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00_ecrira_inactif15/07 – 14 juillet, fête nationale
00_pas_regardants_actif16/07 – Naître autre n’est pas donné à tout le monde
00_aurait_pu_inactif17/07 – Europe : Le meilleur des mondes
00_retour_chariot_inactif30/06 – Désert
00_brulot_inactif19/07 – Lutte anti-terrorisme
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Naître autre n’est pas donné à tout le monde

J’aurais pu naître dans une famille ouvrière. Ou mes géniteurs auraient pu être de bons et fidèles employés, pourquoi pas de maison, des gens humbles, qui votent là où ils croient qu’il faut voter, qui sont honnêtes ou niais, un synonyme. J’aurais pu naître dans la brousse avec d’autres bouseux, dans un village franchouillard où les gens n’ont jamais décroché le portrait du Maréchal, ou encore dans une ZAC, une ZUP, une ZAP, une ZIP ou un quartier malfamé, une ZON.

J’aurais arraché les ailes des mouches, crevé les yeux des chats, cogné les bestiaux pour les entendre gueuler et jouer à touche pipi avec des petites cochonnes. Plus tard, aux premiers émois, et moi et moi, et moi, je leur aurais donné des coups de pied dans les tibias et tiré les cheveux. J’aurais pris ma première cuite à 6 ans sous le regard amusé d’un oncle jobard, un sacré rigolo qui aurait couché avec ma mère. J’aurais chapardé des bonbons chez l’épicier, dévalé les rues du quartier dans une caisse à savon dont le bruit infernal aurait cassé les oreilles au voisinage ; j’aurais fait l’école buissonnière et pissé dans les encriers. J’aurais déféqué mou dans un journal que j’aurais posé devant la porte close d’un bourgeois ; j’y aurais mis le feu et j’aurais sonné avant de me carapater. Je me serais masturbé avec d’autres sales gosses dans les bottes de foin ; j’aurais piqué des sous à ma mère pour m’acheter des pétards. J’aurais échangé la montre de mon père contre un paquet de P4 (les trop fameuses Parisiennes) et la bague de fiançailles de ma mère contre un de Week-End et un autre de Lucky-Strike. J’aurais raconté des bobards, j’aurais menti. Je me serais battu aux bals, aurais dépucelé les premières gonzesses venues que j’aurais soulées à coups de blanc limé. Je me serais fait tabasser une fois par mon père, pas deux. J’aurais vidé un premier tronc pour aller au bordel, et les suivants pour m’acheter du H. J’aurais raconté au psychologue scolaire que ma mère était une pute et mon père un curé pédophile défroqué qui avait abusé de moi ; J’aurais fait mon service militaire dans les paras qui m’auraient muté dans un bataillon disciplinaire. J’aurais fait de la taule, j’aurais cassé des cailloux, du niacoué et du bronzé, ce qui m’aurait peut-être valu une médaille vite refourguée contre un bon de saillie au BMC, le bordel militaire contrôlé.

Bref, c’est pas l’ennui qui m’aurait étouffé, pas plus que les « ça se fait pas », les « c’est mal » et autres stupidités qui empêchent de vivre comme on l’entend si on n’est pas sourdingue.

Et quoi ? Voilà que j’ai débarqué dans une famille tout ce qu’il y a de comme il faut, c’est tout dire. Baptême, communion, confirmation, écoles privées, la suite à l’avenant : études, mariage, gosses, situation enviable, fortune… tout ce qu’il faut pour mourir d’ennui et se raconter des histoires en montrant le spectacle d’un bonheur ineffable. De la Fontaine. Le modèle parfait d’une image défraîchie avant l’âge.
J’oubliais la respectabilité, l’horripilante respectabilité !

J’aurais pu naître autre, mais ça ne m’a pas été donné.

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Bisbille en Asie centrale, mais grand calme dans l’UE

On apprend que le torchon brûle dans l’Organisation  des Pays d’Asie Centrale, autrement dit, et pour faire vite et clair comme de l’eau de roche, l’Opac.
Un pays de la région, dont on a oublié le nom, car l’évoquer est passible d’un tas d’ennuis malodorants, poursuites en injustice plus tout le bataclan de l’appareil répressif des états sans grâce… avait été rayé de la carte (en vert strié de noir, sur l’illustration) sous prétexte qu’il était envers et contre tous les autres. Il n’avait jamais adhéré à l’Opac, n’avait même jamais pensé pouvoir y entrer un jour. Un pays d’imbéciles, en quelque sorte, couac euh quoique.
Mais aujourd’hui, c’est une toute autre histoire, puisque le Tüpøtegrathai, membre de l’Opac à part entière et co-inventeur, avec le Blennoragistan, de la médiocratie, le régime bananier régional dont les avantages pour les dirigeants ne sont plus à démontrer, pas plus qu’ils ne sont à remettre en cause, vient d’être exclu de la zone Eureuse, acronyme de Economie Unitaire et Radieuse Exécutive de l’Union Solidaire des Élus, le nom à rallonges budgétaires de la monnaie de l’Opac. Monnaie que l’on écrit succinctement ϖ, pour gagner du temps. De très mauvaises langues affirment que le symbole monétaire choisi est en adéquation parfaite avec l’Eureuse, qui la qualifient de monnaie de chiottes.

Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer pour que le Tüpøtegrathai soit ainsi exclu de cette monnaie aux pièces gravées à l’effigie du vide, travail de gravure d’une extrême délicatesse, comme on peut s’en douter, et dont la devise, gravée sur tranche fine à l’Opinel, est « ven gelt r… , ……. agt zay gezegenung« , ce qui signifie, une fois bouchés les trous « Quand l’argent parle, il dit souvent au revoir », proverbe acheté un rien cher, donc trop cher pour une phrase tronquée incompréhensible. Le ministère des finances de l’Opac l’avait déniché chez un brocanteur qui avait fui le Guermania lorsqu’y avait été décrété le port obligatoire d’une petite moustache courte, mais fournie. Imberbe, le pauvre diable avait beaucoup souffert sans pour autant être lavé de la culpabilité de n’avoir ni poil au menton, pas plus qu’il n’en avait entre la lèvre supérieure et le nez, par ailleurs fort développé, mais en rien camus, contrairement à son ami Albert, comme lui étranger à ce qui lui était inconnu.
Le Tüpøtegrathai avait pourtant connu des jours heureux sous la coupe colonel, à l’époque ou la vodka du Chtavepourtanprevnu coulait à flots dans les verres de cristal aux bords précieusement sucrés et citronnés. Un film dont le titre ne m’a pas échappé (Tragedians trip – οι τραγικοί βόλτα) relate cette période que certains jugent comme ayant été la meilleure ou la pire, selon le nombre de sardines que portaient les huiles ou l’entregent qu’on avait avec le pouvoir, ou selon qu’on avait été un saltimbanque au mieux, un libertaire au pire. Pas très original, certains avaient souffert, ce qui avait permis à d’autres de profiter, et vice sera, etc.
(On se calme, ça vient.)
Parce que tout passe, le régime colonel avait fini par trépasser, abandonnant au pourrissement les stocks de citron d’Aragon et de glace à la vanille de Castille, et laissant le pays se moderniser à la va comme je te pousse. Tout état de ce type éprouve un jour ou l’autre le besoin surprenant de se développer, ce qui passe par la nécessité d’emprunter. Ce qu’a fait le Tüpøtegrathai auprès des financiers de l’Opac, sans relire de près le contrat. Contre toute attente, exceptée celles des ministres des finances de l’Opac qui y trouveraient leur compte, le contrat faisait référence non pas à l’article communément admis par les nations adhérentes à la charte de solidarité internationale, qui stipule « 1 de prêté, 1 de rendu », mais à cet autre, malhonnête et machiavélique, qui précisait « 1 de prêté, 10 de rendu ». Avec un zéro d’une traitrise remarquable, car minuscule et hypocrite comme les poignées de mains échangées, mais en réalité vite récupérées par leur propriétaire, et qui, à elles seules, avaient déjà valeur d’un accord. De dupes.

