Les derniers écrits parus sur les blogs de Pierre C.J. Vaissiere

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25/02 – Les pauvres, ça coûte, mais ça rapporte gros
25/02 – Elections présidentielles au Sénégal et ailleurs
25/02 – J’ai failli arrêter de fumer
18/02 – Rien que l’errance des jours
25/02 - Je n’ai rien contre les religions, cependant…
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Elections présidentielles au Sénégal et ailleurs

Abdoulaye Sarko et Nicolas Wade : un même combat pour le pouvoir. Sauf que Wade est un tyran qui n’a pas eu la lumière dans toutes les pièces, tandis que Sarko, héritier des Lumières, est un démocrate. Malgré lui ? Pas si sûr.

En vérité, en vérité, Nicolas Sarkozy n'a jamais posé devant le monument de la Renaissance africaine, contrairement à son homologue sénégalais. Tant pis, mais ne desespérons pas.

 

Le bien aimé président du Sénégal, s’adressant à ses cons de patriotes  compatriotes  (dixit lui-même en personne)

 …
Si le vieux débri n’est pas réélu, c’est à desespérer. En ce cas, son fistounet sauvera-t-il la situation ? L’un ou l’autre réussira-t-il à faire taire les opposants du M23 et les agitateurs incontrôlés (mais ça viendra) du mouvement des Y’en a marre ?

Et à part ça, qu’est-ce qu’il y a de bien à la télé ?

 

 

 

 

 

 

 

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Un triste événement

On pensait que tout allait mal, et même si on n’avait pas tort, c’était sans compter sur le triste événement survenu récemment, à savoir l’arrivée impromptue autant qu’inattendue et surtout pas espérée d’une erreur littéraire littérale :

Le Brûlot Péteur,

Un ramassis d’âneries florilège d’écrits  inspirés qui en fera braire plus d’un.
Hélas et tant pis.

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Elections présidentielles : quel choix ?

Youpi ! Bientôt les élections présidentielles. Mais ciel, pour qui vais-je voter, pour quoi vais-je voter, et pourquoi irais-je voter ? Dit autrement, en supposant que je me rende dans ce bureau de vote qui me file le bourdon –l’école primaire où très tôt on m’inculqua la citoyenneté à coup de règle sur les doigts–, qu’introduirai-je dans l’urne républicaine vaillemment surveillée par quelques bons citoyens qui n’ont sans doute rien de mieux à faire que d’afficher leur civisme, au vu et au su des élécteurs.. Il doit vraiment se demander ce qu’il a fait au bon dieu, le bon Dieu. Les hommes chômeront le dimanche, avait-t-il pourtant clairement sous-entendu en donnant l’exemple. Il n’avait même pas assisté au moindre office, le bon Dieu : ni matines, ni messe, ni vêpres, ni complies, rien qu’une bulle, qui n’avait rien de papale, bien méritée. Avec le coup du pain et du vin, le fiston avait compris le message. Moi aussi : pas un dimanche sans les chips et l’apéro. Et attention, pas un apéro de puceau.

Que ferai-je ce 22 avril 2012 ? Rien qui exige quelque effort ou démarche vaine, comme aller donner ma voix à quelque olibrius plus fort en gueule qu’en actes. Sauf si, d’ici là, ce 22 avril devait se trouver être un lundi, ce qui serait surprenant. Suivant les enseignements christiques depuis ma plus tendre enfance, je réserve les dimanches au farniente, et ce sera relâche. À moins qu’on ne me traîne manu militari dans un quelconque bureau de vote pour m’y contraindre à remplir mon devoir de citoyen. Serai-je alors pris au dépourvu ? Certes non, car de vieux restes de sens civique m’auront amené à deux choix possibles :

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1. Glisser ma carte d’électeur afin de m’en débarrasser une bonne fois pour toutes, celle-ci ne permettant même pas l’ouverture de la moindre porte, contrairement aux cartes bancaires.  .  .  .

