L’heure exacte au 3e top

Je déteste les gens qui ne sont pas à l’heure presque autant que les réveils qui retardent ou qui avancent, et qui, à force d’avancer, finissent par être en retard ou, à force de retarder, finissent par être en avance. L’exactitude, ô la belle vertu ! est mère de l’honnêteté.
7 heures, la météo. Je cale les aiguilles sur la bonne heure.l_heure_exacte
8 heures, les infos. Je mets le réveil à l’heure.
9 heures, les nouvelles. Les nouvelles, c’est comme les infos, en plus frais. Cinq minutes de retard, disent les aiguilles, que je recale.
Etc. jusqu’à midi, le journal. Un quart d’heure d’écart. Que réduisent mes doigts experts pendant qu’à la radio se débitent pour la énième fois les mêmes nouvelles, entrecoupées d’interventions d’experts passionnants.
14h, d’autres infos, soeurs et filles de celles du matin. Pour la huitième fois je mets le réveil à l’heure, comme chaque jour à la même heure. Les premiers temps, ça me faisait un mal de chien, à cause du petit zinzin strié qu’il faut tourner pour mettre les aiguilles là où elles doivent être, à leur place précise, et pas ailleurs. Précision relative, car il y a belle lurette que le troisième top a été mis au rancart. Avec le temps, mes doigts ayant pris de la corne, la tâche est devenue moins douloureuse.
Et c’est ainsi de suite jusqu’à 23, 24 ou 25 heures, quand je me glisse dans le plumard, les doigts gourds.
Mon réveil prend de plus en plus de retard, et il fait cela de plus en plus vite. Ah ça, je ne peux pas dire qu’il perde son temps, lui. Contrairement à moi qui, pour être exactement à l’heure exacte, vais bientôt être obligé de le remettre à l’heure toutes les cinq minutes, puis toutes les minutes, puis finalement toutes les secondes. Cela me prendra tout mon temps ? Sans doute, mais au moins, je serai toujours à l’heure, et personne ne pourra me le reprocher. 
Je déteste les gens qui ne sont pas à l’heure, presque autant que les réveils qui retardent ou qui avancent, et qui, à force d’avancer, finissent un jour par être en retard. Le respect des autres commence par l’exactitude. Sans l’exactitude, c’est le déshonneur assuré, la désagrégation de la société, la fin des haricots..

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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