Chacun comprendra la suite, dont on n’a franchement pas grand chose à faire, les troubles se déroulant dans cette charmante union de l’Opac n’affectant en rien ce qui se passe chez nous, dans notre belle et saine communauté européenne. Des troubles lointains qui, grâce à cette union quasi sacrée où règne la fraternité européenne, ne risquent ni de l’affecter, ni de l’infecter. Ben tiens !

greece

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Cycle de la vie : l’eau toujours retourne à la rivière

Considérant qu’une rivière a deux berges, une d’un côté, une de l’autre, et que j’en ai soixante-dix, j’en déduis que je vaux trente-cinq rivières. Cool ! Je peux arroser, inonder, former un delta gigantesque, descendre jusqu’à l’océan et m’y fondre. Avant de disparaître ? Certes non, puisque de ma source jusqu’à mon delta, jamais je ne cesse de couler, plus ou moins abondamment, selon la saison, mais je coule. D’ailleurs, je me suis toujours senti couler, et bien avant que l’on ne me le fasse remarquer, mon banquier en premier.
Parce que au catéchisme le curé m’a appris que j’avais une âme, rien ne m’empêche d’en déduire que je suis une arme. Une sacrée arme, puisque j’ai une âme, dès l‘enfance plus rayée qu‘un zèbre ne le sera jamais. Une arme sacrée, si vous voyez ce que je veux dire. Un revolver, dont je compte bien me servir. Je descends le premier emmerdeur venu, je jette l’arme à la flotte, et basta ! Pas dans n’importe quelle flotte, genre l’eau du bain (où j‘avais failli me noyer lorsque j‘étais bébé, sauvé in extremis par le plombier qui avait débouché à temps le tuyau d‘évacuation), ni celle d’une mare, pas plus que celle d’un lac, mais dans ma flotte à moi que j’ai à profusion dans la rivière que je suis. Bien fort qui retrouvera cette arme et bien fort qui mettra le grappin sur le cadavre. Mais soyons sérieux, pas pour l’agripper et le sortir de l’eau comme on le fait à l’aide d’une gaffe, parfois, hélas, objet d‘une autre gaffe lorsqu‘on ne remonte des flots en furie rien d‘autre qu‘un œil torve qui nous adresse comme un reproche. Et hop, embarquement pour l’océan, et bon voyage.
Je suis équipé d’un tronc. A vrai dire, je suis un tronc. Si pesant que j’ai un incoercible penchant à prendre racines. Planté dans le narthex passé le seuil de l’église je fais la manche auprès des fidèles, des abonnés pour la plupart. J’ai accroché un écriteau sur une branche qui m’a poussé : Les cartes bancaires ne sont pas acceptées. Je suis plein aux as, ce qui me permet d’acheter toutes les munitions dont j’ai besoin.
Il n’y a pas de honte à être un homme tronc, sermonnent les grenouilles de bénitier aux sales gosses qui font les enfants de chœur et servent la messe pire que les loufiats qui servent au mess des sous-offs. Elles les forcent, sous la menace d’une dénonciation en trois exemplaires plus un pour les parents, à mettre leur argent de poche dans la fente qui connut des jours plus glorieux du temps où on y glissait boutons de culotte et autres préservatifs usagés.
Tout comme la soupe aux graillons, j’ai des yeux. Moins qu’elle n’en possède, mais suffisamment pour me permettre d’avoir l’œil sur tout et surtout là où il faut. Des yeux bien pratiques pour surveiller mes arrières, pour en jeter l’un d’eux là où ça vaut le coup, comme lorsque passe une jolie donzelle. Je lui fais de l’œil d‘un de mes deux de velours, lui jette un regard langoureux si elle n’est pas farouche, réservant les gros yeux pour celles qui sont moches et qui me coursent. Pour me le faire payer. Je ne viendrai pas sur la raison qui m’empêche de prendre mes jambes à mon cou, la même que celle qui me prive de ces coups de pied au cul aptes à ramener qui que ce soit à plus de raison, que délivrent généralement ceux qui en auraient le plus besoin.
En me signant, porté à bras le corps par une de ces croyantes touchées par la grâce et que mon handicap n‘a jamais rebuté, un de mes bras de rivière a fait déborder le bénitier. Choc froid de l’acier sur le sol suivi de celui mat d’un corps inerte qui aurait mérité un bon essorage. Du haut de sa croix, un bonhomme sanguinolent, style Jésus en croix, m’adresse un clin d’œil dans lequel je lis, en toutes lettres : P O S S I O N C A M. Bien évidemment un message codé dont je ne comprends goutte.

Le jour de mes 10 ans, fier de l’acte de bravoure qui m’avait conduit à perdre mon pucelage, mon père, érudit féru de symbolique et lecteur assidu du Chasseur français, m’avait offert un culbuto. Lequel, bien avant l’accident qui devait me priver de mes membres inférieurs et m‘absoudre une fois pour toutes de ne pas ôter mon chapeau devant les dames m‘avait montré, par l’exemple, comment s’y prendre pour se relever de situations périlleuses. Conséquence de l’accident, prendre la poudre d’escampette en cas d’urgence ne me serait désormais plus possible. Conséquence de cette conséquence, les bras m’en étaient tombés, ce qui m’avait amené à faire l’homme tronc dans les églises. Paul Emploi et sa copine Anne Péheux s’étaient employés à m’y trouver emploi.
Je m’ébranle, me tortille façon technique culbuto et me lance. Pour me retrouver les quatre fers en l’air, façon de parler, à deux doigts, que je n’ai pas, de l’objet autant métallique que létal : l’arme du crime. Tant d’efforts m’ont mis en nage. Deux rapides crawls reptiliens tintinnabulants m’en rapprochent. Quelques pièces de monnaie roulent sur le sol, vite submergées puis emmenées par mes flots dont le degré de salinité a grimpé. Mon tronc est en train de se vider, constatè-je, amer. Le revolver et le noyé ne sont plus qu’à un doigt de ma bouche gourmande prête à engloutir les preuves accablantes de mon inconduite. Plus béante qu’une bouche d’égout, elle va passer à l’action lorsque un de mes yeux arrière se fixe sur un tas de pièces tombées du tronc, qui ont résisté au courant. Que faire ? Ne pouvant prendre mon courage à deux mains, pas plus que les jambes à mon cou, je me tourne vers la croix pour attendre un signe. Il me sourit, et de ses lèvres entrouvertes jaillissent une à une les lettres C O M P A S S I O N. Aucune idée de ce qu‘il veut me dire. L’heure n’étant pas à la consultation d’un dictionnaire, je laisse mes flots gronder, gonfler, puis embarquer les deux choses encombrantes qui jamais ne connaîtront l’honneur d’être des pièces à conviction, pendant que quelques grandes âmes et bons seigneurs s’activent à remettre les piécettes à leur juste place : le tronc dont je suis fait.
Sans attendre mon reste dont j‘ai depuis longtemps été amputé, ni m’attarder sur les larmes d’émotion qui coulent de mes yeux, je n’en sais la raison, je déserte les lieux en prenant le large. Je le gagne, je m’y fonds et laisse le soleil à son ouvrage. Demain, il pleuvra.

cycle_eau

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J’ai la mémoire qui flanche…

J’ignore si je perds la mémoire ou si en fait je n’en ai jamais eue, mais sitôt la déclaration d’impôt reçue ; sitôt les factures de gaz, d’électricité, d’eau échouées dans ma boîte aux lettres ; sitôt glissée sous ma porte (close) la note du bistroquet qui me rappelle mes consommations impayées… je les oublie. Et que l’on ne me parle pas de procrastination, car ça n’en est pas, et même si c’en était, en voilà une belle affaire ! Et aucun courrier n’échappe à cette règle. Quand même pas les lettres d’une belle inconnue, vous ois-je oiser, comme si vous n’aviez rien d’autre à faire. Primo, je ne vois pas pourquoi une inconnue m’écrirait, tertio, vous avez vu ma gueule ? Non, sinon vous éviteriez de dire de telles sottises. Quoi, le secundo ?
Pourtant, je n’oublie pas tout. Les numéros de téléphone, par exemple, j’en retiens presque toujours 20%. D’accord, je ne suis pas le seul, mais quand même. Votre numéro de portable, pour ne citer que lui, je me rappelle très bien les deux premiers chiffres.
N’empêche que j’ai la mémoire qui flanche, au point que je ne me souviens plus très bien de quelle couleur étaient ses yeux. Les yeux de qui ? vous demandez-vous. Hé quoi ? Vous aussi vous avez des pannes de mémoire ?
Plus les choses sont importantes, moins je me les rappelle, quand bien même j’userais de ma voix de stentor pour les faire revenir. La moindre opération, même bénigne et pour laquelle aucun diagnostic vital n’est posé, s’avère impossible à faire, pour peu qu’il y ait des retenues. D’ordinaire, j’apprécie pourtant tout ce qui sait avoir de la retenue, mais s’agissant des additions ou multiplications (ne parlons pas des divisions), c’est la catastrophe. Je pose 5 et je retiens… rien. Les résultats s’en trouvent naturellement faussés et je ne tarde pas à recevoir une lettre de ma banque me signalant un méchant découvert, ce qui, frimas venus, ne pourra que m’amener une saleté de rhume. Que je mettrai une éternité à soigner, ayant oublié la destination du collutoire et à quelle partie du corps les suppositoires sont dédiés.