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2. Participer au redressement économique de mon pays.  .  .  .  .  

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À condition, bien sûr, que, s’inspirant de cette (peu ?) glorieuse année 1789, personne n’ait pensé à plus expéditif.

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 Voir aussi : Les élections présidentielles, une fiction en 2 épisodes, bientôt sur vos écrans

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Dépression saisonnière, luminothérapie, élections présidentielles

Mesurant moins de 1500 mètres, ce qui en soi n’est pas exceptionnel, voilà des jours et des jours, soit à peu de chose près pas loin d’environ deux semaines, ou dans ces cordes, que les nuées, brouillards et autres grisailles me servent de ciel, en en masquant son bleu céleste, celui qui fait dire que ce n’est pas parce qu’on est bien peu de chose qu’on n’a pas la frite. Mais en Belgique, c’est pire, question brumes hivernales et dépressions.
Bref, pour ne pas m’étendre, quoi que cela me ferait le plus grand bien si c’était sous un chaud soleil tropical, je déprime. Dépression somme toute discrète, car se fondant dans le paysage de dépression générale, donc pas seulement économique. Je manque de soleil, donc de lumière, comme la majorité des clampins qui ne se le peuvent offrir qu’à travers le prisme d’un écran de télé, n’eut-il qu’une diagonale modeste. Ni Seychelles pour grimper au-dessus des nuages, ni ski, ni même la possibilité de profiter de séances de luminothérapie, ma dépression étant cependant moindre que celles de ces faignasses de chômeurs, de ces cloportes qui font la manche, de ces immigrés qui viennent bouffer nos miettes, empêchant ces jolis oiseaux qui enchantent le ciel de notre douce France de leur chants guillerets de manger leur poids quotidien… tristes sires dont je n’envie en rien le sort, quoi que je n’en ai strictement rien à faire ayant, contrairement à eux, de quoi me nourrir et procéder à quelques libations pour oublier que je déprime.
 La télé, parlons-en !. Qu’en est-il de ces temps heureux où les séries présentaient de somptueuses créatures traversant un quotidien merveilleux annonciateur de merveilleuses promesses en des lieux tout autant somptueux, lumineux et merveilleux, avec des zoziaux multicolores dont les ailes de même couleur zébraient harmonieusement le ciel enchanteur d’un bleu au minimum azuréen, y traçant les mots bonheur de vivre, bonheur d’être, bonheur de se laisser aller au bonheur ? Soyons clairs, les séries télé fabriquées en série sont loin de nous apporter quelque réconfort. On le sait. Mais quoi, alors ?
Et pourquoi pas le Club Med, vous entends-je me suggérer, comme si je n’y avais pas pensé. Pour me retrouver avec des gens heureux ? Et puis quoi, encore ?
Que faire, me dis-je avec comme l’impression de tourner en rond, chose plus aisée à faire que tourner en carré ou en triangle. Me laisser dépérir le temps de périr ? 

N’en reste pas là, me suis-je dit dans un sursaut salvateur et révélateur de cette force de caractère qui me caractérise, rare chez les dépressifs ordinaires dont je ne fais pas partie. De grandes choses se préparent, qui feront s’envoler les ombres, feront revenir la clarté. Des hommes et des femmes habités par un souffle quasi divin t’attendent, qui sauront t’éclairer et te redonner cet espoir que l’absence de soleil a réduit à peu de chose. Va auprès d’eux, approche-t-en, imprègne-toi de leur aura comme le peigne s’imprègne des pellicules d’un souffreteux qu’un cuir chevelu bouffé par un psoriasis démange jusqu’à la folie, baigne-toi de leur lumière, suis-les comme le caneton suit la cane, et l’aveugle la sienne, comme l’élu suit le peuple suit l’élu, le disciple le maître, la digestion le repas et la défécation la digestion. Suis-les dès lors jusqu’au 22 avril où les spots braqués sur eux paraîtront d’une pâleur infinie à côté du flux lumineux que leur être auréolé de gloire émettra.  
Qu’ils se nomment Christine, Marine, Frédéric, Nathalie, Jean-Luc, Eva, Dominique, Nicolas II, Hervé, François II, François I ou Nicolas I, mets-toi dans le sillage de ces phénix, approche-t-en à les toucher comme on s’approche de la Vérité illuminatrice, et laisse-toi inonder de leur lumière bienfaitrice. 
Alors tu seras guéri, mon fils me suis-je convaincu la foi aidant, et ta luminothérapie –gratuite–, déchirant les derniers miasmes, t’aura libéré de cette vilaine et cruelle dépression saisonnière.

