Joies de Noël

— Noël, toute la période, j’adore. Les illuminations idiotes qu’on caillasse la nuit, les pères Noël pervers qui pelotent les gamins ou leur pincent la couenne en douce, leurs yeux de dingues quand ils saccagent leurs cadeaux.
— Moi j’aime bien quand ils défoncent les emballages avec leurs petites mains poisseuses bourrées de chocolat, garanti que c’est pas du belge, cette daube, ni du suisse, tu peux me croire.
— Et quand ils pleurnichent parce que le père Noël leur a fourgué que des saloperies de bouquins à la con, qu’ils en en ont rien à foutre, des bouquins. C’est une console qu’ils veulent, point barre.
— Les hypermarchés, j’aime bien aussi, avec les grouillants qui chouinent, qui veulent ci, qui veulent ça, et des baffes, ils en veulent ?
— C’est qu’il faut les voir les sales mioches qui foutent les gondoles de caisse en l’air. Le rangement qu’ils te font, un bombardement, à côté, c’est de la rigolade.
— Avec les enfoirés de parents qui font semblant de rien voir.
— Les caddies bourrés de saloperies, avec un salaire qui y passe plus vite que le temps de le dire, qu’après ça, ça s’étonne de pas réussir à joindre les deux bouts.
— Surtout ceux qu’ont plus de moutards que de billets dans le porte-monnaie. Tu me diras, y’a la carte bancaire. Et j’aime autant te dire qu’elle turbine, la carte bancaire.
— Ce qui me débecte, c’est la bouffe, tu as vu ce qu’ils bouffent ? Non, t’as pas vu, mais avec le pétard qu’ils se paient, tu as tout de suite compris.

— Tu te poses où, pour Noël ?
— Je me fais les Galeries, mais ça fait deux fois que je me fais virer. Prisu, c’est même pas la peine d’y compter.
— Moi je me fais Carouf. ça roule pas mal, mais faut se coltiner les conards de vigiles et leurs putains de clebs.
— Les clebs, je crains pas. ça me dirait bien Carouf.
— Sauf que faut pas y compter. Y’en a pour un mais y’en a pas pour deux. C’est qu’il y a la concurrence, le Secours Populaire. Oui, mon pote, le Secours Populaire, ah les cons ! Et les clampins, tu crois qu’ils font quoi une fois qu’ils leur ont refilé deux trois conserves de merde et leurs nouilles premier prix ? Ils se barrent, sans te voir. Tout juste s’ils te marchent pas dessus. Je serais toi, j’essaierais la supérette à côté de Saint-Martin, la petite église qu’ils ont refait le clocher. Les deux dimanches qui viennent, ça devrait faire.
— La messe de Noël aussi ?
— Laisse tomber, ce soir-là, ils ont tous un truc au four, un truc qu’attend pas, alors faut pas traîner.
— Saint Martin, c’est pas çui qu’avait coupé son manteau en deux ?
— Peut-être, mais ça devait être y’a un sacré bout de temps.
— Ils vendent de la corde, à Carouf ?
— Oui. Même qu’elle est en promo, c’est quand même pas Noël pour rien.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Joies de Noël

  1. wozali dit :

    j’adhère. Je dirais même plus… j’adhère. Y’avait pourtant pas de bulletin d’adhésion, mais j’adhère quand même.
    Bon, pour ceux qu’ont pas compris : j’adhère. Surtout que pour une fois l’adhésion est gratuite. Et à Noël, c’est pas rien… Bonnes fêtes Paulette !

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