La quête du bonheur

«Le bonheur a beau être dans le pré, il est si peu près
qu’on n’est pas prêt de l’atteindre.»

Lao Tseu
«Le bonheur est au-dessus de nos moyens.»
Karl Marx (à moins que ce soit de Groucho Marx)
«Pour être heureux vivons casher»
IbnShobol

Être soi, même si ça n’est pas grand chose, et même si on se vit comme étant un “pas grand chose”, c’est déjà mieux que n’être pas soi. Car n’être pas soi, c’est (n’) être rien. Rien du tout.

Parce que le bonheur n’est pas un état d’avoir mais un état d’être, la quête du bonheur est illusoire. Surtout si, au lieu d’être simplement soi et d’accepter ce soi –quel qu’il soit–, on souhaiterait être celui ou celle qu’on n’est pas et qu’on ne sera jamais. La suite, on la connaît (voir au-dessus).

Et pourtant, nous continuons à nous raconter des histoires. Bidons.
Nous continuons à nous raccrocher à des croyances fumeuses, à suivre des préceptes fallacieux, à écouter les marchands de bonheur qui nous fourguent leur camelote qu’on sera bien incapable de trouver avariée, vu notre état avancé d’intoxication. Entre les produits laitiers que si t’en ingurgites pas un litre par jour tu n’auras pas ta dose de calcium recommandée (par qui ?) ; les cinq légumes bourrés de pesticides qu’il te faut bouffer pour ne pas avoir de cancer ; les crèmes anti rides efficaces à 82,50 % dont tu dois te plâtrer pour (tenter vainement de) rester jeune ;  les produits amincissants et les cures qui bouzillent l’organisme ; le matos hig-tech qu’il te faut posséder (et montrer) pour ne pas paraître ringard ; les derniers CD incontournales ; le dernier film à grand succès à voir absolument pour ne pas avoir l’air d’un con dans les conversations ; les fringues, les bagnoles, la déco à la mode, les voyages (dont le but ultime est de faire chier les autres avec des séances photo ou vidéo), les résidences secondaires, les vacances à la neige… plus tout le reste, on n’a vraiment plus aucune raison de ne pas être empli de bonheur. D’ailleurs, les gens que nous croisons chaque jour n’ont-ils pas le visage nimbé de bonheur ?
Diantre ! j’allais oublier les industries pharmaceutiques et leurs merveileuses mollécules qu’une médecine y inféodée délivre allègrement sans connaissance réelle des effets qu’elles produisent à terme. Et les psys. Et les curetons. Et les compagnies d’assurance, établissements financiers, et les, et le, et la… Que chacun, à sa guise, complète la liste.
Bref, on l’aura compris : la quête du bonheur passe avant tout par les hypermarchés. où on na tardera pas à vendre de vrais, bons et sûrs “produits retraite”, et pourquoi pas des “packs bonheur” assurant celui-ci de la conception à la disparition (rite funéraire y compris).

Rien de tout cela ne nous nourrit. Nous sommes vides, desespérément vides, et parce que nous avons perdu de vue ce que sont nos besoins vitaux, la fringale qui nous tenaille nous fait gober, avaler, bouffer et accumuler tout et n’importe quoi. Ce qui, à terme, provoque d’inévitables constipations.

.

Cette quête-ci du bonheur étant vaine, nous connaissons désillusions et frustrations, sauf si –vrai bonheur !– l’Ami Ricoré débarque chez nous un matin. On a le guru qu’on peut et les lumières d’un Sri Machin (dernier avatar d’un Sri au nom imprononçable), d’une Ma Truc, d’un lama Bidule, du pape Zinzin énième, d’un Docteur Trucmuche (marabout de son état), ou plus modestement d’un Jack Lassomé… ne peuvent illuminer tout un chacun.

Nous avons oublié l’histoire d’Ulysse, et les chants des sirènes continuent à nous mener en bateau, ce qui en rajoute à notre manque d’entendement. Devenus sourds à la raison, atteints de cécité avant même qu’on nous ait fait prendre des vessies pour des lanternes, nous dérivons, désemparés, ayant laissé nos chimères bouffer notre seul repère, l’amer qui, sous apparence humaine –l’ÊTRE–, nous montrait la route.

.

