E-commerce et parrainage à l’élection présidentielle

D’abord j’ai cru que c’était une blague, de celles du genre qui font un tabac sur Internet, avec lesquelles les surfeurs oisifs, ce qui est un quasi pléonasme, envahissent nos boîtes e-mail avant de rejoindre dans nos corbeilles d’autres appels du pied pour telle ou telle autre rigolade, tel ou tel autre produit inutile, telle ou telle autre information que l’auteur, n’ignorant pas son manque total d’intérêt a  qualifiée d’INCONTOURNABLE pour appâter les chalands crédules, nombreux sur la Toile tissée de bric et de broc.
Une pub. Qui faisait tellement sérieux et crédible que ça validait ma première impression. Un semblant de lecture en diagonale, et zou ! direction la corbeille. Va peut-être falloir que je la vide, me suis-je dit en constatant qu’elle était bourrée et commençait à déborder de l’écran. Ce que j’ai fait.

Driiiiing…   Driiiiing…   Driiiiing…   Driiiiing…   Driiiiing…
Je décroche en râlant. Cette saloperie de sonnerie me file le bourdon.

— Salut, vieux, c’est toi ?
— Non, mais fais comme si. Cependant, si tu penses que ça n’est pas moi, dis-le, que je ne perde pas mon temps.
Sinon, c’est pourquoi ?

Mon pote Dédé. On ne peut vraiment pas dire qu’on soit du même bord, mais fêtards comme on est tous-deux, on a lié d’amitié et c’est presque toujours ensemble qu’on va à l’Assemblée. Assemblée nationale, Où on ne traîne nos guêtres que le temps de les ramasser pour filer direct au Bistrot du Palais, où on a nos marques. À pas deux pas du Palais Bourbon, faut pas se plaindre..

—  T’as reçu ce machin sur le parrainage ?
— Ce truc bidon ? Oui, mon bon, reçu et mis à la poub’s. Les pub à la con, ça va un moment, surtout quand c’est du bidon.
— Tu as dû mal lire…
 — Je l’ai lu le temps qu’il m’a fallu pour voir que c’est des conneries. Une boîte qui te vends des parrainages pour les présidentielles et qui te promets les 500… Du vent !. Et quoi d’autre avec… la Lune ?
 — Non, pas la Lune, et c’est pas du bidon, comme tu le prétends, ni de l’arnaque. J’ai eu X… au bout du fil, pour qu’il me rencarde. Tu sais bien, le gars à l’Intérieur, cette histoire où sans nous…
— Oui, oui. Pas utile d’en dire plus…
— Et tu veux savoir ? Il a confirmé : c’est du solide.
— Tu n’as pas mieux ?
 — Si.Parce qu’il est dans le coup. Non seulement il est dans le coup, mais c’est lui qui a lancé l’affaire. Et vu sa place au Ministère, sûr qu’on peut lui faire confiance. Ce machin-là, crois-moi, c’est pas du pipeau.
— Mouais… Et ça coûte combien cette histoire ?
— Pas tant que ça. Et récupérable dès que tu as le taf de parrainages.
— Alors tu fais quoi ? Tu te mets sur les rangs ?
 — Gagné. Dès que j’ai le pognon. Vu les garanties et la rentabilité, ça ne devrait pas poser de problème. Un bon petit placement juteux, ça t’intéresse ?

Comme on était sur écoutes, je n’ai pas répondu. 
C’est en voulant récupérer le mail que j’avais foutu à la corbeille que je me suis rappelé l’avoir vidée.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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