Je suis content, il neige

Content comme tout, ce matin, en me levant côté est du lit. L’ouest, je le réserve pour le coucher. Je dors volets ouverts pour profiter de l’éclairage public, du chant des oiseaux publics, du camion public de ramassage des ordures publiques, toujours surpris qu’il n’y ait jamais d’élu ou autre responsable, de quoi, j’en sais point rien. J’aime bien savoir où je dors, lorsque je me réveille. Le réveil je le règle sur l’horloge comtoise des voisins. Les murs sont aussi épais que ma retraite. Je l’aurais eue aux flambeaux que je laisserais quand même les volets ouverts. En été, je les ferme ou non, ça dépend du soleil à l’heure de la sieste. Trop fort, je ferme, moyennement j’entrouvre, faiblard toute sieste est inutile puisque je ne me lève pas. Quand je vois qu’il va faire mauvais, je m’arrange pour que les voisins s’en aillent, par exemple à l’hôpital. Leur horloge a besoin d’être remontée tous les jours. J’ai une préférence pour les bananes, je peux toujours accuser le singe des autres voisins, des qui n’ont pas encore compris qu’ils n’étaient plus là-bas en bas sur la carte, de l’autre côté de la mer, tout en dessous. Mais il neige, ça leur apprendra.
Content comme tout, ce matin, parce qu’il neige. Je suis comme un gosse. Il neige, il neige je crie à demi poumons pour ne pas prendre un coup de froid sur les bronches. Qui dit neige dit froid, comme qui ne dit rien consent ou qui dort dîne, comme dit d’ordinaire qui se couche le ventre rempli.

Les volets, c’est pour ma grande fenêtre, celle officielle que l’architecte a creusée dans le mur quand il s’était rendu compte qu’il avait oublié que j’aurais besoin de l’éclairage public. Entre temps j’en avais installée une plus petite, au-dessus de mon bureau. Un truc moderne sans volets qui marche à l’électricité et que je laisse toujours ouverte, sauf quand il y a panne de courant ou grève de ceux qui le font. C’est par elle que j’ai vu tomber la neige. Pas des bérets de chasseurs alpins, des bérets blancs de tenue d’hiver quand il neige, mais d’honnêtes flocons, quand même. Je sais pas où elle est fabriquée et je m’en contrefiche. L’essentiel, c’est qu’elle soit là toujours exactement à la même date, sauf l’année qui change chaque année.
T’es con, c’est pas de la vraie neige, m’a dit un gars qui installe des fenêtres aussi électriques comme la mienne. Elle est virtuelle, ta neige, il a encore dit. À mon avis, c’est lui qui est virtuel.
Elle arrête pas de tomber. Nom de dieu c’que je suis content. En plus, je serais même pas obligé de piquer une banane au singe des voisins.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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