Mais il y a pire. Géniteur émérite d’une floppée de 12 enfants, je ne retiens pas plus leurs prénoms que leur âge. Pour le sexe, L…, mon épouse (me semble-t-il), a eu l’excellente autant qu’originale idée de les vêtir d’habits bleus pour les garçons, de vêtements roses pour les filles, ce que, à force d’être repris par les unes et les autres j’ai réussi à retenir, malgré le léger daltonisme dont j’ai hérité. Par mesure de précaution, elle avait aussi décidé que les filles porteraient des jupes, tandis que les garçons porteraient la culotte, conservant en cela une tradition ancrée depuis longtemps dans sa famille.
Lola, mon épouse, Louise, Lolita, L…, je l’ai connue grâce à Johnny Hallyday, me rappelle-t-elle à chacun des anniversaires de notre rencontre, donc chaque mois de … C’était dans une guinguette, souviens-t-en, insiste-t-elle. On avait dansé sur sa chanson, Retiens la nuit. Mais si. Ne me dis pas que tu aurais oublié jusqu’à l’année !
Je n‘ai jamais compris que les gens qui connaissent la réponse à une question me posent la question en question. Bref, je n’ai retenu ni l’année, ni le titre de la chanson, et ni surtout la nuit qu’on aurait soi disant passée à batifoler et mieux que ça, mais je veux bien le croire.
Retiens-toi m’avait-elle dit à plusieurs reprises, ça n’est pas le moment. J’avais dans l’instant oublié ce qu’elle venait de me dire, et 9 mois plus tard était né notre premier enfant.
Retiens-toi ! Pourquoi croyez-vous que j’ai autant de gamins ?

Puisqu’en fait il m’est quasiment impossible de retenir quoi que ce soit, je ne peux même pas parler d’un manque de mémoire.
Les trous de mémoire sont les impacts de certaines expériences négatives qu’on aurait préféré ne pas vivre, m’a dit un jour mon psy en présence de ma femme qui s’est fait un devoir d’assumer le rôle de biographe, sans lequel je ne pourrais pas vivre. Sinon, tu serais dépendant, m’a-t-elle claironné. Elle n’a pas tort.
C’est à la suite d’un accident tout bête qu’elle avait décidé de m’accompagner où que j’aille, y compris aux toilettes lorsque je m’y rends pour me soigner, boîte de suppositoire et collutoire en main.

C’était un jour de grand vent. J’arpentais une rue étroite lorsqu’un bruit curieux m’avait fait lever les yeux. Un son de frottement, d’abord lent, puis allant en s’accélérant. Enfin plus rien. Une tuile arrachée par le vent, avais-je finement constaté en la voyant tomber à MA verticale. Le temps d’oublier ce que j’avais vu et perçu comme étant un danger évident, elle avait atterri sur mon crâne où elle s’était brisée de façon dommageable, surtout pour ma personne. Lorsque je m’étais réveillé sur un lit d’hôpital une dizaine, une vingtaine de jours cinq ou six jours plusieurs jours plus tard, j’avais demandé à mon épouse qui était ce type à la gueule défoncée qui était là, à me regarder, l’air abruti. Mais c’est toi, mon pauvre chéri, m’avait-elle appris.
Pourtant, me regardant dans le miroir, il m’était déjà arrivé de ne plus me souvenir de ce à quoi je ressemblais, ce qui m’avait un rien troublé, du moins la première fois.
Tu es sûr que c’est moi ? Je lui avais demandé, empli de doutes.
Elle m’avait répondu oui, mais que là, et pour une fois, c’était tout à fait normal que je ne me reconnaisse pas.
Les trous de mémoire, ça se bouche, m’a dit récemment mon psy qui a l’air de s’y connaître en terrassement. Réfléchissez-y.
Non merci, je lui ai répondu, en voyant le mot RESPONSABILITÉ clignoter en rouge quelque part dans ma boîte crânienne.

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La vie des animaux

C’est par un ouf ! de soulagement, parfois un ouaf ! que les animaux domestiques ont pris connaissance de la loi votée en leur faveur, il y a peu, si on fait référence à la date du déluge et à l’âge de Noé alors, lequel Noé aurait pu éviter d’embarquer sur son transatlantique puces, morpions, poux et autres gentillesses.

Mais la déception a été grande parmi les autres bestiaux qui n’en attendaient pas moins. Rappelons-leur cependant les nombreuses mesures de protection des espèces qui ont été prises, et pour lesquelles peu d’applaudissements sont sortis de leurs rangs. À titre personnel, je tiens tout de même à leur faire remarquer que, il n’y a pas si longtemps –période bénie diront certains que je ne suivrai pas dans de tels propos–, les femmes n’avaient pas plus de droits qu’ils n’en ont. Depuis, à force de seriner les bonshommes et de les embobiner, elles en ont gagné. Comme on peut s’en apercevoir en musardant dans les pays où règnent ces joyeux lurons des pays islamique qui n’ont attendu personne, et surtout pas les dégénérés des démocraties occidentales, pour  accorder aux femmes ce droit suprême de se la fermer et de se plier avec grâce à leurs plaisantes fantaisies.
Aussi, que les animaux mécontents, chacals, chameaux, gazelles et autres qui hurleraient, blatèreraient beugleraient ou râleraient sous prétexte que leur statut n’a pas bougé d’un poil se la ferment ou aillent se faire pendre ailleurs.

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Inquiétude chez les marchands de bateaux

Les migrants du bassin méditerranéen n’auront bientôt plus besoin d’embarquer à bord des merveilleux bateaux censés les amener sur les magnifiques rivages européens. Chaussés d’une simple paire de tongs achetée trois francs (CFA) six sous (CFA) dans leur joli pays, ils pourront d’ici peu traverser la mer les pieds quasiment au sec. De très jolis ponts flottants sont en effet en train d’être installés d’une rive à l’autre. Sachant qu’un cadavre lambda mesure environ 1,70m, un de ces ponts n’attend plus que ses 5000 derniers cadavres pour être mis en service.

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Cochon et religions aux Presses universitaires d’Oxford

Liberté d’expression, langue de bois et foutage de gueule.

Afin de ne pas froisser la communauté juive ou musulmane, les Presses Universitaires d’Oxford banniraient cochons et saucisses des livres pour enfants.
Et les enfants chrétiens, nom de dieu, ils comptent pour du beurre ? Que nos chères têtes blondes (les vrais chrétiens sont blonds) qui passent leur temps à bouquiner découvrent au hasard d’une lecture du merlan frit, du maquereau, de la morue, bref du poisson, voire simplement des oeufs de lump (on dit aussi lompe) ou du caviar (miracle de l’image qui le rend accessible à toutes les bourses) est tout simplement inadmissible. Je ne parle pas des sardines dans cette chanson terrible de Patrick Sébastien, qui devrait être mise à l’index, haut la main, ben tiens ! Ni du 1e avril qu’on devrait purement et simplement supprimer.
Aujourd’hui, quand je pense qu’en cours d’anglais, en 6e, notre prof d’anglais nous faisait répéter « The big pig sit in the dish » jusqu’à ce qu’on le prononce à la perfection ! D’autant que cela se passait dans une école militaire, était-ce digne de la République ? Et connaissant les liens étroits qui ont toujours uni l’église et l’armée, n’était-ce point criminel qu’un tel prof enseigne dans un tel établissement ?

on_est_des_cochons

Une manif pour la liberté d’expression s’est encore déroulée dans la capitale. C’est tout simplement honteux et scandaleux, et cela montre bien l’état dans lequel se trouve la France et d’autres pays de cette Europe décidément bien malade. C’est ni au Maghreb, ni au moyen orient, ni dans aucun pays musulman et ni, peut-être- en Israël, que cela risquerait d’avoir lieu. On sait se tenir, là-bas, et sûr qu’Oxford University Press y trouverait son compte ses comptes.

