Voyage au TÜPØTEGRATHAI

Mes pérégrinations

Me rendre au TÜPØTEGRATHAI (s’écrit aussi Tüpötegrathai ou Tupeutegrathai, mais prononcer tu-peux-te-gratter) me démangeait depuis trop longtemps pour que je laisse passer l’occasion. Une des filles dont j’avais fait la connaissance approfondie lors de ma quête d’un miroir au Mahagoni, une charmante province montagneuse du Yakmoakiconte, pays frontalier du Tüpøtegrathai, m’avait envoyé un mail dont je reproduis ici le délicieux contenu :

«Viens, viens sur la montagne, tout près du ciel j’ai ma maison, là-haut il fait si bon. Pourquoi ces pleurs dans tes yeux, viens avec moi viens. Laisse ici ton amour malheureux, viens avec moi viens. Viens ma maison n’est pas loin, tout s’oublie, je suis là, prends ma main. Viens viens sur la montagne, là-haut il fait si bon.
Si tu rêves de beauté et de jours sans fin, de torrents glissants au cœur des forêts, viens avec moi viens. On n’y voit pas de méchants, mes seuls amis sont Dieu, les fleurs et le vent. Viens, viens sur la montagne, là-haut il fait si bon.
Tes yeux tendres me font voir qu’à toi seul je tiens, ne sois pas triste il n’est pas trop tard, viens avec moi viens. Si tu veux bien prends ma main, laisse moi je connais le chemin qui mène au Tüpøtegrathai. Viens viens sur la montagne, là-haut il fait si bon.»

Diantre ! m’étais-je dit, quelle poétique verve en quasi vers, pas même un de trop, celui qui attiserait le danger sur les routes sinueuses qu’on est bien obligé d’emprunter avec un taux d’alcoolémie réduit si on veut parvenir dans ce pays sans une fâcheuse atteinte à l’intégrité physique de la personne, la mienne en l’occurrence.
Je doute de tout, n’accordant ma confiance qu’après avoir testé une possible harmonie à l’aide de mon diapason d’airain dont je fais vérifier l’étalonnage après chaque usage. Viens sur la montagne, dans mon comic-strip et dans ma vallée, on me l’avait déjà fait, et plus d’une fois je m’étais retrouvé le bec dans l’eau, assailli par des cygnes agressifs et autres castors qui estimaient que je n’avais rien à faire sur leur territoire aqueux.
Titillé par ses « viens, viens, viens » puissance « viens » et sachant qu’elle savait par où passer pour aller au Tüpøtegrathai pour y être allée suivre une formation, j’allais lui répondre quand le son cristallin d’un nouveau mail venu se glisser dans ma boîte avait retenu  mes doigts alertes en survol sur le clavier AZERTY, prêts à faire un sort aux U, I, P et H, J, L, M  dont je n’avais nul besoin pour taper le O et le K d’un assentiment empressé. OK, raccourci de l’expression Oll Korrect,  elle-même altération graphique de l’expression all correct. Ce qui n’a rien à voir, comme certains l’affirment de façon péremptoire, avec le zero killed avancé par ces incultes qui confondent les années 40 du IXXe siècle avec celles du XXe.

Coupe papier en main pour décoincer la roulette de ma souris sans laquelle je ne pouvais cliquer sur le sésame d’ouverture de ma boîte aux lettres, j’avais ouvert le mail. Ce que j’avais lu alors m’avait roidi des orteils jusqu’aux doigts : O et K attendraient.
Je vous livre le contenu :

«Viens, viens, c’est une prière, viens, viens, pas pour moi mon père. viens, viens, reviens pour ma mère, viens, viens, elle meurt de toi. Viens, viens, que tout recommence, viens, viens, sans toi l’existence. viens, viens, n’est qu’un long silence, viens, viens, qui n’en finit pas… Viens, viens, maman en septembre, viens, viens, a repeint la chambre, viens, viens, comme avant ensemble, viens, viens, vous y dormirez… Etc.»

Qu’elle ait envie que je vienne, nul doute. Le manque. Comme d’autres jolies frimousses, en Mahagoni ou au Blennoragistan, à qui j’avais laissé des souvenirs inoubliables, dont probablement une descendance. Les capuchons tricotés main et doublés d’ailes d’escarmouches, soi-disant des préservatifs, ne parvenaient pas même à contenir la flopée des petites bêtes voyageuses, celles dont la particularité est de pouvoir changer de sexe plus vite qu’il ne le faut pour crier «encore, encore, encore!». Quels cons d’hommes on fait lorsque ça nous chatouille !
Et cette histoire de père, de mère qui meurt de moi ; de chambre repeinte. C’était quoi ce délire ? Certes, je n’avais pas été insensible aux charmes voluptueux de sa mère avec qui j’avais entretenu une relation d’une profondeur abyssale, mais ma crainte de m’y perdre m’avait enjoint d’y mettre un bémol vite suivi d’un holà.

