettre leur argent de poche dans la fente qui connut des jours plus glorieux du temps où on y glissait boutons de culotte et autres préservatifs usagés.
Tout comme la soupe aux graillons, j’ai des yeux. Moins qu’elle n’en possède, mais suffisamment pour me permettre d’avoir l’œil sur tout et surtout là où il faut. Des yeux bien pratiques pour surveiller mes arrières, pour en jeter l’un d’eux là où ça vaut le coup, comme lorsque passe une jolie donzelle. Je lui fais de l’œil d‘un de mes deux de velours, lui jette un regard langoureux si elle n’est pas farouche, réservant les gros yeux pour celles qui sont moches et qui me coursent. Pour me le faire payer. Je ne viendrai pas sur la raison qui m’empêche de prendre mes jambes à mon cou, la même que celle qui me prive de ces coups de pied au cul aptes à ramener qui que ce soit à plus de raison, que délivrent généralement ceux qui en auraient le plus besoin.
En me signant, porté à bras le corps par une de ces croyantes touchées par la grâce et que mon handicap n‘a jamais rebuté, un de mes bras de rivière a fait déborder le bénitier. Choc froid de l’acier sur le sol suivi de celui mat d’un corps inerte qui aurait mérité un bon essorage. Du haut de sa croix, un bonhomme sanguinolent, style Jésus en croix, m’adresse un clin d’œil dans lequel je lis, en toutes lettres : P O S S I O N C A M. Bien évidemment un message codé dont je ne comprends goutte.

Le jour de mes 10 ans, fier de l’acte de bravoure qui m’avait conduit à perdre mon pucelage, mon père, érudit féru de symbolique et lecteur assidu du Chasseur français, m’avait offert un culbuto. Lequel, bien avant l’accident qui devait me priver de mes membres inférieurs et m‘absoudre une fois pour toutes de ne pas ôter mon chapeau devant les dames m‘avait montré, par l’exemple, comment s’y prendre pour se relever de situations périlleuses. Conséquence de l’accident, prendre la poudre d’escampette en cas d’urgence ne me serait désormais plus possible. Conséquence de cette conséquence, les bras m’en étaient tombés, ce qui m’avait amené à faire l’homme tronc dans les églises. Paul Emploi et sa copine Anne Péheux s’étaient employés à m’y trouver emploi.
Je m’ébranle, me tortille façon technique culbuto et me lance. Pour me retrouver les quatre fers en l’air, façon de parler, à deux doigts, que je n’ai pas, de l’objet autant métallique que létal : l’arme du crime. Tant d’efforts m’ont mis en nage. Deux rapides crawls reptiliens tintinnabulants m’en rapprochent. Quelques pièces de monnaie roulent sur le sol, vite submergées puis emmenées par mes flots dont le degré de salinité a grimpé. Mon tronc est en train de se vider, constatè-je, amer. Le revolver et le noyé ne sont plus qu’à un doigt de ma bouche gourmande prête à engloutir les preuves accablantes de mon inconduite. Plus béante qu’une bouche d’égout, elle va passer à l’action lorsque un de mes yeux arrière se fixe sur un tas de pièces tombées du tronc, qui ont résisté au courant. Que faire ? Ne pouvant prendre mon courage à deux mains, pas plus que les jambes à mon cou, je me tourne vers la croix pour attendre un signe. Il me sourit, et de ses lèvres entrouvertes jaillissent une à une les lettres C O M P A S S I O N. Aucune idée de ce qu‘il veut me dire. L’heure n’étant pas à la consultation d’un dictionnaire, je laisse mes flots gronder, gonfler, puis embarquer les deux choses encombrantes qui jamais ne connaîtront l’honneur d’être des pièces à conviction, pendant que quelques grandes âmes et bons seigneurs s’activent à remettre les piécettes à leur juste place : le tronc dont je suis fait.
Sans attendre mon reste dont j‘ai depuis longtemps été amputé, ni m’attarder sur les larmes d’émotion qui coulent de mes yeux, je n’en sais la raison, je déserte les lieux en prenant le large. Je le gagne, je m’y fonds et laisse le soleil à son ouvrage. Demain, il pleuvra.

