Changer ses comportements

Chouette, les vacances !
Le moment idéal pour se débarrasser de ces choses lourdes qui nous rongent, nous empêchent de vivre pépères, nous pèsent. Pour le gras du bide et des cuisses, c’est un peu tard, mais une fois bien bronzés, ça passera mieux.
Et aussi période qui se prête parfaitement à cette délicate activité qui consiste à mettre un terme aux comportements fâcheux qui nous minent. Surtout ceux des autres, hein, qu’on me comprenne bien. C’est difficile de changer les personnes ? Je ne vous le fais pas dire, mais si on n’y arrive pas, et à défaut de les changer, il suffit de les échanger. Une grosse dondon pénible contre un joli brin de fille, même un peu exigeante sexuellement, on y gagne au change. Ou une fille adorable et aux petits soins, mais pas trop, même grasse comme une caille, contre l’autre insupportable, ça peut faire. La cerise sur le gâteau, comme le disent ceux qui en ont une dans le ciboulot, c’est la jolie fille aimable, sympa, généreuse, attentionnée (mais pas trop), contre l’emmerderesse en surcharge pondérale. Qui se goinfre pour oublier qu’elle vit avec un enfoiré. Il y en a qui aiment souffrir, tant mieux ; ça permet aux pervers d’y trouver leur compte en exprimant leur sadisme.

Pour ça –voeux, promesses, engagements, résolutions en vue de se faciliter la vie–,  il y a déjà le 1e janvier, me direz-vous. Sans doute, vous rétorquerai-je, sauf que le 1e janvier ne dure qu’un jour, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. Un jour d’à peine quelques heures à cause du Soleil qui s’emmitoufle ou hiberne carrément s’il fait un foutu temps, tandis qu’en juillet il joue les prolongations, nous donnant tout loisir pour œuvrer à l’éradication de ce qui nous escagace et nous empêche de nous épanouir comme s’épanouissent au soleil nos doigts de pieds en éventail.

À quels fâcheux comportements ai-je décidé de mettre un terme en ce début juillet ? Concernant mon humble personne, je n’en ai repéré qu’un seul, ce qui ne m’a pas surpris outre mesure. Je ne suis pas parfait, non, mais par rapport à ceux qui le sont encore moins que moi, je n’en suis pas loin. De la perfection, je précise, pas d’eux. Alors de quel (singulier) fâcheux (singulier, malgré ce x) comportement (singulier) l’auteur de ces lignes lumineuses doit-il s’attacher à se détacher, vous demandez-vous si vous n’êtes pas centré(e) sur votre seule petite personne ? Celui qui consiste à être gentil, toujours gentil, trop gentil, comme vous auriez pu vous en douter.
Des exemples ?
Je vis avec une faignasse ou molassonne, le résutat est le même, que ses bras à la retourne ont conduit à une surcharge pondérale en rien pondérée. Une grosse vache, comme disent mes potes qui ont plus souvent la gueule de bois que la langue du même métal. En juillet dernier, compatissant comme je le suis, je l’avais encouragée à faire quelque exercice le matin, avant de se rendre à son travail. Tu te lèves, tu vas chercher mon journal et mes croissants, tu fais les courses pour mon repas de midi, tu me sers le café, tu me prépares mon repas de midi. En pensant qu’elle me ferait un peu moins honte sur la plage de Palavas-lesFlots où, perdue parmi d’autres baleines, des mal-voyants pourraient même la prendre pour une anorexique.
Je suis dur avec elle ? Certainement pas, d’autant que je lui laisse assumer les revenus du ménage, rôle social dont l’importance n’est plus à démontrer. Et quoi ? Sous prétexte qu’elle avait le droit à un repos légitime le dimanche, je devais me satisfaire d’un pain de la veille, rassis, que le passage par ses soins au grille-pain rendait à peine mangeable. 1/7e de mon attention compatissante foutu en l’air par ce qu’on est bien obligé d’appeler un caprice. Des perles aux pourceaux, quoi !
Trop gentil. Comme avec son sale clebs, même pas un bâtard de corniaud auquel le jogging avec sa maîtresse provoque des flatulences qui le font péter, non seulement à tout vent, mais aussi à tous vents, une horreur. La pauvre bête, comment m’en débarrasser ?
Toujours gentil, comme lorsque je m’oblige à aller me chercher moi-même une bière au frigo, sous prétexte que madame, entre la vaisselle, le ménage, le linge à repriser (j’use beaucoup mes slips à cause des érections que me provoquent les attitudes allumeuses et sans équivoque de la petite voisine gironde, une pétasse qui n’aura pas à se plaindre si je lui saute dessus pour éteindre le feu qui consume mon cœur) n’a pas une minute à elle. Elle en a, pour moi, des minutes ?
Indubitablement gentil, et ça suffit.
Vouloir changer ma faignasse adipeuse n’a pas marché ? La belle affaire !
La petite voisine est libre et dispo. « Ô Urs…, ô Urs…, ô Ursule », m’a-t-elle avoué en bégayant, « pour toi d’amour mon cœur brûle. Il faudrait une machine à vapeur pour éteindre le feu qui consume mon coeur ». Pas de doute, nous sommes faits pour nous entendre. « Je serais le corps de pompiers, tu seras l’incendie ravageur, tu m’allumeras, nous nous étreindrons, je t’éteindrai » lui ai-je répondu en la voyant rosir sous le coup de ce charme ravageur qu’ont les pompiers en uniforme. Décision : se débarrasser de la grosse vache.

« La petite voisine moche et paumée est seule et malheureuse » ai-je dit à ma dondon. « Emmenons-la, même si ça nous en coûte, mon amour ».
— Tu es trop bon…
— Je sais, et ça te nous me perdra. Mais que veux-tu…
— Elle est quand même pas si moche que ça…
—  Tu sais, les goûts et les couleurs…

Autoroute. Le plein. J’en ai profité pour faire le vide. On l’a vue nous faire de grands signes, dans le rétroviseur. Comme quoi l’inconscient nous joue de ces tours… Faire une marche arrière sur la bretelle d’autoroute ? Impensable. Alors j’ai passé la quatrième. Elle a disparu dans le rétro. Son clébard a hurlé à la mort. Vous l’auriez supporté, vous, un tel chagrin ? J’ai passé la cinquième, ouvert la portière et l’ai encouragé d’un léger shoot à mettre un terme à ce terrible sentiment d’abandon qui venait de l’assaillir. Quand je disais que j’avais du cœur.

C’est lorsque la jolie petite pétasse de voisine m’a dit qu’elle m’aimait que je me suis dit que j’avais encore du pain sur la planche, question comportements à changer.
Deux baffes généreuses et un pelotage en règle sur la bande d’arrêt d’urgence –il y avait urgence– ont suffi pour lui clouer le clapet et la faire rosir. De plaisir.

C’est chouette, les vacances.

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article a été publié dans écrits libres, grosse déconnante, humour, littérature, savoir-vivre. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s