J’avais décroché le téléphone.

«Salut… Non mais c’est quoi ce baratin ? Tu peux te gratter !»
— Oui, au Tüpøtegrathai, honey
— Te gratter le nez et ailleurs si ça te chante.
— Bien sûr que ça m’enchante. Trop contente…

— Attends, je crois que t’as pas compris. Je te dis que tu peux te gratter, c’est tout. Bien mignonne mais…
— Don’t tell off on me
— Donne téléphone mi… Mon phone number ? N’y pense même pas !
Tu comprends rien ou quoi ? Arrête de râler, bon sang. Je t’ai dit don’t tell off me… rien d’autre, alors don’t scolde me et calme-toi. I wait for you. Je t’attends. Viens, je t’en prie. I took two bus  tickets for the journey. I retained the hotel and quite paid biforehand. Understand ? Je paie tout. Tu comprends ou faut te le dire dans quelle langue ?

J’avais été à deux doigts de lui lâcher un « don’t telephone me, never phone me« , un « va te faire voir » ou un « laisse tomber, je suis mort » mais le temps de choisir la phrase choc qui mettrait un terme à cette conversation de sourds ma nature débonnaire l’avait emporté, aidée par ses dernières paroles qui modifiaient un tantinet les perspectives. Mon style promptement revu et corrigé, j’avais argué de la mauvaise qualité de la ligne –parasites et interférences– plus my very bad english. En un tour de main plus un deuxième de passe-passe (pour l’honneur et en hommage à tous les faux culs du monde), le conflit que j’avais mis en place avait avorté. Nous avions raccroché sur une kyrielle de love et autres honey dégoulinants de bêtise.

Mes bagages… no sooner said that done. Me restait à remettre la main sur l’argent qui m’était resté de mon voyage dans la région. Yakmoakiconte et Tüpøtegrathai ont plusieurs choses en commun, dont une frontière étroite et la monnaie –le flaich–, billets et pièces de forme carrée. Autant dire qu’elle ne vaut pas un rond dans nos pays développés, mais ce que j’avais ramené de devises me permettrait de ne pas avoir à me serrer la ceinture, une fois là-bas. Il me restait tout un tas de flaichs dans mon narc, cette besace qui sert de porte-monnaie, de fourre-n’importe-quoi et de carnier pour les escarmouches.

Et zou ! me voilà parti. Direction le Tüpøtegrathai via le Yakmoakiconte où j’étais attendu, sinon comme la pluie après une longue sécheresse, comme le soleil après un tour de cochon des Saints de glace qui auraient pactisé avec Saint-Médard sous la pression du lobby des marchands de parapluie. Ces derniers, en cheville avec les plus hautes autorités éclésiastiques ayant menacé de faire disparaître du calendrier Médard, Servais, Pancrace et Mamert, évêque de Vienne sous les Burgondes qui, à la suite de tremblements de terre, inondations et sécheresses imagina de faire, trois jours de suite, des processions dans les champs pour demander au ciel la cessation de ces fléaux. Pieusement interpelé par les politiques lors de la catastrophe de Tchernobyl, notre bon Mamert (qui n’a rien à voir avec l’autre plus attaché au bordelais qu’à la vallée du Rhône) intercéda auprès du Créateur qui enjoignit au nuage nucléaire de ne pas franchir les frontières de la France, fille aînée de l’Église. Nuage qui resta coi, ne se le fit pas dire deux fois et onc ne la ramena. Enfant, Médard (qui ne connaîtra la Jalle noire et le Médoc que beaucoup plus tard) fut protégé de la pluie par un aigle qui déploya ses ailes au-dessus de lui (bravo le résultat !). D’autres sources précisent qu’il s’agissait d’un aiglenuphar, variété d’aigle à plumage vert et blanc, notamment présente au Blennoragistan, mon étape obligée vers le Yakmoakiconte.

