Identité et difficulté d’être soi

J’ai réussi à persuader mon psy qu’il était moi.
« Vous le pensez vraiment » m’a-t-il dit ?
Je lui ai tendu un miroir, il s’y est regardé et en a convenu.

— Si moi je suis vous, alors vous, vous êtes sûrement moi.
— Ça va pas, non ? Puis quoi, encore ? Non mais, franchement, vous me prenez pour qui ?
— Je sais pas… Mais si ce n’est pas vous qui êtes moi, qui est devenu moi à ma place, où est-il, que fait-il, que devient-il ? Vous savez que je suis un inquiet et que je me fais du souci pour les autres. J’espère quand même qu’il va bien.
— Je ne veux pas vous blesser, mais ça m’étonnerait. J’ai pensé un bref instant vouloir devenir vous, mais vu le résultat que j’avais sous les yeux, vous comprenez que j’ai pu hésiter. Du coup ça m’est passé sous le nez, et tant mieux. Quelqu’un d’autre mal dans ses baskets a dû devenir vous sans que ni vous ni moi ne nous en apercevions.
Enfin tout ça ne serait jamais arrivé si vos géniteurs, surtout votre mère, avaient avait fait preuve de prudence.
— Mais vous êtes qui alors, si vous n’êtes pas moi ?
— Je sais pas. J’ai toujours eu des problèmes d’identité. C’est d’ailleurs pour ça que j’étais venu vous consulter. Vous vous rappelez ?
— Et ça a donné quoi ? ça vous a aidé ?
— Je ne sais pas trop. Faudrait demander au dingue qui est passé tout à l’heure.
— Lequel ? Parce qu’il n’y a que ça ici.
— Celui qui est devenu vous, sans que ni vous ni moi ne nous en apercevions.
— C’est légal, ça ? Mais s’il est devenu moi, comment voulez-vous qu’il sache si ça vous a aidé de me consulter ?
— Mouais. Pas bête. Mais on pourrait quand même lui poser la question. Il a peut-être des infos. Parce qu’en devenant vous, il a bien dû se rendre compte si j’avais fait vous aviez fait des progrès concernant ces problèmes d’identité.
— Poser la question à qui ?
— Au dingue à qui j’ai dû prendre l’identité sans m’en rendre compte. Et qui s’est barré avec la vôtre. Pas très légal, tout ça…
— D’après vous, il en saura quelque chose ?
— J’en sais fichtre rien. Faudrait lui demander.
— Alors je vous le demande.
— Je veux bien, mais atttendez au moins que je sois là pour pouvoir vous entendre et vous répondre.
Détendez-vous, allez-y, je vous écoute…

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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