Discours de Mohamed VI : audace ou… ?

Quand je disais pas plus tard que l’autre jour que Mohamed VI n’était pas couillon, je disais une bêtise ? D’accord, la marge entre les discours et les actes est aussi large que celle entre les dirigeants et le peuple. Mais va savoir, p’têt qu’il est aussi bon marcheur qu’il est bon marchand démarcheur. En tout cas, numéro de music-hall ou pas, chapeau. Bien vendu. 
Maintenant, en imaginant qu’il soit honnête et qu’il ait les moyens de mettre en place ce qu’il a déclaré, c’est quand même pas gagné d’avance. Doit bien y avoir d’un côté quelques pékins prêts à semer le bordel pour ne rien perdre de leurs privilèges –les courtisans, ça courtise tant que c’est rentable–, et de l’autre des gens sans rien d’autre qu’un espoir déçu et qui ne se font plus aucune illusion, surtout parmi les jeunes. Ça mijotait depuis longtemps, ça s’est mis à bouillir, et personne n’a baissé le gaz, jusqu’à présent.
Y’en a quand même un à qui le discours du fiston a dû faire drôle. Je pense au père Hassan II (l’ex, son père aimé et tant aimé parti un beau jour d’été de 1999), qui doit se dire que son fils a dû se faire une sacrée fumette.
Ciel ! les hommages qu’il avait reçus, le bougre. Les Clinton, monsieur et madame, s’il vous plaît ; Jojo Bush assisté de deux anciens secrétaires d’état ; notre Jacquot national ; Yasser Arrafat ; Moubarak ; Ehoud Barak ; Mohammed Abdelazzis ; Bouteflika ;Al Khouildi Hamidi (un bon gars, général major, pote de Kadhafi) ; plus toute une tripotée de chefs d’état de l’OUA. Hafez el-Assad, le gentil papa sanguinaire de Bachar s’était décommandé au dernier moment. Diantre, pourquoi donc ?
On avait sorti violons et pipeaux ; l’air de mine de rien, pour planquer l’air louche, on avait serré des louches ; resserré des liens pour certains, affûté les ciseaux pour d’autres. Ça avait pleuré dur et dru, parole ! Je m’égare. Enfin, oui et non. Oui parce que je suis un branque en politique, non parce que j’ai gardé un esprit de vieil imbécile de cul terreux.
Au lieu de coups de pied dans le cul ce furent des hommages par ma foi bien déplacés, comme autant de perles offertes à un pourceau. Les hommages, c’est aux vivants que ça se rend. Surtout s’ils sont mérités. Ça les lie à une parole, ça les engage, et autant ceux rendus au précédent roi du Maroc me font douter de l’intégrité de ceux qui les rendirent (mais pas douter de leurs intérêts), autant ceux qui ne sont pas rendus à son fils m’étonnent. Comme quoi la confiance règne.
Qu’un roi rompe ainsi avec une monarchie absolue en annonçant un référendum pour approuver une nouvelle constitution ne manque ni d’allure, ni d’audace. Le résultat sera-t-il honorable ? Possible. À condition toutefois qu’on ne mette pas trop de bâtons dans les roues de son modeste véhicule. Je ne parle pas seulement de bagnole.
Wait and see, donc, comme on dit en Haute-Savoie.
Et si ce qu’on voit s’épanouir a une jolie gueule et un bon goût de gentille démocratie, c’est sans détour qu’on pourra rendre hommage à Mohamed VI. Ça fera oublier ceux bidons rendus à son paternel.

Alors que faire en attendant ? Croiser les doigts pour les impies, prier pour les croyants et surtout y croire pour l’aider à y croire.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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