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Des terroristes qui ont un bel avenir devant eux

Au nom de la haine qu’ils ont de ce qui est différent d’eux, quelques terroristes plus stupides que la moyenne (des terroristes), justifient leurs actes de lâches au nom de Dieu, plus pratique qu’un Hitler, Staline ou leurs semblables, un Dieu dont ils se servent, abusent, desservent et que, fondamentalement, ils détestent, sans doute parce qu’ils savent qu’il n’est pas dupe. Imbéciles et orgueilleuses brebis fourvoyées que l’égarement a rendu mauvais et a transformées en bêtes sauvages, féroces et indomptables, ce ne sont pas des électrons libres, mais des électrons fous dont le but est de semer le chaos. Peu importe alors le pourquoi de leur errance qui ne finira qu’une fois que, jouant leur jeu, des juges compréhensifs et prêts à satisfaire leurs fantasmes les auront légalement accrochés à des esses de boucher.

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Panneaux de signalisation dangereux

Dzing ! Un mois en arrière, je me suis pris un panneau de signalisation en pleine gueule. Le poteau de cette saloperie de panneau, une interdiction de stationner. Je me suis retrouvé sur le carreau.
Traumatisme crânien, m’a dit un toubib à mon réveil, 24 heures plus tard. Vous aviez ça épinglé sur vous, m’a-t-il dit en me tendant une contredanse. 35€, mon stationnement empiétant prétendument sur un passage piéton.
« Ah les cons ! » m’a dit mon avocat. « Mais on ne va pas en rester là. »
L’hosto, très peu pour moi. Et effectivement, je n’y suis pas resté. Le temps de me faire faire un constat médical et de me faire octroyer un solide arrêt de travail, et zou ! j’ai regagné mes pénates. En repassant par le lieu du drame où le panneau coupable –le seul panneau dans un rayon de 100m– me narguait du haut de ses 2 mètres. Bien sûr, ni avis de présence d’un obstacle, d’appel à la prudence, ni avertissement du danger que peut représenter un tel panneau pour un piéton, ni la recommandation de regarder où on met les pieds, pas plus que l’obligation de porter un casque ; bref pas la moindre information visuelle ou parlée qu’on est en droit d’attendre lorsque rôde le danger.
« Faut porter plainte ! » m’a suggéré mon avocat. « Et je vais vous dire, ça va leur coûter bonbon, à ces cons ! » m’a-t-il effectivement dit.
L’affaire a fait grand bruit, et on a obtenu gain de cause. Pas huit jours plus tard, placés aux 4 coins cardinaux autour du panneau coupable, des panonceaux solidement fixés sur des poteaux en ferraille prévenaient les passants du danger. Des panneaux d’une esthétique douteuse, mais des panneaux dont l’utilité ne saurait être mise en doute. Hélas sans rien qui indique leur présence ou qui fasse penser qu’il puisse éventuellement y en avoir.
Cela ne pouvait qu’arriver : deux touristes, une mère de famille et son gamin, un cul-de-jatte et un quelconque quidam se sont fâcheusement heurtés à ces nouveaux panneaux, avec les conséquences qu’on peut aisément imaginer.
Ramdam au tribunal ou le bruit avait enflé. Dix jours plus tard, fermement plantés tout autour des quatre nouveaux panneaux coupables, de nombreux écriteaux signalaient le danger. « Danger : ralentir le pas – Attention aux panneaux – Port du casque obligatoire – Risque d’accident : ouvrez l’oeil – Danger : panneau de danger à 10 mètres – etc. » Marcher dans ce coin de ville était devenu un peu compliqué mais, comme l’avait déclaré le maire, c’était le prix à payer pour que ses administrés et lui-même circulent à pied en toute sécurité.

De nouveaux panneaux ont amené de nouvelles plaintes qui ont amené la commune à installer de nouveaux panneaux de signalisation.
Au conseil municipal, un idiot de l’opposition avait suggéré qu’on baptise le coin « Place du gymkhana ».

Si j’ai payé le PV de 35€ ? Non. Et aujourd’hui, majorations de retard comprises, j’en suis à pas loin de 400€.
« Ah les cons ! » m’a encore dit mon avocat. « Mais on ne va pas en rester là. »

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Du peu d’intérêt qu’il y a à être pauvre

Ce n’est pas rentable d’être pauvre, malgré la commisération et la pitié dont on peut faire l’objet, ce qui, question intérêts, ne pisse pas loin.
S’ils savaient ça, les pauvres économiseraient pour s’acheter des préservatifs afin d’éviter d’engendrer de futurs pauvres. Naître pauvre permet au moins d’avoir une certitude dans la vie : le rester. Et tant mieux pour les riches. Plus une autre, celle d’avoir moins longtemps à supporter leur condition, puisqu’ils vivent moins longtemps. À part quelques heureux élus qui, non contents de passer leur temps à tirer le diable par la queue, vivront si longtemps qu’ils feront mentir les statistiques. Longtemps et en mauvais état, car la santé est un privilège qu’ils ne peuvent s’offrir.
Les bébés pauvres sont mal nippés et grandissent dans des vêtements trop grands, ceux qu’ont porté avant eux leurs nombreux frères et soeurs. Les loisirs coûtant bonbon, il ne reste aux pauvres parents que la pratique d’activités sexuelles simples dont le résultat est la naissance d’une nombreuse progéniture. Ce qui a pour résultat d’en rajouter à leur dénuement.
Les parents pauvres nourrissent mal leurs mioches et, sans obligatoirement les maltraiter, ils n’accordent que peu d’importance à leur santé et à leur bien-être. Les couches qu’ils achètent, conditionnées par paquets de 6, leur reviennent plus cher, bien qu’elles soient d’une qualité médiocre. Mal absorbantes, elles se délitent et font des boulettes, puis provoquent de l’érythème fessier à répétition. Les pleurnicheries qui s’ensuivent excèdent à ce point les parents que le père va faire un tour (le bistrot n’est pas loin) et que la mère pousse au maximum le volume de la télé. Les pauvres ont la télé, qu’ils paient à crédit deux fois plus cher que le prix normal, celui des plus riches.

Les pauvres ont très vite de vilaines dents, de vilaines lunettes en ferraille et sont soit obèses, soit maigrichons. Ils mangent mal, et jamais bio et pensent plus à bouffer qu’à s’alimenter.
Si certains enfants pauvres sont beaux, c’est rare et ça ne se voit pas, à priori.

Pour passer leurs nerfs, car les pauvres sont envieux, tendus et aigris, les parents pauvres ont tendance à picoler, se chamaillent, battent leurs enfants s’ils n’ont pas de chien, noient le cochon d’Inde de la petite dernière dans l’aquarium où flotte mollement un vilain poisson rouge en plastique. Les enfants, eux, en guise d’activités culturelles, arrachent les pattes des mouches, font faire la course aux cloportes, font fumer les crapauds, attachent un fil à la patte des hannetons pour les faire tourner en rond ou, à l’occasion, crèvent les yeux du chat de la villa du bout de la rue. Ils se bagarrent, poussent des cris de gorets, tirent les cheveux des filles et donnent des coup de pied dans les tibias des assistantes sociales. Plus tard, ils traîneront, dealeront pour les plus costauds et débrouillards ; tabasseront des pompiers, caillasseront les keufs et mettront le feu à des bagnoles au nouvel an, pour les autres.
L’école primaire des pauvres, c’est la communale. La seule matière où les gamins pauvres excellent, c’est le touche-pipi. Les connaissances qu’ils acquièrent dans ce domaine leur serviront plus tard lorsqu’ils organiseront des tournantes. À la maison, règne la braillante, ce qui n’empêche pas les enfants pauvres de sortir leurs affaires de classe sur la table de la cuisine autour de laquelle ils se chamaillent pour avoir la meilleure place : celle en face de la télé. Un enfant pauvre à beau s’appliquer et apprendre ses leçons, il ne récoltera qu’exceptionnellement le juste fruit de son travail.
Lui apprendre que c’est ainsi pourrait lui éviter de cruelles déceptions lorsqu’il sera confronté au monde du travail, mais ses parents, ayant appris à faire avec, ne voient pas pourquoi ils le mettraient en garde. Par ailleurs, encore faudrait-il qu’ils soient conscients de ce phénomène.
Le gosse de pauvre obtient son premier vélo en échangeant une montre ancienne dont il n’a aucune notion de la valeur contre le vieux clou d’un gosse de riche (celui de la villa du bout de la rue). Montre qu’il aura chapardé à sa mère, qui la tenait de sa mère, qui elle-même… S’il reste sa vie durant avec le poids de ce larcin sur la conscience, c’est parce que très tôt le sentiment de culpabilité lui aura été inculqué. Les pauvres ont tort, ne serait-ce que d’être pauvres.