— Vous r’prendrez bien un p’tit verre de bonheur ?
— Ça s’rait pas d’refus, mais avec les amygdales qui y baignent, je crains l’overdose.
— Allez, juste un p’tit dernier, pour la route.

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NB : Cet article peut sembler quelque peu décousu, mais j’y remédierai dès que j’aurais retrouvé le fil. Et l’aiguille.
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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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2 commentaires pour La quête du bonheur

  1. Stuket Debbie dit :

    Un petit bonheur c’est aussi un message de Paques plein de saveurs… Merci !

  2. UNE SOCIETE SCHIZOÏDE
    Que penser d’une société et « d’Autorités » soi disant compétentes qui prônent tout et son contraire ?
    Qui continuent hypocritement à nous vendre des paquets de cigarettes avec des images de mort et de cancer (mais qui empochent les taxes)…
    Des voitures allant à des vitesses vertigineuses sur des routes et autoroutes à vitesse limitée, avec radars pour piéger les conducteurs (j’imagine que l’objectif est davantage d’empocher de l’argent que d’avoir moins de blessés coûteux pour la Sécu)…
    Des médicaments vantés comme efficaces puis retirés car inefficaces ou, au pire, mortels…
    Des antidépresseurs ou médocs contre l’acné capables d’augmenter les pulsions agressives et pousser notamment des jeunes au suicide ou, il y a quelques temps, un père de famille à massacrer sa famille…
    Des cosmétiques et crèmes de beauté jugées auparavant respectueuses de la santé, puis remplacés par des bios avec des arguments tendant à penser que les précédents étaient nocifs (donc les prochains auront encore un autre discours, comme la lessive qui lave plus blanc que blanc, du regretté Coluche)…
    Des teintures à cheveux que les ados utilisent déjà chaque mois, censées être respectueuses des cheveux et les embellir, alors qu’ils contiennent toluène et diamines aromatiques qui multiplient énormément les risques de cancer du sein et de la vessie (étude sur 5 ans). Même si on évoque les risques d’allergie, on ne parle pas des autres aspects… De toute façon, la plupart des femmes veulent être belles et paraître jeunes, quoi qu’il leur en coûte, et ça a été de tout temps, comme au Moyen-Age où on utilisait arsenic ou plomb dans les cosmétiques…
    Une société et des Autorités qui nous poussent à manger cinq fruits et légumes par jour (pourquoi pas 4 ou 6 ?) aux propriétés anti-cancéreuses alors qu’ils sont, la plupart du temps, bourrés de pesticides, fongicides, insecticides et donc susceptibles d’être cancérigènes.
    Qui, curieusement, tolèrent les alicaments sans attaquer les chaînes de distribution pour exercice illégal de la médecine alors qu’on trouve, par exemple, du magnésium dans le Ricoré, des vitamines dans plein de préparations et notamment les A,D,E,K dans le lait qui s’éliminent difficilement et ne doivent pas être en surnombre.
    Alors, gardons l’esprit critique et les yeux bien ouverts et prenons nos distances avec les marchands de bonheur qui font plutôt notre malheur en nous envoyant ces messages schizoïdes. Et n’acceptons plus les discours de ceux qui nous disent : « Alors, on peut plus rien manger et plus rien faire ? Si on doit regarder tout ça, on ne vit plus ! »
    Et bien si ! C’est possible de vivre avec tout ça en restant vigilants et en ne nous faisant plus prendre en otage.
    Pour revenir au bonheur et finir sur une note plus optimiste, il peut être fait de petites choses, comme en cette saison : une tombée de glycines mauves au détour du chemin, avec son cortège d’odeurs, un bébé écureuil assis au pied d’un arbre, un promeneur qui vous sourit ; c’est la magie du printemps et quand on peut encore apprécier cela, (et si en plus on a un oeil de peintre), c’est que la vie est encore en soi, ouverte et bienveillante. Avez-vous remarqué que quand on est triste, même le plus beau paysage est fade, sans saveur ? « Un seul être vous manque et le monde est dépeuplé » comme disait je ne sais plus qui. Mais d’un coup, sans savoir pourquoi, à l’instar du soleil qui réapparaît derrière les nuages, on se sent de nouveau bien, plein d’appétit pour la vie et de sourire envers les autres. Même si elle est malmenée par l’Homme, la terre est encore belle à qui sait en respirer la quintescesse…

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