Un terrain d’aviation, plus qu’un aérodrome et plus encore qu’un aéroport avait été récemment aménagé sur une ancienne piste. Caravaniers et leurs chameaux, muletiers et leurs mules, âniers et leurs ânes réduits à un presque chômage n’avaient eu d’autre moyen de gagner leur vie qu’en traficotant, au désespoir des touristes venus des confins de l’étranger admirer les escadrilles d’aiglenuphar et les troupeaux d’escarmouches. Ne subsistaient plus que quelques malheureuses hardes, la plupart des bestiaux s’étant retrouvés sur les meilleures tables des pays riches, sans plus d’espoir de jours meilleurs.
À peine débarqué du vieux coucou une file de jolies mignonnes bien conscientes que leur rose n’était pas déclose du matin attendait. Je devrais dire m’attendait, étant le seul passager à cette heure matinale. J’en reconnus quelques unes, qui me le rendirent, et c’est bras dessus, bras dessous qu’elles m’accompagnèrent jusqu’à la douane que leurs accointances avec les gabelous me firent passer les doigts dans le nez, chose finalement aisée, l’une d’elle s’étant chargée de porter mes bagages.
La nuit que nous passâmes ensemble fut brève, mais ciel ! qu’elle me sembla longue auprès de ces donzelles à l’appétit féroce de mantes religieuses. Elles délaissèrent cependant suffisamment de morceaux pour qu’au matin je puisse filer sur le Yakmoakiconte à bord d’une charrette vaguement motorisée bourrée d’une herbe visqueuse dont l’odeur immonde me rappelait celle du fumier d’orties. D’après les filles ça se passerait bien avec le chauffeur (un ancien ânier diplômé de l’ENA). Il leur avait raconté avoir séjourné en Ibérotalie, raison à mon sens insuffisante pour qu’on se comprenne lui et moi.

«C’est quoi cette odeur ?» avais-je demandé en appuyant ma requête d’un mouvement oscillatoire du menton en direction du chargement sur lequel il m’allait falloir grimper. Exprimer une évidence avec des personnes qui ont autre chose à faire que nier l’évidence, comme mes gentilles donzelles de la nuit précédente, est simple. Elles et moi savions pertinemment ce que nous avions en tête, que quiconque aurait compris si nous n’avions été vêtus que de notre pudeur… alors bien dévoilée. Le corps est un sacré bouquin dont il suffit de tourner les pages et il est d’autres lèvres que ces parties charnues d’où jaillissent les mots d’entre les dents. Du moins chez les femmes. S’agissant ici de tout autre chose que le badinage, une gestuelle élaborée m’avait semblé nécessaire. Je m’étais pincé les narines en mimant l’écœurement et ce qui le suit si on ne s’est pas équipé d’un flacon d’eau de Cologne ou d’huile essentielle de marjomenthe.
«C’est du fumier d’orties, mon gars. Et du bon. Je le livre et je ramène des orties fraîches pour les filles. Des spécialistes du fouet et des gratouillis aphrodisiaques»
La réponse surprenante quant à la forme, car verbalisée dans ma langue maternelle, pratiquement la même que celle paternelle (ma mère est Ibérotalienne et mon père Italopagnol) ne m’ayant pas plus que ça laissé coi et sur le cul, et tant mieux, c’est debout dans la carriole puante et fumante du haut, fumante et puante du bas que j’étais entré au Yakmoakiconte. Où m’avaient accueilli, bras ouverts dans une de ces positions qu’affectionnent les pugilistes prêts à en découdre, deux douaniers.

«Où caché l’achélèm ?»
Leur accent légèrement indiakisthanais trahissait leur coin d’origine : le Mahagoni.

— Quel achélème ? C’est quoi cette histoire ?

Lorsque ça m’était revenu : le H et le M que j’avais empruntés pour compléter ma collection de lettres. Comment avaient-ils su ?
En fait ils n’avaient rien su, ne savaient rien et ne sauraient jamais rien, mes lettres ayant depuis longtemps été postées parmi de nombreuses autres sur un blog. Autant dire que pour remettre la main dessus…
Du coup ils interrogeaient tous les voyageurs, ouvraient leur narc (la besace locale) et le vidaient sans vergogne. Ce qu’ils avaient fait avec le mien, raflant au passage 2 billets de 1.25 millions flaichs, la monnaie locale. Le pourboire que j’avais bêtement envisagé de remettre à mon chauffeur mais que j’avais intelligemment –oui et non– oublié de lui remettre.
«C’est bon, y aller le pouvez» les compris-je dire alors que j’avais dépassé de plus de 20 mètres le poste de douane. Des rapides.

ELLE m’attendait. Bras ouverts. Je dis elle, car je n’avais aucun souvenir d’avoir su de quel nom elle était affublée.
Dans sa main, deux morceaux de mauvais papier recyclé, vu l’odeur, à partir d’emballages de poisson : les tickets de transport. Un grand sourire, une étreinte sauvage sur le bas-côté ombragé qu’une brise printanière enveloppait d’une douceur angevine : j’avais toujours le ticket, et abstraction faite de l’ombre au tableau que firent les ronces et détritus divers qui jonchaient le sol caillouteux, nos transports furent somptueux.
Elle avait tout prévu. C’est du moins ce qu’elle m’avait affirmé de sa voix suave tandis qu’elle m’embrassait goulument.

