Toulouse et Montauban : larmes et bulletins de vote

En pensant (c’est le 50e anniversaire des Accords d’Évian), aux agissements de la France en Algérie pendant plus d’un siècle et à ses méthodes franchement nazillardes, les émotions légitimes du gouvernement et des politiques face aux événements douloureux de Toulouse et de Montauban me font quand même doucement rigoler amèrement regretter que la France n’ait jamais vraiment battu sa coulpe pour les gentillesses qu’elle a prodiguées aussi bien aux Algériens qu’à ses propres ressortissants. Ici, au moins fait-elle, plus ou moins inconsciemment, semblant de le faire, dans le cas où elle soit (éventuellement ?) responsable de ce qui est arrivé.
Quant à la présence dans ces deux villes des présidentiables les plus en vue, qui concouraient manifestement pour l’Oscar du meilleur air de circonstance, leur prestation m’a amèrement fait regretter qu’on ne leur ait jamais appris ce qu’est la dignité m’a fait rire à gorge déployée (en restant tout de même sur mes gardes, on ne sait jamais…).
Quand même une bien belle épreuve que cette course aux bulletins de vote !

Quels artistes ! me suis-je dit un rien envieux, en voyant les visages de nos politiques ravagés par la tristesse, leurs regards humides qu’une compassion sans borne animait d’une humanité et d’une fraternité sans frontière. Bon, il y a bien eu quelques discours compassés, mais ça n’est pas si facile lorsque c’est la première fois qu’on est confronté à une telle situation. Nul doute que chacun sera au point pour la prochaine.
Ils sont venus, ils étaient là, ils ont pleuré, et les médias ont fait leur boulot. Bref, une grand messe d’une beauté hors pair et vraiment très touchante qui, n’en doutons pas, aura apaisé la douleur des proches. Qu’on ré-embobinera en décorant à titre posthume leurs chers disparus. Point d’orgue, la Prière des paras*  et l’évêque aux Armées, en uniforme, s’il vous plaît : ça promet, ça augure, ça va déménager.
Le Sabre et le Goupillon, Dieu est avec nous (Gott mit uns, en allemand, mais j’ai un doute VSOP de pas loin 70 ans d’âge, donc vieux). Le Fusil et le Bénitier, comme en Algérie, qui n’ont jamais réussi à faire ami-ami avec le Croissant et le Cimeterre. Pour causes : passées, présentes et si ça continue comme c’est parti, à venir. En attendant, gare à vos miches, les bronzés d’ici ; gare à vos gorges les roumis de là-bas.
On aurait difficilement pu faire pire pour attiser un peu plus les haines qui n’attendent pas grand chose pour se déchaîner. Déjà qu’avec les langues de bois et ls oreilles ensablées…

Enfin, quel bonheur d’apprendre de la bouche de l’un ou de l’autre que nous étions tous des enfants juifs, que ces enfants juifs étaient aussi nos enfants, que nous étions tous des parachutistes, et que nous étions un peuple uni au-delà des conflits de pensées et des divisions, car c’est l’Homme qui est en jeu et blablabla. Blabla qui parlait de dignité, ben voyons !
Et personne, je dis bien personne n’a dit que nous étions tous (ou presque) de formidables comédiens.
Mais ouf ! on s’en est bien sorti, car aucun imbécile n’a pensé à clamer que nous étions tous des enfants juifs morts ou des militaires morts. Les mères, épouses, soeurs, frères, copains, copines qui pleurent, ça va un moment, et personne ne les consolera ni ne leur rendra  ceux qu’ils ne peuvent plus étreindre. Ni aucun gouvernant, ni ce dieu que je ne majusculerai pour rien au monde tant que les hommes continueront à le bidouiller à leur image.
Tous des morts… Au fait, morts pour quoi ?

C’est pitié !
C’est piteux !
C’est pitoyable.

Un petit bémol cependant à cette charmante kermesse du meilleur goût :  l’idée saugrenue d’un mécréant imbécile qui a proposé de rebaptiser l’actuelle Place Franklin Roosevelt, là où est érigée la cathédrale, du nom Place de la Comédie, idée d’autant plus bizarre que ce nom est déjà pris à Montpellier par la place centrale que, gamin je nommais l’œuf, comme tout bon Montpelliérain. Dénomination mise sur le compte de la forme ovoïdale par les gens sérieux, mais venant, selon moi, de l’expression « Ne fais pas l’oeuf » qui ne signifie rien d’autre que « Ne joue pas la (stupide) comédie ». Donc idée certes saugrenue, mais moins couillonne qu’il n’y paraît.

 .

* La Prière des paras, d’André Zirnheld

Entre abnégation orgueilleuse, doute et fureur, foi et désenchantement, une prière qui touche au sublime, écrite par un guerrier certes inspiré, mais apparemment désabusé et prompt à porter le feu et les larmes, comme le montre cet extrait .

Je veux l’insécurité et l’inquiétude.
Je veux la tourmente et la bagarre.
Et que vous me les donniez, mon Dieu, définitivement.

.
D’autres versions que celle en lien comportent  ces 3 premières lignes

Je m’adresse à vous, mon Dieu
Car vous seul donnez
Ce qu’on ne peut obtenir de soi

ainsi que ces 2 dernières

Car vous seul donnez
Ce qu’on ne peut obtenir de soi.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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