Le temps qui passe, la molle et autres emmouscaillements

Le temps,celui qui fonce tête la première et qui nous tire par les pieds pour les mettre devant, s’est dépassé ces derniers temps. Un champion, le temps !
On est en juin ou par là, un de ces mois pas plus crétin qu’un autre si on met décembre, janvier et quelques autres de côté. Un après-midi de juin ou mai, quelque chose comme ça, lorsqu’un méchant coup de moins bien me prend en traître. La molle, comme dit Jipé, Jipé, c’est comme un beau-frère, plus frère que beau, je galège, sauf dedans où c’est pas vilain. Un satané coup de molle  en forme de lame de fond qui fonce, comme pour rattraper le temps qui galope à toutes jambes, celle des minutes, la plus grande on se demande pourquoi, et l’autre, celle des heures, une faignasse. Le temps claudique, faut pas en douter. 

Une siestounette, me dis-je en m’affalant sur l’ersatz de sofa que j’ai habilement manufacturé à l’aide de cagettes de melon made in Cavaillon. Ce qui me fait dire que ça devait être en juin, quoiqu’on en trouve encore dans les rayons, en face du miel, en toute saison, d’autant en été. Ronflette. Du genre de celle moins longue qu’un jour sans pin, ça se passe dans le nord où il n’y en pas tant, à moins qu’ils ne se planquent derrière les fayards même pas bons pour faire des seilles où mettre la farine, ni pour y tailler des socques, que le plane, y’a pas mieux. 
Le bouzin du bûcheronnage, à côté des stridulations des cigales et des piafs qui gueulent à cause des réverbères qui réverbèrent la nuit, c’est déjà pas rien, faut me croire, mais la ronflette, c’est pas pire qu’elle ne dure que le temps qu’il faut pour s’en retrouver au pays des fraises.
Viens-en au faîte me lance un bucheron en circonflexant à mauvais escient. On n’est pas le 15 août, je ne suis ni vierge, ni je m’appelle Marie, mais me voilà étreignant le tronc, non pour le vider, mais pour le grimper. Dernières branches, en haut. Les mains résineuses, je me résigne à laisser tomber et à revenir sur terre. C’est sans compter sur un souffle divin aspirant qui me fait décoller, et je m’envole.
Pour me réveiller, c’est du moins ce que je crois, trois mois plus tard, ou aux environs.

Rien n’a changé. J’ai fourgué mon calendrier à un retraité des Pététés, offert ma montre à un montreur d’ours, mon sofa à un brocanteur et mes rêves de repos à l’éternité. Face à elle, le temps n’a aucune chance.

Après, Jipé a remisé sa tronçonneuse, troqué ses frusques d’homme des bois contre un bermuda et un t-shirt avec Pineau des Charentes scribouillé dans le dos et un magnifique Panetone gribouillé devant. Puis il a rempli les godets. Qu’il a bien fallu vider après avoir trinqué à notre santé à tous. Ce qui ne m’a vraiment pas fait de mal.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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