Un printemps iranien ?

L’Iran, un drôle de pays à géométrie variable. Je parle de sa superficie, de son industrie, son agriculture, son pétrole et son gaz, des gens qui y vivent, généralement nommés Iraniens, sa culture, ses ayatollahs (un peu les généraux en chef des Chiites), et du large reste. L’Iran, anciennement la Perse, habité par les Persiens et les Persiennes que monsieur Wikipédia, un rigolo qui devait somnoler à côté du radiateur lorsqu’il était à l’école, définit comme étant “des contrevents fermant une baie, en une seule pièce ou composés de plusieurs vantaux, et comportant (à la différence des volets, qui sont pleins ) des assemblages à claire-voie de lamelles inclinées qui arrêtent les rayons directs du soleil tout en laissant circuler l’air”, n’importe quoi. Certes, ça fait penser au niqab, aux cloches à fromage à base de treillis métalliques ou aux cages à zoziaux qu’on recouvre d’un voile pour que, croyant que la nuit est tombée, ils se la ferment, mais faut pas pousser…

L’Iran, un pays dont la taille et la grandeur sont proportionnelles à l’origine des lunettes utilisées pour le voir sur une mappemonde.
 Vu à travers le prisme de binocles made in Occident,  l’Iran est une grosse tache de couleur vaguement bistre, dont les pointillés verts, blancs et rouges qui en forment les contours, examinés à la loupe, montrent dans l’ordre : une verte touffe de persil (d’où le mot Perse) ; une boulette de riz blanc ; un galet rouge, qu’on se demande d’où il peut bien sortir, les galets étant généralement plutôt blancs, à moins de les avoir trempés dans une sauce tomate, comme cela se pratique encore dans ce sport qui consiste à frapper une cible mobile pour en faire une cible inerte. Une loupe grossissante fabriquée dans une des démocraties occidentales permet de découvrir, honteusement cachés, dans le désordre (l’Iran est un pays où, malgré d’importantes forces de l’ordre, règne le désordre) : du désordre que créent des opposants au régime ; des méchants barbus ; des femmes voilées ou violées si elles ont eu l’audace de se dévoiler, les impudiques ; des adeptes du machisme en veux-tu en voilà ; des centrales nucléaires un rien balbutiantes ; des stocks de barils de pétrole qui roupillent ; des bombes hash réservées à l’exportation et aux notables locaux, généralement de bons religieux plus aptes à repérer la paille dans l’œil de leurs ouailles, portée par le vent de la révolution islamique, que la poutre qui, les ayant pénétrés par le tréfonds de leur anatomie, leur est remontée jusqu’au globe oculaire, raison pour laquelle leur caractère est excécrable ; etc. Donc un pays de sauvages belliqueux et prêts à bouffer du juif, une fois attendri et rendu halal grâce aux bons soins prodigués par d’habiles bouchers.

Observé à travers la lunette arrière d’une Peykan, fleuron d’Iran Khodro, l’énorme constructeur automobile qui fait aussi bien dans la berline, le camion, l’autobus que dans le panier à salade, bien pratique pour essorer les opposants, l’Iran est tout autre chose. Avant tout un pays riche qui, hélas, a égaré les clés de ses coffre-forts, à moins qu’il les ait confiées à ces braves religieux en lesquels –les voies d’Allah sont impénétrables– le peuple iranien a cru, comme il a cru en Mahmoud Ahmadinejad, ce fier escroc qui a mis son pays à genoux, légèrement aidé en cela par les infidèles des pays occidentaux qui n’ont pas trouvé mieux que de faire blocus sur blocus pour empêcher de mauvais garçons de traficoter des babioles, ce qui n’a jamais gêné les pays du soleil couchant pour conclure de jolies affaires, faut quand même pas rêver. Blocus qui en rajoute à la politique désastreuse des cow-boys prédicateurs qui ont tué leur barbier et le petit commerce. Avec la valse des étiquettes dûe à l’inflation, le seul commerce à tirer son épingle du jeu est celui des ardoises, craies et mouchoirs. Il faut les voir, les boutiquiers, suer le burnous et se l’user à effacer de leurs manches les prix de la veille avant d’inscrire ceux, frais du jour, qui feront fuir les petites gens plus enclins à manier les petits nombres que les grands.
Que voit-on encore par cette lunette arrière ? Des prédicateurs vicelards qui prêchent la vertu à coups de cravache ; des policiers, militaires et délateurs qui  sèment la terreur au nom du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ; des Chiites qui veulent en découdre avec les Sunnites sous prétexte que ces derniers (les derniers des derniers !) veulent en découdre avec eux ; re-etc.

Bref, c’est le merdier, l’inflation, la récession, le chômage, la répression (surtout contre la jeunesse), la peur, excepté pour quelques profiteurs qu’une bonne fortune protège et place au-dessus des lois, l’odeur de l’argent n’ayant jamais écœuré personne, pas plus les politiciens véreux qui font ami-ami avec certains ayatollahs, que ces derniers qui font copain-copain avec eux : la grandeur d’Allah a un prix, celui du sang et de la compromission qu’entretiennent quelques abrutis magnifiquement manipulés, ou de vrais salopards qui n’œuvrent que pour leur propre intérêt (confort, tranquillité ou pur sadisme) : les Gardiens de la Révolution, pas vraiment enchantés de l’élection à la présidence d’Hassan Rohani, qui pourrait bien en renvoyer quelques uns dans leur foyer où, si celui-ci est alimenté d’un bon bois de chauffe, ils pourront cramer tout aussi bien qu’en enfer. Premier pas salutaire pour permettre à ce pays de se libérer du carcan religieux et d’envoyer se faire voir ailleurs le véritable numéro un du régime, l’ayatollah Khamenei, le Guide suprême de la Révolution islamique, tant aimé de ceux qui lui vouent allégeance par pur désintéressement et amour d’Allah (blablabla). S’appuyant sur son histoire plusieurs fois millénaire, sur sa culture, ses richesses tous azimuts et sa pépinière de cerveaux, une fois colmatées les fuites, il sera alors temps pour l’Iran, de devenir une grande puissance.
Mais quelles que soient les lunettes à travers lesquelles on regarde l’Iran, et parce qu’on n’est pas plus Iranien que Marie était vierge et son garnement de Jésus fils de Dieu, on n’en voit que les artéfacts que notre système de pensée occidental nous laisse voir et comprendre, donc pas grand chose.
Ce que je viens de démontrer, ne trouvez-vous pas ?

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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