Ça, c’est du commerce

Je fais dans la patate. La frite ou les ships. Sous quelle marque ? Parce que vous en connaissez plusieurs ? Avant, peut-être, mais c’est du passé. Vous la connaissez, c’est la seule. Je n’allais quand même pas me laisser prendre des parts de marchés par des concurrents, qui plus est des boîtes de pas d’ici.

De toute façon, avec mes prix, ils n’avaient aucune chance. Je parle de mes prix avant que j’aie le monopole. Depuis, je ne vois pas pourquoi je n’en aurais pas profité pour les augmenter. Ça a bien râlé un peu du côté des distributeurs, mais vu qu’ils répercutent sur leurs clients… Comme quoi on peut tout se permettre, à condition de ne pas pousser le bouchon trop loin. Faire un maximum de profit quand c’est possible, il faudrait être stupide pour ne pas en profiter. Deux grammes en moins par paquet, c’est passé comme une lettre à la poste et je me prépare à remettre ça. Et avec ma nouvelle gamme Svelty Ships que je vends 15% plus cher alors que son prix de revient est de 9% moins élevé que les ships normales, je fais un malheur. Mais faut pas croire, ça ne s’est pas fait tout seul, car il m’a fallu investir dans de nouveaux systèmes de cuisson. Amortis en deux mois, quand même. Moins d’huile, plus de bénef.

Le circuit de production de mes frites & ships ? Comment ça, si c’est des produits français ? Vous croyez quoi ? Bien sûr que c’est français. Conditionné en France, c’est français, c’est comme ça et il n’y a pas à y revenir. Puis c’est pas moi qui fais les lois.

Et comment je m’y prends ?
Maintenant comme avant, pas compliqué. L’Ukraine pour les patates, au nord de Kiev. C’est pas à côté, je vous l’accorde, mais ça me fait une petite sortie et je joins l’utile à l’agréable. Mignonnes les ukrainiennes, et pas farouches. Par wagons entiers, et pas que les patates. Pour les pluches et la coupe, direction la Moldavie. Et qu’on me croie ou non, les gauchers sont plus rentables que les droitiers que j’ai fait virer. Faut voir l’allure à laquelle ils te pluchent ça et faut voir les pluches. Pas transparentes, mais c’est tout comme. C’est autre chose qu’avec les machines et au final, ça revient moins cher. Retour case départ en Ukraine pour les pluches où mon usine de Vodka tourne à plein régime, et direction la Slovénie pour la cuisson des patates, à cause des normes européennes. Je t’en foutrais des normes européennes, parce que l’huile qu’ils font venir d’Espagne, je vous dis que ça ! Si tu t’en mets pour bronzer, t’es sûr d’y trouver du boulot dans l’agriculture. Un miracle cette huile. Je parle de son prix. Un coup de froid pour les frites, plus quelques saloperies de conservateurs et zou, c’est parti pour la France. Par wagons entiers. Trois jours écoulés depuis les pluches en Moldavie ! Pas si mal.

Avec le conditionnement automatisé à 98%, pas la moindre épine dans le pied à cause des salaires. Et vu le coût de la main d’œuvre aux différents stades, ça peut aller. Stock zéro, pertes zéro, bénéfices records. Reste le chargement dans les camions et par ici la monnaie.

L’emballage ? Direct de Chine, une fois pour toutes. De quoi faire des millions de paquets.

Et voilà le produit ! Pas mal, hein ? J’ai repris la présentation de mon dernier concurrent. Excellente. C’est grâce à elle qu’il avait tenu si longtemps. L’agence de pub qui l’avait concoctée, c’était des bons.
S’il m’avait attaqué pour copie ? Pensez-vous… cet idiot n’avait rien déposé. Ni la marque, ni le graphisme, ni rien d’autre. Si : le bilan.
Si le transport revient cher ? Les amis bien placés, c’est fait pourquoi ? Et croyez-moi, avec les écolos qui voudraient une législation pour tout traiter sur place, qu’il paraîtrait que ça fait de la pollution, il vaut mieux en avoir. Comme des petites enveloppes kraft bien bourrées.

 

 

 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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2 commentaires pour Ça, c’est du commerce

  1. grand loup dit :

    …d’où l’expression « avoir la patate » (ou la frite …)

  2. PovFille dit :

    Qu’ils vendent des patates ou des armes, il y en a qui ne font pas dans la dentelle!

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