Bisbille en Asie centrale, mais grand calme dans l’UE

On apprend que le torchon brûle dans l’Organisation  des Pays d’Asie Centrale, autrement dit, et pour faire vite et clair comme de l’eau de roche, l’Opac.
Un pays de la région, dont on a oublié le nom, car l’évoquer est passible d’un tas d’ennuis malodorants, poursuites en injustice plus tout le bataclan de l’appareil répressif des états sans grâce… avait été rayé de la carte (en vert strié de noir, sur l’illustration) sous prétexte qu’il était envers et contre tous les autres. Il n’avait jamais adhéré à l’Opac, n’avait même jamais pensé pouvoir y entrer un jour. Un pays d’imbéciles, en quelque sorte, couac euh quoique.
Mais aujourd’hui, c’est une toute autre histoire, puisque le Tüpøtegrathai, membre de l’Opac à part entière et co-inventeur, avec le Blennoragistan, de la médiocratie, le régime bananier régional dont les avantages pour les dirigeants ne sont plus à démontrer, pas plus qu’ils ne sont à remettre en cause, vient d’être exclu de la zone Eureuse, acronyme de Economie Unitaire et Radieuse Exécutive de l’Union Solidaire des Élus, le nom à rallonges budgétaires de la monnaie de l’Opac. Monnaie que l’on écrit succinctement ϖ, pour gagner du temps. De très mauvaises langues affirment que le symbole monétaire choisi est en adéquation parfaite avec l’Eureuse, qui la qualifient de monnaie de chiottes.

Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer pour que le Tüpøtegrathai soit ainsi exclu de cette monnaie aux pièces gravées à l’effigie du vide, travail de gravure d’une extrême délicatesse, comme on peut s’en douter, et dont la devise, gravée sur tranche fine à l’Opinel, est « ven gelt r… , ……. agt zay gezegenung« , ce qui signifie, une fois bouchés les trous « Quand l’argent parle, il dit souvent au revoir », proverbe acheté un rien cher, donc trop cher pour une phrase tronquée incompréhensible. Le ministère des finances de l’Opac l’avait déniché chez un brocanteur qui avait fui le Guermania lorsqu’y avait été décrété le port obligatoire d’une petite moustache courte, mais fournie. Imberbe, le pauvre diable avait beaucoup souffert sans pour autant être lavé de la culpabilité de n’avoir ni poil au menton, pas plus qu’il n’en avait entre la lèvre supérieure et le nez, par ailleurs fort développé, mais en rien camus, contrairement à son ami Albert, comme lui étranger à ce qui lui était inconnu.
Le Tüpøtegrathai avait pourtant connu des jours heureux sous la coupe colonel, à l’époque ou la vodka du Chtavepourtanprevnu coulait à flots dans les verres de cristal aux bords précieusement sucrés et citronnés. Un film dont le titre ne m’a pas échappé (Tragedians trip – οι τραγικοί βόλτα) relate cette période que certains jugent comme ayant été la meilleure ou la pire, selon le nombre de sardines que portaient les huiles ou l’entregent qu’on avait avec le pouvoir, ou selon qu’on avait été un saltimbanque au mieux, un libertaire au pire. Pas très original, certains avaient souffert, ce qui avait permis à d’autres de profiter, et vice sera, etc.
(On se calme, ça vient.)
Parce que tout passe, le régime colonel avait fini par trépasser, abandonnant au pourrissement les stocks de citron d’Aragon et de glace à la vanille de Castille, et laissant le pays se moderniser à la va comme je te pousse. Tout état de ce type éprouve un jour ou l’autre le besoin surprenant de se développer, ce qui passe par la nécessité d’emprunter. Ce qu’a fait le Tüpøtegrathai auprès des financiers de l’Opac, sans relire de près le contrat. Contre toute attente, exceptée celles des ministres des finances de l’Opac qui y trouveraient leur compte, le contrat faisait référence non pas à l’article communément admis par les nations adhérentes à la charte de solidarité internationale, qui stipule « 1 de prêté, 1 de rendu », mais à cet autre, malhonnête et machiavélique, qui précisait « 1 de prêté, 10 de rendu ». Avec un zéro d’une traitrise remarquable, car minuscule et hypocrite comme les poignées de mains échangées, mais en réalité vite récupérées par leur propriétaire, et qui, à elles seules, avaient déjà valeur d’un accord. De dupes.

Chacun comprendra la suite, dont on n’a franchement pas grand chose à faire, les troubles se déroulant dans cette charmante union de l’Opac n’affectant en rien ce qui se passe chez nous, dans notre belle et saine communauté européenne. Des troubles lointains qui, grâce à cette union quasi sacrée où règne la fraternité européenne, ne risquent ni de l’affecter, ni de l’infecter. Ben tiens !

greece

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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