YAKMOAKICONTE : le Président s’adresse à son Conseil

YAKMOAKICONTE, 2 janvier 2011

Ayant fait quelques économies en refusant de payer les honoraires astronomiques de mon dentiste, les charges sociales de mon entreprise dont le chiffre d’affaire se mesure en une addition de zéros, les préservatifs de mauvaise qualité que m’avait fourgués une pharmacienne énamourée à un prix certes inférieur à celui de l’IVG par laquelle nous dûmes passer, surtout elle, mais trop chers pour ce qu’ils valaient d’emmerdements, plus quelques autres notes, à mon avis, diésées sans raison… l’idée aussi sotte que grenue m’a pris de faire un coucou à ma copine Ørifice, au Mahagoni, cette charmante province du YAKMOAKICONTE dont vous avez dû entendre parler si vous lisez la presse du TÜPØTEGRATHAI. Remballez votre air salace, Ørifice se prononce Eurifice, que j’avais eu la délicatesse, pour mon oreille, de transformer en Eurydice un poil plus romantique.

Le Yakmoakiconte, c’est le dépaysement assuré, comme tous les coins de cette Asie centrale qui ont moins à voir avec l’École du même qualificatif qu’avec la prison itou. Un séjour là-bas est la garantie qu’en rentrant chez soi on trouve que la vie est belle, et il n’y a pas mieux pour prendre conscience de ce qui peut advenir à trop, comment dire… accorder une confiance aveugle, déléguer pour éviter responsabilités et averses, croire au père Noël, au petit Jésus rédempteur, aux idéologies et églises, et surtout à l’homme providentiel, guide suprême, que des dieux auraient envoyé pour sauver ses semblables, ben voyons !

Je ne parlerai pas de ce que j’ai fait au YAKMOAKICONTE lors de cette parenthèse hivernale, mon propos n’étant pas là. Je veux simplement rapporter ici les voeux présidentiels que le chef d’État a présenté au Conseil d’Administration du pays, instance qui a remplacé depuis peu le gouvernement.
Mais comment diantre ai-je eu connaissance de ce discours en privé? Safety first, je préfère n’en rien dire ; vous comprendrez pourquoi.

 

« Mes chers collaborateurs,

L’année 2010 s’achève. Je sais qu’elle fut rude pour le peuple, mais qu’il s’attende à ce que 2011 soit pire. La crise économique et financière initiée il y a 3 ans par nos chers amis, que je salue ici ce soir, continue à faire sentir ses effets, et nul doute que nous saurons en tirer le meilleur parti possible. Nombreux furent ceux que nous avons réussi à mettre sur la  la paille, moyen efficace, et vous le savez, de préserver vos propres intérêts qui, vous en êtes conscients, rejoignent les miens et y sont liés. Sachez-le, on a rien sans rien, et pour réussir à maintenir un bon taux de croissance et un profit personnels sans lesquels on peut se demander à quoi ça servirait d’être au pouvoir, je vais continuer à faire fournir des efforts à ceux qui sont les mieux placés pour cela, habitués qu’ils sont à courber le dos. Les mauvais coucheurs, qui en demandaient trop, ont été mis sur la touche, ce qui a contribué à notre réussite, et jamais moi-même, vous et nos pairs n’avons engrangé autant de succès dans nos entreprises, ni autant de bénéfices. Bénéfices qui auraient été moindres sans les actions que j’ai menées avec votre soutien, telles que la distribution gratuite par les médias, que je contrôle, de peaux de sauc’ qui ont réussi sans mal à faire prendre à la populace des vessies pour des lanternes. En travaillant dur, j’ai trouvé le moyen de faire payer au peuple les pots que nos camarades et moi-même avons allègrement cassés ainsi que ces pommades dont il a largement eu le loisir de découvrir les vertus. Je m’en félicite et vcus ne pourrez que me remercier pour les décisions fermes et salvatrices que j’ai su prendre d’autorité.

Mes chers amis, en souhaitant que les gens du peuple continuent à se comporter comme des veaux, je finirai par cette sublime citation de moi-même que je leur dédie en ce début d’année 2011 qui sera, soyons en sûrs, lumineuse : Vous m’avez cru, vous êtes cuits. »

 

Son discours terminé, c’est en toute simplicité que le Président s’est laissé congratuler par les membres de SON Conseil d’Administration qui lui ont offert un magnifique bronze représentant un régime de bananes, fruit emblème du Yakmoakiconte.

 

Vous doutez de la véracité de ce discours ? Vraiment ? Allons, allons !

 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour YAKMOAKICONTE : le Président s’adresse à son Conseil

  1. Duglandu dit :

    Si j’ai bien compris, on a un sacré bol e vivre en Fance.

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