Calorifère canin et chauffage à l’oeil

Sachant qu’il allait faire froid j’ai récupéré un chien. En fait, je crois que c’est lui qui m’a récupéré. Sans doute lorsqu’il a vu mes yeux battus, ma mine triste et mes joues blêmes. Du coup je l’ai appelé Dalida. Un beau mâle de marque indéterminée. Comme ça, s’il tombe en rade, je n’aurais pas besoin de l’amener à réparer à un véto spécialisé.
Je l’accompagne partout, y compris lorsqu’il va courir la gueuse. Il en a levé une, pas particulièrement jolie, mais question séduction, elle n’a rien à envier à personne. Je dis personne, parce que pour moi, les chiens, c’est des personnes, raison pour laquelle ça me fait drôle de savoir que les chiens ont un prix, et pas seulement de beauté. Ça va de, je ne sais pas combien, à plus que ça, mais si ça fait des heureux, ma foi…
Mon chien ne m’a rien coûté, au contraire, il me rapporte. Des vieux os, des gamins que je n’oserais même pas ronger tellement ils ont la morve au nez avec le froid qu’il fait, et des gens qui, parce qu’ils s’ennuient, m’ennuient à me demander la marque de Dalida. Il me rapporte aussi quelques emmerdes, lorsqu’il sniffe d’un peu trop près des filles qui feraient mieux de se laver plutôt que de râler que Dalida est un gros dégueulasse et que moi je ne suis qu’un gros cochon qui ferait mieux de le castrer. M’est avis que les bonshommes qui partagent leur vie doivent pas avoir souvent droit à la bagatelle. 
La gueuse est restée avec nous. Et vu que le thermomètre s’est encore cassé la gueule, c’est pas plus mal. En dessous de zéro, un minimum de 500 watts ne fait pas de mal, et comme les deux copains sont en chaleur, ça m’arrange comme ça les arrange, vu que je les laisse faire. Ce qui attire encore plus de morveux, dont certains bien mignons comme tout qui nous amènent des sucres qu’ils chapardent sur les tables des bistrots et des biscuits qu’ils vont chiper à la boulangerie.
Le sucre, ça va un moment, ce qu’a compris Dalida qui s’est mis au pinard. Les sucres et les biscuits, ça le rend malade, que je dis aux mômes. Dalida ne supporte pas le gluten, et le sucre c’est pas bon pour ce qu’il a.
Alors les gamins, mais pas tous, ramènent quelques fiolons chipés à leur ivrogne de père qui n’y voit que du feu, Dieu merci, il y a encore des alcooliques en ce bas monde.
Ciney, la gueuse –c’est comme ça que l’a appelée Dalida à cause des poses qu’elle prend pour émouvoir le chaland– attend un heureux événement. C’est pour bientôt. Au poële poil, parce qu’on annonce un froid sibérien. On est tombés d’accord pour l’appeler Godin.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Calorifère canin et chauffage à l’oeil

  1. Debbie Stucket dit :

    Calorifère Canin… ou Chien Chaud ? (comme disent les québécois) Quand y’a plus de sucre, ni biscuit, ni pinard, ni rien, plus que le froid et les mômes le ventre vide… Il te reste un bon chien chaud …miam miam !

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