Une bouteille à la mer ?

J’était pommé, seul, total seul, nofragé d’la vie. Face à l’amer, pacequ’on m’y avais dit,  j’y avait jeté mes dernière cartouches, une bonne douzène de canète de bières que j’avait vidé pour me fabriquer de l’oubli. Après j’avait attendu l’miracle, comme on m’avais dit d’y faire, guetant l’ame secourable, comme on dit, qui viendrais m’sortir de l’îlot de solitude où c’te pute de chiene de vie elle m’avais fait échoué.
Rien, persone il étais jamais v’nu me délivré.
Après, pisque c’étais comme sa j’avait décidé de plus jamais croare en rien de rien, comme c’te conerie d’balancer une bouteille à l’amer.

Il s’agit là du texte original retrouvé, en charpie, parmi des tessons de bouteilles, au pied de l’amer de Plouc-Laouzef (Finistère) érigé face à l’océan (Atlantique).

Ci-dessous, sa traduction, sans laquelle les étrangers francophones auraient du mal à comprendre :

Je me sentais perdu, seul, désespérément seul, naufragé de la vie. Face à l’amer j’y avais jeté mes dernières munitions, une bonne douzaine de bouteilles de bière que j’avais vidées pour oublier mon mal être. Puis j’avais attendu le miracle, guettant l’âme secourable qui viendrait me sortir de l’îlot de solitude où la vie m’avait fait échouer. Rien ni personne n’était jamais venu me délivrer. J’avais alors décidé de ne plus jamais croire en quoi que ce soit, comme jeter une bouteille à l’amer en espérant que quelqu’un la trouvera et qu’il me portera secours.

Photo ci-contre : L’amer de Plouc Laouzef (construit par la Société Picon, domiciliée à Plouc Laouzef) dont le slogan «Avec l’ AMER PICON, plus d’hommes à la mer» est encore lisible.

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NDLR : malgré nos recherches, il nous a été impossible de retrouver ce désespéré, donc de lui lancer une bouée de secours et de le remercier pour le pack de bière trouvé derrière la porte de la machinerie.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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