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Calorifère canin et chauffage à l’oeil

Sachant qu’il allait faire froid j’ai récupéré un chien. En fait, je crois que c’est lui qui m’a récupéré. Sans doute lorsqu’il a vu mes yeux battus, ma mine triste et mes joues blêmes. Du coup je l’ai appelé Dalida. Un beau mâle de marque indéterminée. Comme ça, s’il tombe en rade, je n’aurais pas besoin de l’amener à réparer à un véto spécialisé.
Je l’accompagne partout, y compris lorsqu’il va courir la gueuse. Il en a levé une, pas particulièrement jolie, mais question séduction, elle n’a rien à envier à personne. Je dis personne, parce que pour moi, les chiens, c’est des personnes, raison pour laquelle ça me fait drôle de savoir que les chiens ont un prix, et pas seulement de beauté. Ça va de, je ne sais pas combien, à plus que ça, mais si ça fait des heureux, ma foi…
Mon chien ne m’a rien coûté, au contraire, il me rapporte. Des vieux os, des gamins que je n’oserais même pas ronger tellement ils ont la morve au nez avec le froid qu’il fait, et des gens qui, parce qu’ils s’ennuient, m’ennuient à me demander la marque de Dalida. Il me rapporte aussi quelques emmerdes, lorsqu’il sniffe d’un peu trop près des filles qui feraient mieux de se laver plutôt que de râler que Dalida est un gros dégueulasse et que moi je ne suis qu’un gros cochon qui ferait mieux de le castrer. M’est avis que les bonshommes qui partagent leur vie doivent pas avoir souvent droit à la bagatelle. 
La gueuse est restée avec nous. Et vu que le thermomètre s’est encore cassé la gueule, c’est pas plus mal. En dessous de zéro, un minimum de 500 watts ne fait pas de mal, et comme les deux copains sont en chaleur, ça m’arrange comme ça les arrange, vu que je les laisse faire. Ce qui attire encore plus de morveux, dont certains bien mignons comme tout qui nous amènent des sucres qu’ils chapardent sur les tables des bistrots et des biscuits qu’ils vont chiper à la boulangerie.
Le sucre, ça va un moment, ce qu’a compris Dalida qui s’est mis au pinard. Les sucres et les biscuits, ça le rend malade, que je dis aux mômes. Dalida ne supporte pas le gluten, et le sucre c’est pas bon pour ce qu’il a.
Alors les gamins, mais pas tous, ramènent quelques fiolons chipés à leur ivrogne de père qui n’y voit que du feu, Dieu merci, il y a encore des alcooliques en ce bas monde.
Ciney, la gueuse –c’est comme ça que l’a appelée Dalida à cause des poses qu’elle prend pour émouvoir le chaland– attend un heureux événement. C’est pour bientôt. Au poële poil, parce qu’on annonce un froid sibérien. On est tombés d’accord pour l’appeler Godin.

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La magie de l’hiver

Les sans logis, SDF, on dit, avec la caillante qu’il fait, ça ne doit pas être facile. Sauf, peut-être, quand ils sentent que ça va s’arrêter, tout ça, la vie. Je ne les envie pas, mais de savoir que tout va s’arrêter, la faim, la soif, le froid, la solitude, la toux qui déchire les poumons, les méchancetés, l’ignorance des nantis, la pitié du dimanche matin, la morgue des dirigeants… de savoir que les tracas vont se dissiper dans l’oubli, sans être un vrai réconfort, ça doit ressembler à l’idée qu’on peut se faire de ce qu’est  une tranquillité paisible, sans plus aucun souci.

