Si les cons avaient des ailes… 14 juillet

J’ai rêvai.
J’ai rêvai que je volé. On était tout une tripotée à volé, une tripotée auvergnate, une tripotée savoyarde, une tripotée d’Alsace, de Franche-Comté… plein de tripotées. En formassion.
C’était beau, c’était grand.
On volai en formassion et, j’en suis encore sur le cul, j’étais le chef d’espadrille d’escadrille. Incroyable ! D’acord, les qualités me manque pas, mais quand même, chef d’escadrille ! J’ai sorti mon portéïbeule – mon téléfone, faites pas les ignorants– ai composé le numéro à 22 chiffres des défeints –des morts, quoi–, celui de ma mère. Mère, je lui ânoncé les larmes aux yeux, ton fils (donc moi) a été nomé chef d’escadrille.  Si tu voyais ça. Et pas n’importe quelle espadrille escadrille. C’est drôle les rêves, de téléfoner à quelqun qu’est mort depuis longtemps et qu’a mème pas de portéïbeul, que ça existait pas à l’époque d’il y a longtant.
Elle a décroché, ma mère.

Je te raconte : En ce moment on arive au dessus des Champ’s –les Champs Zélisés, fais pas ta niaise. Tu imagine ? On est des miliés à voler, en triangle, et qui sait qui est devant, qui sait qui commande, qui sait qui dirige ? C’est moi. Oui, oui. Et j’aime autant te dire, ça ne badine pas, ânon ! Je te les mène à la baguette, faut voir comme. C’est qu’i faut pas croire, mais mine de rien, c’est pas une minse afaire. Dans un instant, je te diré quand, je dois faire se séparé l’escadrille en trois. Trois triangles : un en avant devant les autres, deux en arrière derrière celui d’en avant, l’un des deux à gauche, l’autre des deux adroite. Je leurs ai dis où ils devais devaient se placer au brifinng. Le brifinng, ça serai trop long à t’espliqué. Non, pas leur place pendant le brifinng, celle-là c’été par ordre alfanumérique (ça veut dire raport à leur matricule), et ils y savent, mais leurs places, à gauche ou adroite, dans l’escadrille quand on doit se seindé en trois.

C’est maintenant. À mon commandement… Sipéïwe ! Ça veut dire séparez-vous, en languéïdge aréonotique, en langage de pilotes avionautes, quoi.
Vise un peu ça.
Maintenant, tout de suite, quoi, on va tous monté à la verticale, juste au-dessus de l’Arc de triomfe.
À mon commandement… Top. Et on montes, on montes, on montes. Dedans l’escadrille, nous, on y voit pas, mais dans les tribunes, c’est bien évident con y voit notre grimpète. Par contre eux ils se voit pas, à moins qu’il y en a un qui a collé un rétroviseur ou autre chose qui fait miroir sur quelqu’un de l’escadrille et à la bonne place.
A oui, je t’es pas dit, qu’on est le 14 juillet. C’est nous qu’on est le clou du spectacle. En fète on est plusieurs clous. Faut pas qui y’en ai un qui tombe, que les chars qui passe après faudrait pas qu’ils crèvent, mais je crois pas à cause que les chenilles, je crois savoir que sait du caoutchou spéciale avec du caivelar. O mais c’est que je m’y connait, faut pas croire.
Attends c’est pas fini. Mais je vais coupé le portéïbeule, à cause qu’on va faire un truc compliqué. Je te rapelle, bisous. Je te dis bisous paceque tout le monde on le dit et que c’est bien d’y dire, i parait. Regarde moi sa.
Piqué du ciel sur la tribune officiel avec lâcher des gazez. Chaque sous escadrille avec sa couleur : bleu pour l’une, blanc pour l’autre, rouge pour la deuxième autre, je veux dire la troisième. Bleu blanc rouge, quoi, pace con est le 14 juillet, que c’est la fète nacionale, qu’il y a tout le beau linge, avec les officiel, le gouvernement, les curés violés en violet, les préfés et tous ça avec leurs femmes, il y a même le président et d’autres aussi qui sont président mais je sais pas où. Nous on les voit bien, mais un peu vite, alors on est pas certain si celui qu’on croit qu’il est lui il en est pas un autre, mais ces pas génant.
Alors on lâche les gazez tous en même tant.
À mon commandemant… Larguéï ! Y a des chefs qui disent prout, mais comme dans d’autres langues il parait que sait c’est une injure pour çui qui parle cette autre langue, mais je c’est sais pas laquelle, alors je dis pas prout, mais les gars de l’escadrille, c’est comme si je l’avais dis. Ça serai comme ci c’été du langage codé.
Bon, on lâche les gazes. Et là, caisse qui se passe ? La catrastrofe catastrophes !
Nous qu’on est toujours devant à la pointe et au milieu, mais devant, c’est blanc et bien blanc. Le 14 juillet serai en hiver, on y verrai pas à cause de la neige, alors c’est pour ça qu’on l’a mit en été et au mois de juillet, que même si il fait pas beau à cause des nuages, on voit bien que c’est du blanc. Le groupe de gauche, c’est du vrai rouge comme le sang de cochon avant que ça devienne du boudin. Et ceux de droite, vous croyais quoi qu’elle est, la couleur qu’ils ont dégazé ? Vert. Et en plus, pas un beau vert comme on en voit des fois, comme la frisée là où il y a pas de blanc, mais un vert moche a cause qui y a du maron aussi dedans, même que le maron il est moins gazeu que le vert, qu’il y en a qui tombe sur les tribunes, que les spectacteurs y en a qui sont éclaboussés, surtous les oficiel. Je veus bien admetre que le bleu, c’est compliqué, à cause qu’un bleu trop bleu ciel, ceux qui sont en bas le voit mal dans le ciel du 14 juillet qui est en été et qui fait souvent beau, mais y a des limites. De quoi je vais avoir l’air, moi  ?