Parce que se marier et faire des enfants est à la portée de toutes les bourses, les pauvres se passent tout autant la bague au doigt que les riches, mais presque exclusivement entre eux, car ils n’ont pas le choix. Ils font de grandes fêtes, invitent leurs nombreuses familles, ce qui leur coûte fort cher, mais rien n’est trop beau pour qui veut péter plus haut que son cul. Les pauvres aiment montrer aux autres pauvres que –eux–, ils ont les moyens. Mariage payé à crédit, qui grèvera lourdement leur budget.

Les pauvres, se refusant de passer pour ce qu’ils sont à cause de la honte qu’ils en éprouveraient, achètent neufs les biens de consommation (de mauvaise qualité) qu’ils convoitent (les pauvres convoitent, tandis que les riches désirent). Ils paient très cher à crédit ce qu’ils n’auront ni les moyens d’entretenir, ni de faire réparer, ni de changer. Rapidement obligés de se serrer la ceinture pour joindre les deux bouts, ils ne sortent plus, mangent de moins en moins bien et finissent par passer leur week-end au lit où ils font de nouveaux enfants. Si leur télé tombe en panne, que les chaussures des gamins ont vraiment besoin d’être changées ou que, Noël approchant, il va bien falloir faire des cadeaux, ils finiront par acheter discrètement d’occasion.
C’est aussi d’occasion qu’il leur faudra bien, un jour ou l’autre, changer de véhicule. Ils paieront 1000€ un tacot qui n’en vaut pas 500 et pour lequel ils devront dépenser 3 ou 4 fois plus pour pouvoir s’en servir raisonnablement. Rien ne les empêche, cependant, de se déplacer en train en profitant de tarifs réduits grâce à la carte de famille nombreuse à laquelle a droit toute famille d’au moins 3 enfants. Ce dont bénéficient également les riches,  entre parenthèses.
Quoiqu’ils achètent, service ou bien de consommation, les pauvres paient le prix fort, et jamais la moindre remise ne leur est proposée, ni le moindre avantage. Ils paient deux fois plus cher le moindre découvert bancaire que ne paie le riche pour un découvert au centuple.
La maison de leur rêve qu’ils arriveront à s’acheter au prix de gros efforts –les pauvres sont courageux, obéissants et travailleurs (au point qu’ils ne rechignent pas à la tâche, surtout si celle-ci exige qu’ils courbent le dos)–, se révélera être un cauchemar. Mal finie et mal isolée, les notes de chauffage seront salées et ils n’auront ni de quoi y faire face, ni de quoi poser une isolation digne de ce nom.
Ne sachant négocier les prix, obligés au crédit et au matériel d’occasion, les pauvres paient le tarif fort. En cas de sinistre, et étant mal couverts, ils sont de magnifiques proies aussi bien pour les assureurs que pour les professionnels de santé (notamment chirurgiens) et les vendeurs d’encyclopédie, d’aspirateurs, de double vitrage, de produits anti-tout, et de rêves.
Les pauvres n’ont droit à aucun égard, à aucune considération, mais ils s’y habituent très tôt. Ceux qui y rechignent peuvent finir par s’en sortir, mais leur mauvais goût (le bon goût c’est le goût des riches) les désignera comme étant de basse extraction. Accusés de trahison par les pauvres restés sagement à leur place, ceux-ci changeront de trottoir lorsqu’ils les croiseront et ne leur adresseront la parole ni pendant les parties de pétanque, ni au bar-tabac-PMU que les pauvres fréquentent assidument. Rejetés par les riches dont le destin était d’être riches, ils n’auront jamais leur carte du Cresus’s Club, ni celle bancaire Private Gold. Les portes qu’ouvre celle-ci leur resteront fermées.

Les riches meurent tout autant que les pauvres, et sont généralement mieux soignés et entourés que ces derniers. Ils vivent souvent plus longtemps qu’eux. Comme les pauvres durent moins longtemps que les riches, on pourrait s’attendre à ce qu’il y en ait moins, ce qui serait oublier leur rendement en terme de reproduction de leur espèce. En n’importe quel instant, il y a plus de pauvres sur Terre qu’il n’y a de riches. Et plus il y a de pauvres, moins il y a de riches, et plus les riches s’enrichissent. Car les pauvres, on l’a vu, sont les vaches à lait des riches, voire leurs poules aux oeufs d’or corvéables à merci.

cercueils

Une pénible et longue maladie aura mis fin à la vie misérable d’un pauvre, que personne ne pleurera ni ne regrettera lors de l’enterrement. Le crash, au-dessus d’une île paradisiaque, du jet privé d’un riche sera l’occasion de belles funérailles où il sera de bon ton de montrer l’affliction que l’on éprouve en même temps que les toilettes de haute couture d’un goût exquis que l’on aura dénichées pour l’occasion. Quelques proches, cependant, se réjouiront avec cette décence qui n’appartient qu’aux riches et qui n’est pas sans montrer cette grandeur d’âme qui leur est propre.

Les cendres des riches se retrouvent à graviter autour de la Terre ou dans de magnifiques urnes devant lesquelles viendront se recueillir d’heureux héritiers, tandis que celles des pauvres, serviront, au mieux, à absorber les déjections d’un chat de gouttière galeux. Le plus souvent, encore de nos jours, on inhumera les corps pomponnés des riches, tandis que les restes en état désastreux des pauvres iront pourrir sous quelques pelletées de terre caillouteuse. Toujours bien entretenues, les sépultures rutilantes des riches seront couvertes de fleurs fraîches ; les tombes des pauvres, faites d’un mauvais mortier qui se désagrégera rapidement, ne connaîtront, au mieux, que d’horribles fleurs artificielles en plastique plus les jets d’urine avisés des clebs de passage.

Vraiment, ce n’est ni rentable, ni bien agréable d’être pauvre. On peut alors se demander en quoi réside l’intérêt d’être pauvre.
Pourtant les pauvres restent pauvres et continuent à servir les riches, avec pour résultat de pérenniser la richesse des nantis, donc d’en rajouter à leur pauvreté.
Ce qui est très con, reconnaissons-le.

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Mais où sont les lièges d’antan ?

Ivrogne invétéré, mais pas que ça, et ouvert à toutes sortes de breuvages, pourvu qu’ils soient honorablement pourvus d’alcool, donc ne titrant jamais moins de 13,5°, me voilà atteint d’un tire-bouch’ elbow. Maladie professionnelle, ai-je dit à la sécu qui m’a envoyé sur les roses. On est bon citoyen, on fait marcher le commerce et on remplit les caisses de l’État, on ne rechigne pas sur la couleur, et quoi ? on nous refuse l’assistance qu’on est en droit d’attendre comme toute personne en danger. Une lettre au ministre de l’agriculture à qui je demandais d’intervenir m’est revenue. Les rats sont partout. Une autre adressée à la CVRN (Confédération des Vignerons Récoltants et Négociants), dans laquelle je demandais une indemnité, ne serait jamais arrivée. « On va où ? » j’avais demandé à l’entour.
«Prends un avocat», m’avait suggéré Dédé, le patron de « Chez Dédé », mon annexe. Le 2e bureau, on dit entre nous. «Parce que merde, va bien falloir qu’ils arrêtent leurs conneries avec leur saloperie de bouchons en plastoc. Que moi aussi, je m’en ai chopé un de tire-bouch’ elbow. Et la sécu, j’te jure qu’ils ont intérêt à le considérer comme maladie professionnelle, manquerait plus que ça qu’ils m’envoient chier. Ouais, on va ou? On y sait pas, mais on y va avec leurs conneries, que l’économie du pays, faut pas chercher loin pour comprendre le comment du pourquoi qu’elle est dans les choux. »

 

Et c’était parti.

