Un robot à ma botte

 

J’ai fabriqué un robot, un vrai qui est à ma seule botte. Il m’obéit au doigt, à l’œil et aux coups de pied dans le cul. Pour ne pas le louper je lui ai fait un vaste pétard que j’ai rembourré avec de vieilles poupées de chiffons. Une entorse aux règlements, passe encore, mais au pied, non merci. Les particuliers, on a ceci de particulier qu’on n’a pas le droit d’avoir un robot, sauf un ménager officiel breveté SGDG. Pour que mon robot passe le plus facilement possible et qu’il se fonde dans la foule, je l’ai schizophréné. Ombre et Lumière c’était écrit  en code sur l’emballage. Passée la première couche j’ai pensé m’être fait enfumer par le dealer. Mon robot ressemblait à une statue, mais à part les statues représentant les représentants de l’État et du Pouvoir réunis, les autres statues sont interdites, même reproduites en 1D. M’a quand même fallu passer trois couches pour que mon robot se fasse discret comme une ombre quand il n’y a ni soleil ni lumière, une vraie ombre quoi, indécelable.

Je lui ai appris des tas de choses, en fait tout, mais pas le reste. Tout ce qu’il sait. À commencer par son nom, parce qu’il faut bien nommer les choses si on veut qu’elles existent. Dieu, par exemple, c’est aux hommes qui l’ont nommé qu’il doit d’exister. Sans les hommes qui lui ont donné un nom, non seulement il ne serait rien, mais il ne serait tout simplement pas. Comme le chien que je n’ai pas pour la bonne raison que je n’ai jamais réussi à lui trouver un nom qui lui aille et qui me convienne.

TOI il s’appelle, mon robot. Façon de parler parce que je n’ai surtout pas voulu qu’il s’appelle lui-même. Pour qu’il finisse par prendre conscience de son existence et qu’il se tripote l’égo ? Non merci. Alors je ne lui ai pas appris à s’appeler, et toc.
Pourquoi je l’ai appelé TOI ? C’est tout simple. Ça me permet tout bêtement de m’adresser à lui sans éveiller le moindre soupçon. À la solde des affairistes du gouvernement les indics traînent partout.
Je lui fais faire ce que je veux. Sinon pourquoi posséder un robot ? Comme ici, là, en ce moment. Vas-y, je lui ai dit, écris quelque chose rapport à TOI, tu as le champ libre. Les robots personnels, contrairement aux autres, faut leur faire croire qu’ils ont le champ libre si on ne veut pas qu’ils fassent grève. Encore que le mien,parce que  je ne lui ai pas appris à faire grève, il n’y a pas de risque de ce côté. C’est comme les gosses, faut pas hésiter à les bercer d’illusions, mais faut pas en rajouter.

Ça te convient, papa ? m’a demandé TOI, mon robot. Mouais, je lui ai répondu, ça fera bien pour ce que c’est censé faire. Maintenant que tu as fini d’écrire des conneries, je lui ai dit, astique mes godasses, j’ai un rencard.
Les bottes ? il m’a demandé. Devine je lui ai dit, sachant que, lui ayant appris à deviner ce genre de choses, il devinerait.

 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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