Dépression saisonnière, luminothérapie, élections présidentielles

Mesurant moins de 1500 mètres, ce qui en soi n’est pas exceptionnel, voilà des jours et des jours, soit à peu de chose près pas loin d’environ deux semaines, ou dans ces cordes, que les nuées, brouillards et autres grisailles me servent de ciel, en en masquant son bleu céleste, celui qui fait dire que ce n’est pas parce qu’on est bien peu de chose qu’on n’a pas la frite. Mais en Belgique, c’est pire, question brumes hivernales et dépressions.
Bref, pour ne pas m’étendre, quoi que cela me ferait le plus grand bien si c’était sous un chaud soleil tropical, je déprime. Dépression somme toute discrète, car se fondant dans le paysage de dépression générale, donc pas seulement économique. Je manque de soleil, donc de lumière, comme la majorité des clampins qui ne se le peuvent offrir qu’à travers le prisme d’un écran de télé, n’eut-il qu’une diagonale modeste. Ni Seychelles pour grimper au-dessus des nuages, ni ski, ni même la possibilité de profiter de séances de luminothérapie, ma dépression étant cependant moindre que celles de ces faignasses de chômeurs, de ces cloportes qui font la manche, de ces immigrés qui viennent bouffer nos miettes, empêchant ces jolis oiseaux qui enchantent le ciel de notre douce France de leur chants guillerets de manger leur poids quotidien… tristes sires dont je n’envie en rien le sort, quoi que je n’en ai strictement rien à faire ayant, contrairement à eux, de quoi me nourrir et procéder à quelques libations pour oublier que je déprime.
 La télé, parlons-en !. Qu’en est-il de ces temps heureux où les séries présentaient de somptueuses créatures traversant un quotidien merveilleux annonciateur de merveilleuses promesses en des lieux tout autant somptueux, lumineux et merveilleux, avec des zoziaux multicolores dont les ailes de même couleur zébraient harmonieusement le ciel enchanteur d’un bleu au minimum azuréen, y traçant les mots bonheur de vivre, bonheur d’être, bonheur de se laisser aller au bonheur ? Soyons clairs, les séries télé fabriquées en série sont loin de nous apporter quelque réconfort. On le sait. Mais quoi, alors ?
Et pourquoi pas le Club Med, vous entends-je me suggérer, comme si je n’y avais pas pensé. Pour me retrouver avec des gens heureux ? Et puis quoi, encore ?
Que faire, me dis-je avec comme l’impression de tourner en rond, chose plus aisée à faire que tourner en carré ou en triangle. Me laisser dépérir le temps de périr ? 

N’en reste pas là, me suis-je dit dans un sursaut salvateur et révélateur de cette force de caractère qui me caractérise, rare chez les dépressifs ordinaires dont je ne fais pas partie. De grandes choses se préparent, qui feront s’envoler les ombres, feront revenir la clarté. Des hommes et des femmes habités par un souffle quasi divin t’attendent, qui sauront t’éclairer et te redonner cet espoir que l’absence de soleil a réduit à peu de chose. Va auprès d’eux, approche-t-en, imprègne-toi de leur aura comme le peigne s’imprègne des pellicules d’un souffreteux qu’un cuir chevelu bouffé par un psoriasis démange jusqu’à la folie, baigne-toi de leur lumière, suis-les comme le caneton suit la cane, et l’aveugle la sienne, comme l’élu suit le peuple suit l’élu, le disciple le maître, la digestion le repas et la défécation la digestion. Suis-les dès lors jusqu’au 22 avril où les spots braqués sur eux paraîtront d’une pâleur infinie à côté du flux lumineux que leur être auréolé de gloire émettra.  
Qu’ils se nomment Christine, Marine, Frédéric, Nathalie, Jean-Luc, Eva, Dominique, Nicolas II, Hervé, François II, François I ou Nicolas I, mets-toi dans le sillage de ces phénix, approche-t-en à les toucher comme on s’approche de la Vérité illuminatrice, et laisse-toi inonder de leur lumière bienfaitrice. 
Alors tu seras guéri, mon fils me suis-je convaincu la foi aidant, et ta luminothérapie –gratuite–, déchirant les derniers miasmes, t’aura libéré de cette vilaine et cruelle dépression saisonnière.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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