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J’ai la mémoire qui flanche…

J’ignore si je perds la mémoire ou si en fait je n’en ai jamais eue, mais sitôt la déclaration d’impôt reçue ; sitôt les factures de gaz, d’électricité, d’eau échouées dans ma boîte aux lettres ; sitôt glissée sous ma porte (close) la note du bistroquet qui me rappelle mes consommations impayées… je les oublie. Et que l’on ne me parle pas de procrastination, car ça n’en est pas, et même si c’en était, en voilà une belle affaire ! Et aucun courrier n’échappe à cette règle. Quand même pas les lettres d’une belle inconnue, vous ois-je oiser, comme si vous n’aviez rien d’autre à faire. Primo, je ne vois pas pourquoi une inconnue m’écrirait, tertio, vous avez vu ma gueule ? Non, sinon vous éviteriez de dire de telles sottises. Quoi, le secundo ?
Pourtant, je n’oublie pas tout. Les numéros de téléphone, par exemple, j’en retiens presque toujours 20%. D’accord, je ne suis pas le seul, mais quand même. Votre numéro de portable, pour ne citer que lui, je me rappelle très bien les deux premiers chiffres.
N’empêche que j’ai la mémoire qui flanche, au point que je ne me souviens plus très bien de quelle couleur étaient ses yeux. Les yeux de qui ? vous demandez-vous. Hé quoi ? Vous aussi vous avez des pannes de mémoire ?
Plus les choses sont importantes, moins je me les rappelle, quand bien même j’userais de ma voix de stentor pour les faire revenir. La moindre opération, même bénigne et pour laquelle aucun diagnostic vital n’est posé, s’avère impossible à faire, pour peu qu’il y ait des retenues. D’ordinaire, j’apprécie pourtant tout ce qui sait avoir de la retenue, mais s’agissant des additions ou multiplications (ne parlons pas des divisions), c’est la catastrophe. Je pose 5 et je retiens… rien. Les résultats s’en trouvent naturellement faussés et je ne tarde pas à recevoir une lettre de ma banque me signalant un méchant découvert, ce qui, frimas venus, ne pourra que m’amener une saleté de rhume. Que je mettrai une éternité à soigner, ayant oublié la destination du collutoire et à quelle partie du corps les suppositoires sont dédiés.

Mais il y a pire. Géniteur émérite d’une floppée de 12 enfants, je ne retiens pas plus leurs prénoms que leur âge. Pour le sexe, L…, mon épouse (me semble-t-il), a eu l’excellente autant qu’originale idée de les vêtir d’habits bleus pour les garçons, de vêtements roses pour les filles, ce que, à force d’être repris par les unes et les autres j’ai réussi à retenir, malgré le léger daltonisme dont j’ai hérité. Par mesure de précaution, elle avait aussi décidé que les filles porteraient des jupes, tandis que les garçons porteraient la culotte, conservant en cela une tradition ancrée depuis longtemps dans sa famille.
Lola, mon épouse, Louise, Lolita, L…, je l’ai connue grâce à Johnny Hallyday, me rappelle-t-elle à chacun des anniversaires de notre rencontre, donc chaque mois de … C’était dans une guinguette, souviens-t-en, insiste-t-elle. On avait dansé sur sa chanson, Retiens la nuit. Mais si. Ne me dis pas que tu aurais oublié jusqu’à l’année !
Je n‘ai jamais compris que les gens qui connaissent la réponse à une question me posent la question en question. Bref, je n’ai retenu ni l’année, ni le titre de la chanson, et ni surtout la nuit qu’on aurait soi disant passée à batifoler et mieux que ça, mais je veux bien le croire.
Retiens-toi m’avait-elle dit à plusieurs reprises, ça n’est pas le moment. J’avais dans l’instant oublié ce qu’elle venait de me dire, et 9 mois plus tard était né notre premier enfant.
Retiens-toi ! Pourquoi croyez-vous que j’ai autant de gamins ?

Puisqu’en fait il m’est quasiment impossible de retenir quoi que ce soit, je ne peux même pas parler d’un manque de mémoire.
Les trous de mémoire sont les impacts de certaines expériences négatives qu’on aurait préféré ne pas vivre, m’a dit un jour mon psy en présence de ma femme qui s’est fait un devoir d’assumer le rôle de biographe, sans lequel je ne pourrais pas vivre. Sinon, tu serais dépendant, m’a-t-elle claironné. Elle n’a pas tort.
C’est à la suite d’un accident tout bête qu’elle avait décidé de m’accompagner où que j’aille, y compris aux toilettes lorsque je m’y rends pour me soigner, boîte de suppositoire et collutoire en main.

C’était un jour de grand vent. J’arpentais une rue étroite lorsqu’un bruit curieux m’avait fait lever les yeux. Un son de frottement, d’abord lent, puis allant en s’accélérant. Enfin plus rien. Une tuile arrachée par le vent, avais-je finement constaté en la voyant tomber à MA verticale. Le temps d’oublier ce que j’avais vu et perçu comme étant un danger évident, elle avait atterri sur mon crâne où elle s’était brisée de façon dommageable, surtout pour ma personne. Lorsque je m’étais réveillé sur un lit d’hôpital une dizaine, une vingtaine de jours cinq ou six jours plusieurs jours plus tard, j’avais demandé à mon épouse qui était ce type à la gueule défoncée qui était là, à me regarder, l’air abruti. Mais c’est toi, mon pauvre chéri, m’avait-elle appris.
Pourtant, me regardant dans le miroir, il m’était déjà arrivé de ne plus me souvenir de ce à quoi je ressemblais, ce qui m’avait un rien troublé, du moins la première fois.
Tu es sûr que c’est moi ? Je lui avais demandé, empli de doutes.
Elle m’avait répondu oui, mais que là, et pour une fois, c’était tout à fait normal que je ne me reconnaisse pas.
Les trous de mémoire, ça se bouche, m’a dit récemment mon psy qui a l’air de s’y connaître en terrassement. Réfléchissez-y.
Non merci, je lui ai répondu, en voyant le mot RESPONSABILITÉ clignoter en rouge quelque part dans ma boîte crânienne.