Entreprendre une escapade avec une partenaire dont on ne connaît pas le nom, ignorant tout d’elle, peut s’avérer gênant dans ces régions du globe non exemptes de dangers et où la liberté et le droit sont des mots inconnus au bataillon et dans les escouades militaro-policières qui fleurissent au long des gais chemins de la région.
Horreur ! Elle s’appelait Ørifice. Qui se prononce Eurifice, mais ça n’est pas une raison. J’avais connu pire, une rouquine, incarnation du feu qu’assurément elle avait au fondement, interdite de séjour dans les forêts de conifères. Elle se targuait de s’appeler Trounichon. Une pure invention, car elle se prénommait Véronique. Véronique Scrofule. Nom qui lui avait valu plaisanteries et jeux de mots si fins que le vulgaire ne les pouvait entendre, du genre «Véronique Scrofule a ri assez…»,
Ma co-voyageuse serait Eurydice ; je serais Orphée.
Qu’à mon grand dam elle confondrait avec trophée lors de nos ébats.

Eurydice était moche. Pas ingrate, moche. Pas laide, moche. Fripée elle faisait plus que son âge dont je n’avais aucune idée, mais mon expérience étant ce qu’elle est, peu de chance que je me trompasse (si on met de côté mon doute quant à la justesse de cette concordance de temps). En tout état de causes et d’excellentes raisons, pas question de la froisser davantage en faisant la moindre allusion à ses rides. Aussi m’adressant à ma langue dans la sienne, heureusement la même que la mienne, la priai-je de ne point fourcher et lui intimai l’ordre d’attendre au moins que nous soyons arrivés à bon port avant de dégoiser.
On peut être moche et plaire. Je sais de quoi je parle, cependant moins qu’Eurydice toujours prête à en faire la démonstration qu’elle avait toujours menée à bon terme.
Ici la coutume veut qu’une fille satisfaite des prouesses d’un amant lui fasse cadeau d’un miroir. S’y regardant, il y verra en même temps que la sienne l’image de sa plus ou moins belle et ne pourra l’oublier, quitte à ce que ça lui provoque des cauchemars. Harcèlement tout de même plus soft que celui qui consiste à exciter par des triturages adéquats ces parties d’une effigie que des esprits chagrins et obscurantistes prétendent être uniquement dévolues à la reproduction.
Les hommes sont ainsi faits qu’ils ne peuvent que tirer orgueil d’un tel présent. Et les femmes sont ainsi faites qu’elles savent asseoir, par ce don, leur pouvoir sur les mâles : rares sont celles qui ne parviennent pas à leurs fins.

Mahagoni, Mahagoni
Le Mahagoni est une province du Yakmoakiconte, dont la capitale, qui est aussi la seule ville, est Mahagoni. Ce qu’indiquait le seul panneau à l’entrée de la province (et de la ville) avant que mes pas et ma recherche de M et de H ne m’y aient conduit. Une administration délétère jointe à une politique délétère elle-même jointe à des politiques injoignables qui passent leur temps et dépensent l’argent des contribuables à fumer des joints, alors que ceux-ci n’ont jamais eu besoin d’engrais pour remplir leur fonction, a mis le pays à narc (à sac, si on préfère), et aujourd’hui le Mahagoni est à l’agonie. Les producteurs de caoutchouc, d’acajou et de noix de cajou que la déforestation a mis dans la mélasse cultivent du chanvre indien ; les Jafon-Delacob, Chorper, Idar-Standeal et autres grosses sociétés de fabrication de joints et de sanitaires en acajou ou en agglojou(TM) (cet aggloméré d’une solidité exceptionnelle de coquilles de noix de cajou) ont mis les bouts : c’est la panade. Sans pain, les Mahagoniens n’ayant plus de blé.
«Mahagoni est devenu un trou, le trou du cul du monde» m’avait prévenu Ø
rifice, je veux dire Eurydice, dans son langage nettement plus fleuri que la tombe du président Avi que personne, ici, ne regrettait, et surtout pas le petit peuple (les Mahagoniens, pour la plupart originaires des steppes du Chtavépourtanprevnu, sont de petite taille, comme le sont les Chtavepourtanprevniais, sans doute à force de courber le dos ou de se faire petits pour ne pas se faire remarquer par les polices rurales qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser et quoi qu’y penser de la sorte ne soit pas d’un illogisme flagrant, courent les rues et non la campagne).
Mahagoni un trou, certes, mais dans lequel la mère d’Eurydice avait fait le sien. Dont elle avait su tirer parti en s’alliant avec de beaux partis, politiciens, marchands de trips sachant charcuter le bourrichon des paumés pour qu’ils s’adonnent à la fumette, souvent les mêmes. Des miroirs, pour sûr qu’elle en avait offerts, qu’elle en offrait encore, et pas des moindres. Les retours sur investissements étaient excellents.