Les mères SDF, avec le froid qui les fait se recroqueviller sur leurs gamins pour se réchauffer et donner ainsi de leur chaleur aux gosses, ça ne doit pas être facile et ça doit leur briser le cœur de ne pouvoir leur offrir mieux. Mais quand ce froid devient si mordant qu’elles comprennent bien que ça ne durera plus longtemps, ça les rassure un peu. Alors elles peuvent se laisser aller à s’endormir.

Au petit matin plus lumineux que les jours d’avant, parce que la neige est tombée dans  la nuit, de très jolis manteaux couleur de linceul emmitouflent les dormeurs des rues. Quelques uns s’ébrouent comme de vieux patauds aux coudes usés, tandis que d’autres dorment encore d’un sommeil qui jamais ne fut aussi profond.
C’est la magie de l’hiver, qui fait place nette. Et propre.

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Ma journée du 22 avril 2012, élections présidentielles

D’abord je n’aurai pas mis le réveil et si j’avais oublié de ne pas le mettre à sonner, j’aurai pensé à disposer mes godasses éculées près du lit pour lui faire savoir de quel bois je me chauffe. Par prudence, et pour être sûr et certain de ne pas être réveillé par cette satanée machine, j’aurai versé la veille dans quelque libation en buvant plus que de coutume, voire pire. Puis va savoir si d’ici là je ne l’aurai pas bazardé, ce réveil de malheur.
Je ne me lèverai qu’après avoir ouvert non pas un œil, mais les deux. Me redressant mollement et lentement, je ne poserai mon premier pied au sol qu’après avoir posé le deuxième. Ce qui me changera de l’habitude où, obéissant aveuglement aux us et coutumes, je fais bêtement l’inverse, sans jamais m’interroger sur la raison d’agir ainsi, je veux dire “dans l’ordre”. Ce sera mon premier acte citoyen de la journée, sans doute le plus emblématique.
Sous mes pieds encore nus, je goûterai avec satisfaction le carton qui me sert de descente de lit, chose qui ne m’arrive que rarement à cause de la précipitation que je mets à me préparer pour me rendre aux poubelles. Je ne parle pas de les vider, ni de les remplir. En fait, si, je parle bien de les vider. D’en vider le contenu pour voir si quelque trésor s’y cache. La pièce où je vis et la façon dont je vis ne méritent ni ne nécessitent la moindre poubelle.
Le carton ondulé est peut-être moins confortable qu’une bonne moquette en pure laine, mais il faut reconnaître qu’il ne coûte que l’effort de son ramassage sur le trottoir. Les gens ne s’embêtent vraiment pas, à laisser leurs rebuts n’importe où.
Comme on sera dimanche, je ferai un brin de ménage. Ce qui prend le plus de temps, c’est d’enlever les journaux qui jonchent le sol dont le parquet disjoint laisse passer l’air froid. Encore quelques jours et je les rangerai pour l’hiver prochain.
 Je me ferai un Nescafé. Je dis Nescafé, mais ça n’en sera pas. Je le préfèrerais bien chaud, mais pas sûr qu’à cette date les tuyauteries de l’immeuble produisent encore suffisamment de chaleur. Une fois, on était en mai, ils avaient dû remettre le chauffage. Il pourrait très bien faire doux ce 22 avril. Après, quand les chaleurs reviennent, je fais chauffer l’eau sur le zinc du toit, pour le café et pour la toilette. Le gaz, il y a longtemps qu’on me l’a coupé, et quand j’ai quelque chose à cuire, c’est la petite voisine qui me le fait. Une chic fille.
Le dimanche j’essaie de me faire propre. Je me débarbouille, me rase avec mon vieux Gilette, remet en place les quelques cheveux qui me restent. Alors c’est ce que je ferai, et comme ça n’est pas un dimanche ordinaire, je mettrai le costume qu’ils m’ont donné, les gars d’une association. Les godasses pêchent bien un peu à cause des semelles, mais qui va aller y voir par en dessous, hein ?
Après je descendrai en douce, direction chez Dédé, le bistrot. Le patron c’est un brave gars ; sûr qu’il paiera son coup, comme tous les dimanches, s’il n’y a pas trop de clients, encore que… « Un p’tit noir m’sieur Gilles ? » me dit-il en même temps qu’il me l’amène. Avec le journal, s’il vous plaît ! Pas rare qu’il me refile un ou deux croissants de la veille, plus des sucres. 
Si le temps est au beau sec, je me ferai quelques poubelles, sans risques de me saloper ; sinon je ferai ça plus tard, en revenant.
Les bureaux de vote, je les connais par cœur, depuis le temps… Une école, un bureau de vote. C’est pas que le chiffre d’affaire y soit plus gros qu’à l’église, mais ça n’est pas tous les jours qu’il y a une élection présidentielle, alors…. 
J’ai peaufiné mon baratin. Avec les charlots qui se présentent et avec la crise économique, le chômage, la pauvreté, les injustices et tout, ça n’a pas été bien compliqué. Je me ferai peut-être moins qu’il y a cinq ans, mais au deuxième tour, ça devrait pouvoir faire. On verra bien. Puis après, rebelote les 10 et 17 juin, pour les élections législatives.
La casquette, j’ai laissé tombé. Le mieux, pour sébille, c’est un truc en ferraille. Une pièce en appelle une autre, et le moindre sou jeté dedans fait assez de bruit pour réveiller les consciences, surtout les mauvaises. Je me suis trouvé un casque de la guerre 39-45. Formidable !