— On était de loin le premier fabricant de bouchons en liège, et aujourd’hui, à part les bouchons de la circulation où faut reconnaître qu’on tient encore la route, on est loin derrière les Ritals, et va savoir si le Lichtenstein fait pas mieux. Pareil pour les ouvre-boîtes, ceux tout cons et pas compliqués qui se trouvent partout. Number one mondial, on était.

— T’oublies les pinces à linge, les limes à ongle, les trombones. 2e producteur mondial, qu’on était pour les trombones, c’est quand même pas rien, les trombones, et c’est autre chose que les agrafes des Allemands. C’est la même boîte qui faisait les épingles de nourrice. 2e aussi, à une coudée de l’Italie. Maintenant, on est en queue de peloton.

— J’oublie rien du tout. Les capsules de bière, vous savez combien on en fabriquait ? Je m’en rappelle plus, mais on était juste derrière la Belgique, alors qu’aujourd’hui on est au 25e rang. 25e rang, vous vous rendez compte ? Kif-kif pour les stylos bille (on avait la 1e place, on en a reculé de 20), les punaises (3e place, la 32e aujourd’hui), les muselets (la 1e, et de loin, qu’on vient de perdre), les petites cuillers (la 16e après un recul de 15 places), les couteaux, sauf les suisses (1e place il y a peu, la 30e aujourd’hui), les allumettes (la 2e derrière la Suède en 1969, la 19e à ce jour), le papier hygiénique (4e place derrière l’Ecosse, l’Allemagne, Israël alors qu’on avait la 1e). Ah ! elle est belle la France. Et c’est pas fini. Attendez que tout me revienne…

Faisant appel à notre savoir encyclopédiques des choses de l’économie, chacun était allé puiser dans sa boîte crânienne ce qu’il y avait déposé au fil des ans. Y étaient passés les boutons de culotte (1e producteur, devenu le 48e), les douilles en laiton à baïonnette (2e producteur derrière la Prusse l’Allemagne en 1936, 35e en 2013), les dés de 421 (41e, contre 4e en 1968), la colle blanche Cléopatre (seulement 12e alors qu’on était 2e juste derrière l’Egypte), le fil à couper le beurre (1e, puis 5e) et celui à couper le fromage (2e, puis 12e), les boutons de manchette (3e derrière le Royaume Uni et l’Italie, seulement 19e aujourd’hui), les serpillières (2e derrière le Portugal, 37e en 2009 ), les tonnelets pour chiens Saint Bernard (2e derrière l’Espagne, alors qu’on était encore les premiers en 2011), les lacets de chaussure (classement incertain), les plumes Sergent-major (1e producteur très loin devant les autres pays jusqu’en 1955, plus que 15e en 1972, non classé en 2010), et tout un tas d’autres fleurons de la production industrielle et artisanale qui firent de la France, durant de longues années, la puissance économique jalousée par de nombreux pays, mais gaussée aujourd’hui.
Petits suisses (génériques), choux de Bruxelles, champignons de Paris, bœuf charolais, et autres denrées avaient été évoqués, mais nous en avions assez avec les produits manufacturés pour nous dire, attristés, qu’aujourd’hui, le pays était bel et bien foutu. À moins que dans un sursaut patriotique qui le mette à l’ouvrage il ne recouvre sa place de leader pour ces glorieuses productions, et la garde, outils en main et arme au pied, comme il l’avait gardée sans interruption pendant plus de 125 années pour les aiguilles à tricoter, sur une durée de 45 ans pour les casquettes de facteurs, et durant plus de 150 ans pour le drapeau tricolore, aujourd’hui majoritairement fabriqué à l’étranger, quelle tristesse et quelle honte !

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Objectif : pognon

De n’être ni comptable, ni matheux ne m’empêche pas de rêver de chiffres qu’une litanie de nombres rend difficile à lire. Mes rêves sont d’autant plus beaux que les chiffres que j’y vois, suivis de ces très jolis symboles que sont les €, $, Ɏ, ¥£, sont inscrits au crédit de mes relevés bancaires. Chiffres abstraits que mes neurones loin d’être endormis transforment en liasses épaisses. Un souci esthétique m’y fait ajouter quelques piécettes et lingots d’or. Profitant de cette richesse et du sentiment de sécurité qu’elle apporte, je dors, détendu et sourire aux lèvres.
L’avenir appartenant à ceux qui se lèvent tôt, celui sans limite que je me promets en rêve se réduit hélas à néant dès les toutes premières notes rouillées de mon réveil-matin, un engin antédiluvien qui se prend pour un gallinacé, et que je me promets, chaque jour que dieu fait, de mettre au rencard.
Évanouis mes rêves d’aisance matérielle, je maugrée en déplorant de n’être pas né une cuiller en argent dans la bouche et un sceptre d’or dans le fondement, comme ces enfants bien nés engendrés par des affairistes dont la vertu première est de savoir faire profits sur profits pour le profit. Ce que permettent quelques rares activités commerciales ou industrielles d’un lucratif hors-pair, dont la pérennité ne risque pas d’être mise à mal, la collusion pouvoir-argent veillant au grain.
Pas de père dans l’industrie pharmaceutique, pas d’oncle cigarettier, pas de tante tenancière d’un bordel huppé pour VIP et chef d’un réseau de prostitution, pas de frangin à la tête d’un cartel de trafic de drogue, pas un seul ami dans l’industrie de l’armement ou le trafic d’armes (c’est la même chose), pas un copain dans les réseaux juteux de passeurs, pas la moindre relation avec un politicien véreux ou un lobbyiste de poids ; bref, pas une seule connaissance redevable œuvrant dans ces sphères qui brillent au soleil et posent, dédaigneux et pleins de morgue, dans ces tribunes où s’affiche le pouvoir.

“Né sans un”, comme on dit, sans doute finirai-je sans plus. Ce ne sera pourtant pas faute d’avoir essayé, mais non content de naître pauvre, je suis né con, sans tablettes de chocolat et sans gueule d’ange ou de démon. Raison pour laquelle je n’ai jamais réussi à percer dans ce monde d’affaires où j’ai cru pouvoir faire affaire en essayant de bien faire mal faire faire mal faire du mal, à l’instar de quelques surdoués que j’ai essayé de prendre plus ou moins pour modèles.
Très tôt, et alors que mes petits camarades arrachaient les mouches des ailes ou attachaient un fil à la patte des hannetons, sans doute pour leur éviter de s’égarer, j’étais à peine capable de découper en rondelles les vers de terre et d’écraser gendarmes et cloportes à coups de talons rageurs. La seule fois où j’ai voulu dégommer un nid d’oiseau à l’aide d’un lance-pierre que j’avais malhabilement fabriqué, je m’étais cassé le pouce gauche en même temps que le piaf m’avait déféqué sur le crâne. Tandis que les filles montraient leur culotte pour pas un rond aux autres garçons, je devais quant à moi débourser une somme exorbitante en bonbons que je n’avais d’autre choix de chouraver à l’épicerie du quartier. Mon trafic de clopes, que je piquais à l’amant de ma mère, m’a rapporté en tout et pour tout une série d’yeux au beurre noir de la part de mes clients, plus une dérouillée gratuite offerte par mon fournisseur. Devenu raisonnable (venus mes sept ans) et aguerri par mes expériences, j’ai traficoté des bombes à eau maison ; des lance-fléchettes ; des bombinettes à base de désherbant, sucre, charbon de bois, nitrate et je ne sais quoi. Vouloir échanger ma sœur contre un tour de mobylette, celle d’un copain, m’a valu de recevoir une danse de tous les diables, ce qui mit un terme définitif à mes prétentions de proxénète. Plus tard j’ai tout essayé et tout essuyé, mais on ne s’invente pas, et mes tentatives de devenir un honnête trafiquant en quoi que ce soit se sont heurtées à la dure réalité : il y en a “qui ont de quoi”, d’autres non. Dont je fais partie.

