Lettre aux promeneurs égarés

Vous ne savez pas comment vous vous y être pris pour échouer sur ce blog, mais vous y êtes, et dites-vous que vous auriez pu tomber sur pire. Je ne citerai aucun titre ni aucun scribouilleur de cru, mais vous savez à quoi et à qui je pense, izinnt ?
Alors, vous ouis-je neuroner, que dois-je faire : m’enfuir ventre à terre en cliquant d’une dextre fougueuse sur ma malheureuse souris, quitte à lui briser les reins, ce qui me conduirait inexorablement à avoir des ennuis avec la SPA ? Si vous choisissez cette option, armez-vous d’une paire de ciseaux, du sécateur de votre jardinier, d’une guillotine (on en trouve en excellent état dans les bouquins d’histoire sur la Révolution franchouillarde invendus destinés au pilon) et à l’instant même où vous aurez cliqué pour quitter ce blog, tranchez clair et net dans le vif du sujet le câble qui relie votre bestiole à votre ordinateur. La bestiole n’aura pas le temps de porter plainte.
Option numéro 2 : vous pouvez tout simplement admettre que la vie n’est pour vous qu’avanies, injustices, malchance, malheurs, consternation, défaites et tristesse insondable sans borne. Allez-y d’une larmichette en espérant que, émue aux larmes citoyens et pleine de compassion, votre souris viendra vous consoler. L’espoir ne fait-il pas vivre ?
Si malgré tout elle ne bouge pas d’un poil, 3 options s’offrent à vous : 1. Jetez-là à terre (ou sur la moquette si vous n’avez pas de terre chez vous sous prétexte que ça ne se fait pas alors que le problème n’est qu’un problème de salubrité, la terre étant pleine de saletés) et piétinnez-la rageusement. 2. Ignorez-la. Ça ne fera pas avancer les choses, mais vous n’aurez pas à vous en vouloir d’avoir fait un mauvais choix, celui-ci n’étant en quelque sorte qu’un choix par contumace, votre pensée étant totalement absente) ; 3. Débranchez la souris, attachez son fil à la crémone de votre fenêtre et pendez-vous. Avant cela, n’oubliez pas de léguer votre chat et ses Ronron à la con à votre voisine de palier. Je peux vous adresser une lettre type.
Option numéro 3 : oubliez les deux options précédentes et faites avec le fait que vous avez atterri ici. Parcourez ce blog, étonnez-vous, et surtout étonnez-moi en ne retournant pas aux 2 options précédentes. Lisez alors les lignes sublimes qui vous feront toucher au sublime, à la lumière certes parfois crue, à la Connaissance avec un C aussi majuscule que celui de la divine connerie. Bref : réjouissez-vous et jouissez de vous réjouir.
Et toute jouissance méritant salaire, comme me l’ont enseigné ces charmantes dames qu œuvrent dans ces maisons plus closes que leur entrejambe, pensez au don que votre grâce encline à la générosité vous fera m’offrir. Un don plus gras que ne saurait l’être votre souris à cause des traitements indignes que vous lui prodiguez.

Bon. Vous êtes sur ce blog et, que vous soyez masochiste ou non (dernier cas  qui m’étonnerait), vous passez d’article en article, vous réjouissant de vous rendre compte que vous n’êtes pas le seul et unique abruti que vous pensiez être. Ce qui vous plonge dans un état émotionnel dominé par ce que j’ose nommer la jalousie, voire l’envie. Ne restez pas avec cette envie inassouvie. Commentez, mentez, allez-y de votre plume. Si vous n’en avez pas, guettez le ciel, un geai viendra, tel une flèche, auquel vous en arracherez une, acerbe. Vous appréciez tel ou tel article ? Villipendez-le. Vous détestez tel autre ? Ensensez-le ! Vous n’en avez strictement rien à faire ? Moi non plus.
Trois heures que vous êtes ici. Pauvre de vous. Et pauvre de moi qui croyais, naïvement, que je ne saurais retenir l’attention que le temps qu’il faut pour qu’il s’égrenne, d’après Guy, un pote de la pub qui fait dans l’assiette. Pas la sous-marine, l’autre, en porcelaine cardée.
Trois heures et quelques minutes. Votre esprit prend l’eau que vos vêtements n’ont pu absorber, n’est pas buvard qui veut. Vous êtes en train de sombrer, la locomotive (une 18 tonnes) vous entraînant au fond de l’eau où vous vous trouvez comme ce poisson que son maître avait habitué à vivre hors de l’eau et qui avait fini par se noyer en traversant un pont sur la Saône. Un pont mal foutu, à clairvoies, avec des planches espacées d’un espace non réglementaire, mais où va-t-on ?
Vous êtes au fond, desespéré/e, sachant bien que votre vie va perdre de sa superbe. Las ! que ne vous réjouissez-vous de ce qui vous arrive, et qui, pour une fois, vous évite un quelconque engagement, une quelconque prise de décision et l’abandon de toute vaine hésitation entre les options 1, 2 ou 3.
En substance, rendez grâce au Seigneur tout puissant de vous avoir conduit sur ce blog.
Amen.

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans délires, fantaisie, fantastique, grosse déconnante, littérature, Uncategorized, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s