Le premier bureau de vote que je me ferai, et avec un peu de chance le seul, c’est celui de l’école Jean-Jaurès, à côté de l’église de la Compassion. Autant mettre les chances de mon côté. Et si ça radine, j’y irai de ma verve citoyenne et paroissienne, que ça leur fera drôle et qu’ils en prendront pour leur grade.

Si les affaires ont bien marché, peut-être m’offrirai-je le luxe de retourner au bureau de vote d’où je m’étais fait virer à coups de pieds dans le cul, aux dernières élections municipales. Les cons ! Des copains du maire, mouillés comme lui jusqu’au trognon dans des magouilles et pots de vin.
J’avais pris les électeurs à partie. « Le maire, un candidat qui tient ses promesses ? Pour sûr ! Vous lui confiez 100€ aujourd’hui, il vous en rend 50 demain. Et il s’y engage sur l’honneur ! » j’avais gueulé et regueulé. Faut dire que si j’en étais là de ma vie de misère, il n’y était pas pour rien, ce salopard de maire.
Parce qu’il y en a qui ne voient rien et d’autres qui n’entendent rien, ma petite voisine m’avait bricolé un écriteau. Je l’avais brandi sous le nez d’un des adjoints, un fieffé salopard. Il était ressorti avec ses copains qui m’étaient tombés dessus à bras raccourcis. Le civisme, quoi…
Si des présidents, des députés et autres c’est pareil ? Je n’en sais trop rien, mais va savoir…

Après, qu’est-ce que je ferai ? Pas grand chose. Si ! Je passerai chez Momo, l’épicier. Ouvert sept jours sur sept, du matin jusqu’à tard le soir. Je lui acheterai une bonne bouteille de vrai vin ; il me fera un thé, il m’offrira des gâteaux de chez lui, bourrés de miel et d’amandes, et on discutera le bout de gras. Si la petite voisine rentre d’avoir vu ses parents en province, elle saura bien où me trouver, chez Momo ou dans ma piaule. On ira ensemble voir la vieille dame du 5ème, dans l’immeuble en face. Mais quand même, il faudrait que je me fasse quelques poubelles avant. Surtout pour ses chats.

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