Football et symbolique (ô combien) des nombres

Il y a les arcanes majeurs, comme aux tarots, et les arnaques majeures, comme au football. Les lames en bois de récupération pour se raconter d’autres vérités que celles éjaculées par les clochers des églises (les clochers, c’est comme des miradors, avec des cloches dedans qui veillent à l’ordre et aux ordres), et celles en papier-marché (de jolies images en couleur) où il y a des bonshommes dessinés dessus, avec des nombres qui comportent plus ou moins de zéros. Les zéros allant avec les zéros, plus on a le pied agile pour taper dans une baballe, plus on a d’images. Bien taper dans la baballe, passe nécessairement par le fait d’obéir aux voix des cloches, surtout celles les plus timbrées.

Le foot se joue à 22 joueurs (2 fois 11). Les arbitres sont installés dans le clocher. Et il n’y a en réalité jamais que 56 spectateurs. 11 est réduction novénaire de 56 (5+6=11). Deux équipes de 11 se font face et font face à un public 11. Chaque équipe ne se voit exister qu’en fonction de l’ existence de l’autre, existence doublement validée par le public. Qui renforce l’effet miroirs en face à face. C’est ici un parfait exemple, et peut-être le meilleur qui soit d’une « mise en abyme ». Le football est le sport d’équipe (tu parles !) le plus narcissique qui soit. Dit autrement, c’est de la branlette sur gazon pour un public de branleurs composé majoritairement d’andouilles sans grands moyens (à beaucoup de niveaux) qui paient pour engraisser des porcs dont les plus gras ne sont même pas sur le terrain. Tant mieux, ils ne feraient que le rendre encore plus glissant.

Les 22 joueurs ignorent qu’ils ne sont que des cartes, certes majeures, mais toujours remplaçables par d’autres, mineures. Pour exemple, le joueur qui a endossé l’énergie du Mat du Tarot (donc le numéro 22) peut se retrouver marron (alors qu’il n’était que Mat), et être rétrogradé en un infime et ridicule Valet d’Epées, donc Valet de Pîques, personnage dont le rôle principal, selon Théophraste Hacouère, célèbre et incontourable arithmologue de Barbarie reconnu dans toute l’Afrique septentrionale, était de vider les pots de chambre à la Cour.

Les véritables « joueurs », eux, sont ailleurs, « cartes en mains », à réfléchir à la défausse qui leur permettra de livrer aux chiens les cartes qui ne leur offrent aucun intérêt, mais aussi et surtout à compter puis engranger la recette.

Nous verrons, dans un prochain article, les rôles (symboliques) endossés par les p’tits gars qui tapent la balle, l’effort qu’ils font pour atteindre le zéro absolu (et comment ils y parviennent), à quoi tout cela sert-il, et surtout à qui. Nous nous inspirerons des travaux philosérotico-ésotériques d’Egard Saint-Charles (alors qu’il résidait à Marseille), notamment ceux relatifs au nombre 16, travaux si pointus qu’ils inspirèrent les architectes d’orient et d’occident en mal d’érection.

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Voir aussi : Mise en abyme

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Football et symbolique (ô combien) des nombres

  1. Thibaux Jean-Michel dit :

    Thibaux Jean-Michel dit :

    Le foot vu sous cet angle de tir, je vais commencer à l’aimer. Notre reporter des mots, Pierre Vaissière en personne, nous campe en quelques traits acides les 22 joueurs – ce nombre nous rappelle les flics ou le Mat selon le point de vue spirituel de chacun-, les trois arbitres – la sainte Trinité- et quelques milliards de bovins beuglant leur haine à chaque penalty. J’aimerais y ajouter les pom-pom girls aux seins siliconés comme des ballons de foot, portant les couleurs de leur patrie sur les strings ; j’aimerais montrer les médecins en coulisse prêts à injecter les surdoses d’amphétamines à leurs champions et les pontes de la Fifa s’épongeant le front avec des liasses de billets verts…Mais je laisse ce travail à Pierre qui saura trouver la rime caustique et le mot fatal.
    Merci au poète de Grenoble qui fait comprendre aux lecteurs qu’on ne ramasse pas des couchers de soleil avec des couvercles de poubelles.
    JMT

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