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La vie des animaux

C’est par un ouf ! de soulagement, parfois un ouaf ! que les animaux domestiques ont pris connaissance de la loi votée en leur faveur, il y a peu, si on fait référence à la date du déluge et à l’âge de Noé alors, lequel Noé aurait pu éviter d’embarquer sur son transatlantique puces, morpions, poux et autres gentillesses.

Mais la déception a été grande parmi les autres bestiaux qui n’en attendaient pas moins. Rappelons-leur cependant les nombreuses mesures de protection des espèces qui ont été prises, et pour lesquelles peu d’applaudissements sont sortis de leurs rangs. À titre personnel, je tiens tout de même à leur faire remarquer que, il n’y a pas si longtemps –période bénie diront certains que je ne suivrai pas dans de tels propos–, les femmes n’avaient pas plus de droits qu’ils n’en ont. Depuis, à force de seriner les bonshommes et de les embobiner, elles en ont gagné. Comme on peut s’en apercevoir en musardant dans les pays où règnent ces joyeux lurons des pays islamique qui n’ont attendu personne, et surtout pas les dégénérés des démocraties occidentales, pour  accorder aux femmes ce droit suprême de se la fermer et de se plier avec grâce à leurs plaisantes fantaisies.
Aussi, que les animaux mécontents, chacals, chameaux, gazelles et autres qui hurleraient, blatèreraient beugleraient ou râleraient sous prétexte que leur statut n’a pas bougé d’un poil se la ferment ou aillent se faire pendre ailleurs.

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Inquiétude chez les marchands de bateaux

Les migrants du bassin méditerranéen n’auront bientôt plus besoin d’embarquer à bord des merveilleux bateaux censés les amener sur les magnifiques rivages européens. Chaussés d’une simple paire de tongs achetée trois francs (CFA) six sous (CFA) dans leur joli pays, ils pourront d’ici peu traverser la mer les pieds quasiment au sec. De très jolis ponts flottants sont en effet en train d’être installés d’une rive à l’autre. Sachant qu’un cadavre lambda mesure environ 1,70m, un de ces ponts n’attend plus que ses 5000 derniers cadavres pour être mis en service.

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Cochon et religions aux Presses universitaires d’Oxford

Liberté d’expression, langue de bois et foutage de gueule.

Afin de ne pas froisser la communauté juive ou musulmane, les Presses Universitaires d’Oxford banniraient cochons et saucisses des livres pour enfants.
Et les enfants chrétiens, nom de dieu, ils comptent pour du beurre ? Que nos chères têtes blondes (les vrais chrétiens sont blonds) qui passent leur temps à bouquiner découvrent au hasard d’une lecture du merlan frit, du maquereau, de la morue, bref du poisson, voire simplement des oeufs de lump (on dit aussi lompe) ou du caviar (miracle de l’image qui le rend accessible à toutes les bourses) est tout simplement inadmissible. Je ne parle pas des sardines dans cette chanson terrible de Patrick Sébastien, qui devrait être mise à l’index, haut la main, ben tiens ! Ni du 1e avril qu’on devrait purement et simplement supprimer.
Aujourd’hui, quand je pense qu’en cours d’anglais, en 6e, notre prof d’anglais nous faisait répéter « The big pig sit in the dish » jusqu’à ce qu’on le prononce à la perfection ! D’autant que cela se passait dans une école militaire, était-ce digne de la République ? Et connaissant les liens étroits qui ont toujours uni l’église et l’armée, n’était-ce point criminel qu’un tel prof enseigne dans un tel établissement ?

on_est_des_cochons

Une manif pour la liberté d’expression s’est encore déroulée dans la capitale. C’est tout simplement honteux et scandaleux, et cela montre bien l’état dans lequel se trouve la France et d’autres pays de cette Europe décidément bien malade. C’est ni au Maghreb, ni au moyen orient, ni dans aucun pays musulman et ni, peut-être- en Israël, que cela risquerait d’avoir lieu. On sait se tenir, là-bas, et sûr qu’Oxford University Press y trouverait son compte ses comptes.

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