Panneaux de signalisation dangereux

Dzing ! Un mois en arrière, je me suis pris un panneau de signalisation en pleine gueule. Le poteau de cette saloperie de panneau, une interdiction de stationner. Je me suis retrouvé sur le carreau.
Traumatisme crânien, m’a dit un toubib à mon réveil, 24 heures plus tard. Vous aviez ça épinglé sur vous, m’a-t-il dit en me tendant une contredanse. 35€, mon stationnement empiétant prétendument sur un passage piéton.
« Ah les cons ! » m’a dit mon avocat. « Mais on ne va pas en rester là. »
L’hosto, très peu pour moi. Et effectivement, je n’y suis pas resté. Le temps de me faire faire un constat médical et de me faire octroyer un solide arrêt de travail, et zou ! j’ai regagné mes pénates. En repassant par le lieu du drame où le panneau coupable –le seul panneau dans un rayon de 100m– me narguait du haut de ses 2 mètres. Bien sûr, ni avis de présence d’un obstacle, d’appel à la prudence, ni avertissement du danger que peut représenter un tel panneau pour un piéton, ni la recommandation de regarder où on met les pieds, pas plus que l’obligation de porter un casque ; bref pas la moindre information visuelle ou parlée qu’on est en droit d’attendre lorsque rôde le danger.
« Faut porter plainte ! » m’a suggéré mon avocat. « Et je vais vous dire, ça va leur coûter bonbon, à ces cons ! » m’a-t-il effectivement dit.
L’affaire a fait grand bruit, et on a obtenu gain de cause. Pas huit jours plus tard, placés aux 4 coins cardinaux autour du panneau coupable, des panonceaux solidement fixés sur des poteaux en ferraille prévenaient les passants du danger. Des panneaux d’une esthétique douteuse, mais des panneaux dont l’utilité ne saurait être mise en doute. Hélas sans rien qui indique leur présence ou qui fasse penser qu’il puisse éventuellement y en avoir.
Cela ne pouvait qu’arriver : deux touristes, une mère de famille et son gamin, un cul-de-jatte et un quelconque quidam se sont fâcheusement heurtés à ces nouveaux panneaux, avec les conséquences qu’on peut aisément imaginer.
Ramdam au tribunal ou le bruit avait enflé. Dix jours plus tard, fermement plantés tout autour des quatre nouveaux panneaux coupables, de nombreux écriteaux signalaient le danger. « Danger : ralentir le pas – Attention aux panneaux – Port du casque obligatoire – Risque d’accident : ouvrez l’oeil – Danger : panneau de danger à 10 mètres – etc. » Marcher dans ce coin de ville était devenu un peu compliqué mais, comme l’avait déclaré le maire, c’était le prix à payer pour que ses administrés et lui-même circulent à pied en toute sécurité.

De nouveaux panneaux ont amené de nouvelles plaintes qui ont amené la commune à installer de nouveaux panneaux de signalisation.
Au conseil municipal, un idiot de l’opposition avait suggéré qu’on baptise le coin « Place du gymkhana ».

Si j’ai payé le PV de 35€ ? Non. Et aujourd’hui, majorations de retard comprises, j’en suis à pas loin de 400€.
« Ah les cons ! » m’a encore dit mon avocat. « Mais on ne va pas en rester là. »

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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