Tandis que, pétant dans la soie, des salopiots que je jalouse vivent comme des nababs en emmerdant royalement le monde, ma vie ressemble à celle des cloportes que, fier de moi, j’écrasais. Finauds comme pas deux et sûrs de leur impunité ces salopiots s’arrogent le droit d’exploiter des ressources qu’ils déclarent être les leurs ; empuantissent l’atmosphère en vendant les poisons qu’ils y déversent ; pressurent les gens pour en extraire ce qui les enrichit, eux ; dictent leurs lois aux gouvernants qui baissent l’échine ou leur lèchent la main ; vendent à prix fort les merdes (aliments, médicaments, merveilleux objets qu’une obsolescence rapide désigne comme étant fondamentalement superflus) qu’ils produisent ; par l’entremise des médias auxquels s’agriffent leurs mains avides, ils abrutissent, manipulent, embrigadent, enrégimentent les gens qui s’acculturent au profit d’une culture où domine l’obéissance béate à leurs règles dictées par leur seul intérêt. Usant du pouvoir que confère la puissance de l’argent, mais jamais rassasiés, ils mettent en place les conditions nécessaires pour que se déversent les haines et se déchaîne le feu des conflits. Qu’ils sauront attiser en livrant toujours plus d’armes.

Nos enfants, pour survivre, devront-ils instaurer un tribunal pour y juger ces princes de la malfaisance ?
Non, car je compte bien, d’ici là, réussir à rejoindre leurs rangs. Comme tant d’autres. Et me faire un pognon fou. Une multinationale de pompes funèbres devrait faire l’affaire.

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Fugitif

Comme ceux qui n’ont pas d’adresse il est gauche, ne sachant où il demeure. Il est en errance.
Il n’a ni toit, ni gîte, ni âtre où réchauffer sa couenne et sa boîte de corned-beef, la dernière. Rouillée, car longtemps conservée, au cas où quelque chose serait à fêter. Une que des soldats lui ont donnée en échange d’un silence.
Supplique ou menace, « taisez jusqu’à nos ombres », avaient-ils insisté. « Et nos abandons. Nous sommes les déserteurs, de toutes races les chiens sont à nos trousses. Nos munitions sont épuisées, nos pieds sont gelés, déjà nos âmes sont transies ».
Il se taira, ici sur le chemin où cette assemblée d’arbres sait ce que trembler signifie lorsque paraît la cognée.
Il se retourne, il est seul, perdu en lisière des aboiements qui se rapprochent.
C’est l’ultime leçon, celle de la frontière, barrage, refoulement, épouvante. Puis l’amère douleur de la solitude.
Les sbires ont lâché les chiens et actionné ceux des fusils. Les balles sont parties, ont fait mouche, libératrices.
Les chiens se sont jetés sur la boîte de corned-beef réduite en bouillie.

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Le temps qui passe, la molle et autres emmouscaillements

Le temps,celui qui fonce tête la première et qui nous tire par les pieds pour les mettre devant, s’est dépassé ces derniers temps. Un champion, le temps !
On est en juin ou par là, un de ces mois pas plus crétin qu’un autre si on met décembre, janvier et quelques autres de côté. Un après-midi de juin ou mai, quelque chose comme ça, lorsqu’un méchant coup de moins bien me prend en traître. La molle, comme dit Jipé, Jipé, c’est comme un beau-frère, plus frère que beau, je galège, sauf dedans où c’est pas vilain. Un satané coup de molle  en forme de lame de fond qui fonce, comme pour rattraper le temps qui galope à toutes jambes, celle des minutes, la plus grande on se demande pourquoi, et l’autre, celle des heures, une faignasse. Le temps claudique, faut pas en douter. 

Une siestounette, me dis-je en m’affalant sur l’ersatz de sofa que j’ai habilement manufacturé à l’aide de cagettes de melon made in Cavaillon. Ce qui me fait dire que ça devait être en juin, quoiqu’on en trouve encore dans les rayons, en face du miel, en toute saison, d’autant en été. Ronflette. Du genre de celle moins longue qu’un jour sans pin, ça se passe dans le nord où il n’y en pas tant, à moins qu’ils ne se planquent derrière les fayards même pas bons pour faire des seilles où mettre la farine, ni pour y tailler des socques, que le plane, y’a pas mieux. 
Le bouzin du bûcheronnage, à côté des stridulations des cigales et des piafs qui gueulent à cause des réverbères qui réverbèrent la nuit, c’est déjà pas rien, faut me croire, mais la ronflette, c’est pas pire qu’elle ne dure que le temps qu’il faut pour s’en retrouver au pays des fraises.
Viens-en au faîte me lance un bucheron en circonflexant à mauvais escient. On n’est pas le 15 août, je ne suis ni vierge, ni je m’appelle Marie, mais me voilà étreignant le tronc, non pour le vider, mais pour le grimper. Dernières branches, en haut. Les mains résineuses, je me résigne à laisser tomber et à revenir sur terre. C’est sans compter sur un souffle divin aspirant qui me fait décoller, et je m’envole.
Pour me réveiller, c’est du moins ce que je crois, trois mois plus tard, ou aux environs.

Rien n’a changé. J’ai fourgué mon calendrier à un retraité des Pététés, offert ma montre à un montreur d’ours, mon sofa à un brocanteur et mes rêves de repos à l’éternité. Face à elle, le temps n’a aucune chance.

Après, Jipé a remisé sa tronçonneuse, troqué ses frusques d’homme des bois contre un bermuda et un t-shirt avec Pineau des Charentes scribouillé dans le dos et un magnifique Panetone gribouillé devant. Puis il a rempli les godets. Qu’il a bien fallu vider après avoir trinqué à notre santé à tous. Ce qui ne m’a vraiment pas fait de mal.

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Ukraine, Russie, Crimée et perte d’un bras à Sébastopol

Moi, je serais un Russe, faudrait pas compter que j’aille en Crimée pour défendre ces zigotos que le seul truc qu’ils veulent, c’est des roubles, et à l’oeil, s’il vous plaît. Je me suis déjà fait baiser par Poutine en Ossétie, me demandez pas où c’est-i précisément, à cause que les frontières, par là-bas sont à géométrie variable, une légère dérive du régime. Et quand je dis baiser, c’est pas du flan, pas plus du Franco-Russe qu’un autre. Te plains pas, qu’on m’a dit, tu devrais être content d’avoir plusieurs trous de balle, une rafale de Kalachnikov. Quel con le Miklhaïl, qu’a pas reçu le moindre poil de cul de rouble pour son invention, comme quoi le génie, c’est aux autres que ça sert. Bref, en Crimée, les Russes se passeront de moi.

Je serais Ukrainien, chacun sa vie et les problèmes qui vont avec, je vois pas pourquoi j’irais aller me trucider du popov, sous un prétexte que je ne connais pas, si j’oublie les razzias, les quelques menus massacres qu’ils ont commis par le passé, que je pourrais même regretter que les Allemands du IIIe Reich leur aient pas foutu la raclée.

Je serais Tchétchène, ça ne me gênerait pas plus que ça d’envoyer quelques volées de plomb sur des Russes, en Crimée, dans le Caucase ou n’importe où, mais désolé, et même si je n’y suis pour rien, je suis français. Un vrai de vrai Français, avec carte d’identité où c’est marqué que je suis français et des tas de papiers qui le confirment, comme ils confirment que mes ascendants sont aussi de vrais de vrais français SGDG. Français, avec une nationalité largement méritée depuis 1854, année où un mien aïeul, ô insondable tristesse et fâcheuse étourderie, a perdu un bras à Sebastopol, lors de la guerre de Crimée. Alors, que Russes et Ukrainiens se dépatouillent eux-mêmes et que Poutine fasse l’effort de se rappeler le contenu du Mémorandum de Budapest ! 

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Pollution

La pollution est le résultat des incompétences et aveuglements successifs des décisionnaires, ces êtres d’exception (selon eux-mêmes, leurs pairs et ceux qui, par leur soutien intéressé les propulsent aux manettes de la gouvernance),  censés réfléchir sur l’avenir qu’induisent leurs décisions (car ce sont bien ces dernières qui dessinent ce à quoi demain ressemblera.) et qui, pour nombre d’entre eux, ne pensent qu’à tirer profit de leur position et statut.

pollution

Le chauffage domestique pollue, l’élevage pollue, l’agriculture pollue, les automobiles polluent, l’industrie tout entière pollue, le pouvoir et l’argent polluent. Rien n’échappe à la pollution qui corrompt jusqu’aux comportements ou qui en émane, et tandis que fleurissent discours mensongers, diatribes, harangues haineuses entre les partis clans politiques plus âpres à tirer à eux la couverture (et le parapluie) qu’à œuvrer pour le bien-être de leurs obligés ou inféodés, sont jetées aux oubliettes les fleurs fanées que la chienlit a contaminées.