«Et voilà!» avait dit la fille à sa mère. «Je te ramène mon Trophée»
— Orphée…
«Notre Trophée» avait précisé la mère d’un air égrillard et l’œil rendu humide par une malice non feinte.

Reçu comme un khan, je dormis itou. Entre la mère et la fille qu’il me fallut honorer en me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire de deux foutus miroirs. En acajou.

Départ pour le Tüpøtegrathai
«N’oublie pas tes flaichs et ton narc. J’y ai mis un miroir en acajou et deux autres gonflables. C’est votre salut en cas de coup dur…»

Øripil –la mère d’Eurydice, cela va de soi– nous ayant salué après qu’elle m’eut fait le présent d’un miroir de taille et de poids et remis une jolie liasse de flaichs, nous voila partis à bord d’une vraie voiture : un moteur ronflant, quatre roues dont deux directionnelles en cheville avec un volant, un habitacle et tout ce qu’il faut pour se véhiculer. Pour peu qu’on ait du carburant. Mais peut-on vraiment parler de carburant ?
Oui.
Cependant trouver ce liquide infâme à base de purain est un véritable parcours du combattant, à l’enseigne de ceux de la guerre 14-18, tranchées, masques à gaz et tirs de l’ennemi compris. Plusieurs marques se partagent le marché : Müçthard, S.O.S., et Püdük, la moins chère, on comprend pourquoi. Hélas, la préférée d’Eurydice à cause des cartes-timbres de fidélité qui donnent droit à des cadeaux : réglage du moteur, pince à linge spécialement dessinée pour s’adapter à tout appendice nasal, lot de rustines et, plus intéressant, un pshiteur déodorant dont l’odeur fait étrangement penser à celle du super de nos pays occidentaux, donc développés –désolé pour le pléonasme.

Trouver une pompe est un jeu d’enfant dont la partie cesse dès qu’on trouve une longue file de voitures. Il suffit de s’y coller, de couper le contact pour arrêter le moteur et d’attendre un bon quart d’heure avant d’avancer la voiture d’une place, résultat d’un manque cruel de pompes automatiques.
Faire le plein nous avait pris 180 minutes, autant dire pas loin de trois heures, remplissage à la pompe à bras compris.

Suite en gestation

Carte, itinéraires et images de mes pérégrinations


Continuer la lecture est sans intérêt. Pour l’instant.

À partir d’ici, ça ne fait que brouillonner. Alors autant éviter de lire.

monnaie commune mais pas la même valeur et valeurs variables. Un jour c’est un pays où elle vaut le plus, un autre jour, c’est l’autre pays. Pour faire leurs achats les gens pasent d’un pays à l’autre en croyant faire des économies, mais ils se font rouler dans la farine (raison pour laquelle ils ont le teint cllair ? – cntrairement à ceux qui ont le pouvoir qui sont loin d’être tout blancs) avec les promotions, sans compter que chaque passage de frontière oblige à payer une taxe de 100 fraichs par membre d’une famille aux deux douanes (le livret de famille est obligatoire). en plus ça fait consommer des fers à chevaux qui s’usent plus vite. et c’est la principale ressource d’un des deux pays, tandis que l’avoine est le principale de l’autre.

Ici les gardes (ce qui correspond à nos policiers) sont toujours sur leur garde, de peur de se faire attaquer. Du coup l’armée les protége. Mais l’armée ayant peur de se faire attaquer, la population s’est érigée en milices dont le rôle est de protéger l’armée. Quant aux milices, elles se protègent mutuellement. On se demande pourquoi tout ce système a été monté puisque rien ne le justifiait : il n’y a pas de vol, pas de crime, pas d’assassinat. Du moins au sens juridique du terme puisqu’il n’y a pas de code pénal. Donc rien d’anormal à ce que ce soit un immense merdier où il est dangereux de s’aventurer.

L’hymne national : tu peux te gratter

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Voyage au TÜPØTEGRATHAI

  1. Dorion dit :

    Bonjour. Je retrouve ici un nouveau délire différent de l’histoire avec Luis Mariano, mais tout aussi sympa. à quand une suite pour ce texte, et à quand une autre avec Luis ?

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