J’ai mon casque sur les oreilles, avec des écouteures et le micro aussi. C’est pour donné les ordres. Et c’est quoi que j’entends d’heureux chefs, mais ça va changer, croyez-moi que je leur promais du malheur d’un chien de ma chienne… c’est quoi que j’entends ? Comme quoi j’avais qu’a vérifier, comme quoi j’été le chef après tous, comme quoi ça aurait été mieux de prendre comme chef quelqu’un de la tribune oficiel. Et qui je vous pris ? Comme quoi y aurait eu une vraie lute intestine entre ceux qui devait nomer le chef, des histoires de jalousies.
Bref. La prestation est finie et je fais l’annonce qu’on rentre, au micro.
On rentre a la maison, les ptits gars et l’autre bande de salopiots hipocrites, que ça va chier.
À mon commendemant… Ènnteur. Ça veut dire retour clavier clapier.

De retour au bercail, on m’a encore reproché que j’aurai eu qu’a tout vérifié, et que comme ça on aurait bien vu que le bleu il été vert, et un vert moche, et qu’on aurait refabriqué le bleu. Que dans les tribunes, comme ça, au lieu de sortir leur dictionnaire pour voir comment on dit bravo en italien, en mexicain, en hongrois, en bulgarien ou en iranien, chacun l’aurait dit en français, et même pour çui qui le cause pas, il aurait imité çui qui le cause. Ou ils auraient pu licencier leurs interprètres qui coutent cher pour les cons tribuables, surtout si c’est que pour une seule fois par an quand il faut applaudir.
Moi je suis pas le dernier des imbéciles, alors j’ai vérifier auprès de chacun s’ils avaient bien suivis les consignes et manger ce qu’il faut, la veille. C’été des haricots pour tous le monde, des blancs pour mon équipe, des rouges en salade avec des oignons pour la deuxième, et aussi des blancs de Soisson pour la troisième, avec des morceaux de Bleu des causses, c’est moins cher que le roc fort, rien que le bleu. Les fromages c’été fromage blanc pour mon équipe, du Bonbelle avec sa croûte rouge la deuxième, du Bleu de Bresse pour l’autre. Pour les desserts, c’était crème Chantilly pour mon équipe, cerises à la grenadine pour la deuxième, et mirtiye au Curaçao Curasseau pour la troisième. Mais voilà, la troisième équipe avait fait n’importe quoi, les cons, sous prétexte comme quoi ils préféraient les zaricots verts qui font plus de fibres. En fromage ils se sont goinfrés de fromage blanc aux fines herbes avec une laitue, et au dessert, les cons, des pommes vertes au sirop de menthe, que je comprend même pas coment on peu y avalé.
Alors le bleu, ciel ou pas, normal qu’il fallé pas  y conter. Et du coup, nos manifique trois couleurs non plus. Tu parles d’un 14 juillet !
Ah les cons ! Et le chapeau, qui sait qui le porte, hein ?

Je leur ai dis : Vous seriez pas un peu con ?
Ben si, chef, comme vous chef. Sans ça, on aurait pas été là à voler comme des cons.

C’est ma Trounichon qui ma révayé. Elle sais pas que je la pèle comme ça, il veau mieux, je crois. C’est un pote de l’escadrille, un ancien lancier, qui lui avez trouvé le nom, que ça le faisait même drôlement rigolé, j’ai jamais su pourquoi. C’était à un bal où qu’on avait dansé une drôle de danse un peu idiote et viéyote.
Ça sent pas bon, qu’elle m’a dit. T’aurai-t-i pas peuté ? Ben tiens, non, je lui ai répondu paceque je m’été pas encore rapelé que j’ai révé. Arête je suis sure que t’a peuté, elle a redit.

C’est pas peuté, qu’on dit en françai, c’est péter, que je lui ai raitorqué, ou loufer si tu préfères. Et au lieu de m’accuser de rien, tu ferai mieux de me grater le dos, ça me démange méchant.
C’est quoi ces saloperies de plumes dans le lit ? elle m’a demandé.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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