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Les meilleurs mets du monde

bourlingue_culinaireAvec mon pote Marius, j’ai mangé des grives aux olives dans un restau à Brive. À Ostie j’ai dégusté un travers de porc avec Hector. À Pont-l’Abbé j’ai pris un sorbet avec Barnabé, un abbé burkinabé ; À Tahiti j’ai avalé un poulet rôti arrosé de Côte-rôtie. J’ai goûté à du gigot à l’aïl dans un restaurant halal tenu par un bigot, qui valait bien l’aligot de gigot qu’on m’a servi à tire-larigot à Saint-Malo ; Chez Bethsabée, on m’a servi un rouget barbet ébarbé ; j’ai ramené de Rome la recette de la tarte aux pommes au rhum ; À Houilles, j’ai avalé une andouille sur son lit de ratatouille au fenouil ; À Gif-sur-Yvette j’ai aimé les caillettes à la Clairette d’Arlette. Je me suis radiné à Die pour y dîner d’une dinde aux radis du dîner du jeudi… et j’en passe.
Mais rien ne vaut la bombe glacée de Pyongyang, le clafoutis aux pruneaux de Kiev, les grenades de Damas, les patates d’Astana, les machettes de Bangui, les marrons de Minsk, la chicore du Zimbabwe, les couleuvres d’Iran, les scorpions de Chine, et les beignes de quelques jolis coins du monde où il doit faire si bon vivre.
Les champignons ? Ils mijotent de ci, de là.

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Pères Noël, terrorisme et services secrets

Les fêtes de Noël sont passées, bien passées et trépassées. C’est le moment de se demander si on ne s’est pas fait bêtement avoir par un faux père Noël, le moment de ne plus y croire du tout, ou, si on persiste vraiment à croire qu’il existe, d’apprendre à ne plus croire en ses promesses. Et le moment aussi de se demander si certains jolis joujoux ne présenteraient pas un quelconque danger pour nos charmants bambins.

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2. Un père Noël dont les mains sont rouges de sang n’est pas un vrai père Noël, mais un méchant terroriste.

Mais en dehors des pères Noël qui résultent d’élections de plus en plus idiotes, de ceux que l’on reconnaît à ces colifichets bleu blanc rouge qu’ils affichent au revers de leur veston, mais aussi à leurs grosses automobiles de fonction, à quoi reconnaît-on un (vrai) père Noël ?

Un vrai père Noël a toujours les mains blanches comme neige (cliché n°1), contrairement à un faux qui les a rouges, généralement de sang. Il suffit d’ailleurs de bien observer un père Noël aux mains rouges (de sang) pour se rendre compte de ce qu’il est en réalité : un terroriste (cliché  n°2). Et les terroristes, c’est pas joli joli, raison pour laquelle ils se cachent derrière de longues barbes blanches, mais on ne nous la fait pas. Un coup de ventilateur bien ajusté ou une ligne et son hameçon bien lancés, et hop ! les voilà démasqués, non mais ! (cliché n°2, phase 2). Hélas, plus rusés que des fennecs, sournois que des crotales et perfides que des hippopotames, prenant la poudre d’escampette, ils parviennent, la queue entre les jambes (cliché n°3), à lâchement échapper à la justice. La justice de qui ? on n’en sait trop rien

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3. Ce faux père Noël est un terroriste prenant la poudre d’escampette après avoir commis son forfait.

Cependant, ne nous y trompons pas : tous les faux pères Noël ne sont ni des terroristes, ni des rastas, car en effet, il faut savoir, comme le savent les imbéciles qui prêtent foi aux élucubrations du Proctologue de Fion Protocole de Sion, à savoir que certains pères Noël sont tout bonnement des agents du Mossad, ce dont on se rend compte malgré l’habileté qu’ils mettent à tenter de nous tromper (cliché 4, 4bis et 4ter). Agents dont nombre d’entre eux jouent un double, voire un triple jeu de cache-cache avec les agents de la CIA et autres rigolos prétentieux qui passent leur temps à se prendre au sérieux, sous prétexte qu’ils tiendraient le monde par les couilles qu’ils tiennent les rênes du monde.

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4. Un agent du Mossad se cache derrière cet humble père Noël apparemment inoffensif.

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Non seulement ce n’est pas la fille du père Noël, ni même son fils, mais un agent du Mossad qui nous prend pour des pommes s’il s’imagine qu’on va croire qu’il s’agit de Marie-José Neuville ou d’une autre sale gamine qui, pour la peine, n’aura rien à Noël.

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Un gentil père Noël à qui des salopiots de mécréants ont volé la hotte, ce qui ne l’empêche pas d’oeuvrer pour la joie des enfants nécessiteux.
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Echecs et réussite

— De toute ma vie je n’ai jamais rien réussi.
— Quoi que ce soit ? Pas même le moindre plat de nouilles ? Des oeufs au plat ? Te beurrer une tartine ? Une bonne tasse de café, même soluble ?
— Des nouilles collantes et au goût de flotte, si. Des œufs réduits en charbon et qui accrochent à la poêle, oui. Du jus de chaussette en guise de café, aussi. Mais rien qui soit consommable, rien qui ne soit pas infecte, brûlé, pas cuit, amer, trop salé. Tout ce que j’ai entrepris a été foiré, loupé, manqué, mal foutu, moche, imbuvable, nul, pourri. Et je ne parle pas que de la bouffe, mais de tout le reste, tout, quoi.
— Tes enfants, ils ne sont quand même pas si mal.
— Parlons-en, de mes gosses. Des tordus mal fichus, des imbéciles ignares, pires que leur mère. Le mariage et les gosses, c’est peut-être ce que j’ai le plus foiré, avec le reste.
— Ton suicide, ça a pas été loin de faire, pourtant.
— Pas loin, mais raté. Du boulot bâclé. Une corde de mauvaise qualité, un fusil qui s’enraye, la grève dans le métro qui se déclenche alors que j’attends la rame qui m’écrabouillera, des médocs à la con qui ne m’ont filé qu’une diarrhée de tous les diables… Un suicide, ça ? Une tentative de suicide de merde, c’est tout. Des échecs, rien que des échecs. Ma vie est une succession d’échecs.
— Des échecs aussi bien réussis, c’est de la réussite.
— Fais pas chier…

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Les petits Syriens privés de sapin de Noël

Minable, triste à en chialer, lamentable, affligeant. Encore une fois, les petits Syriens n’ont pas eu droit à un joli arbre de Noël pour y aligner soigneusement leurs jolies babouches, ne serait-ce qu’une seule, pour ceux qui auraient malencontreusement perdu une jambe, malheureuses victimes de dommages collatéraux, mais qu’y peut-on, faut ski c’qui faut, encore que, question de glisse, le monoski conviendrait à merveille, sauf que, pour se descendre une piste sur la poudreuse, mieux vaudrait être Israélien.
En Syrie, c’est la crise dans la filière bois, à cause des fabricants de boîtes à six pans plus fond et couvercle, qui raflent tout, même les oliviers, avec les conséquences qu’on imagine sur la production du savon d’Alep, dont la qualité a tellement baissé qu’on se demande jusqu’où ça va aller. Du souci aussi pour la quantité ? Vu la matière première dont disposent les équarrisseurs, et bien que, depuis quelques temps, les Syriens aient perdu leur tendance à l’obésité que leur conféraient loukoums, chamiyas et autres gâteries qui ne manquent pas de calories… aucun risque, ouf ! Merci donc aux belligérants.

Une consolation, cependant : les très jolis feux d’artifice qui ont fusé de tous bords, sans parvenir, toutefois, à faire oublier les sapins enguirlandés et les magnifiques cadeaux que les pères Noël locaux en tenue de camouflage tachetée de rouge ont apportés aux gentils petits enfants pour qu’ils puissent continuer de jouer. À la guerre.

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